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A la découverte de la Grande Ile

Il est 8h du matin, et nous venons d’embarquer sur le ferry en direction d’Ilha Grande.

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Voici un petit topo sur l’île, histoire de vous mettre dans le bain…

L’île d’Ilha Grande se situe à 150 km de Rio de Janeiro, elle mesure environ 30 kilomètres de long pour 12 kilomètres de large. Jusqu’en 1994, l’île était interdite à tous visiteurs, car elle abritait le grand pénitencier de Dois Rios pour les grands criminels. Ce n’est donc qu’après la fermeture du pénitencier, il y a tout juste 20 ans, que l’île ainsi que le tourisme ont commencé à se développer. Toutefois, afin de protéger cet écosytème rare, l’île entière a été classée zone protégée, abritant notamment une réserve biologique de 3600 ha interdite d’accès au public. De plus, l’île est dépourvue de routes et interdite aux véhicules motorisés. La circulation s’y fait donc uniquement à pied ou à vélo. Elle propose ainsi plus de 150 kilomètres de sentiers de randonnée permettant de relier entre eux les villages et hameaux côtiers.

Carte Ilha Grande

Impatients de découvrir cette île, nous voilà donc partis pour 1h30 de traversée, durant laquelle nous profitons du paysage.

Vue depuis le bateau du village d’Abraão , chef-lieu d’Ilha Grande, dans lequel nous nous apprêtons à débarquer.

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Après être descendus du ferry sous le regard interloqué des gens, nous commençons à pédaler dans les ruelles et découvrons cette ambiance si spéciale et propre à Ilha Grande. Il n’y a pas de voiture, pas de building, pas de bruit, bref, la vie a l’air plutôt douce et tranquille par ici. N’ayant encore aucun endroit où dormir, nous commençons alors à rechercher un logement. Et les logements, c’est certainement pas ce qu’il manque à Abraão. Il y a une quantité astronomique de Pousadas (petit hôtel brésilien) au mètre carré. Mais celles-ci n’affichent aucun prix en dessous de 100 réals (25 euros). Ce qui en soit n’est pas très cher pour une chambre double avec petit-déjeuner compris, surtout pour un budget vacance. Mais malheureusement, ça ne rentre pas dans notre budget tour du monde. Nous décidons alors de sortir des sentiers battus, et nous nous engageons dans une petite ruelle plus à l’écart. C’est comme cela que nous avons rencontré Flavia. Elle loue des petits studios avec kitchenette aux saisonniers venant travailler sur l’île. Elle en a justement un de libre, et nous le propose pour 70 réals la nuit, à savoir 17 euros, ce qui convient mieux à notre portefeuille. Maintenant que nous avons trouvé un logement, nous pouvons enfin nous relaxer et profiter tranquillement du beau temps et de l’île. Nous ne résistons pas et filons directement boire un bon jus de fruits frais sur la plage.

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Nous passons ainsi une après-midi tranquille à admirer le paysage et à observer les bateaux aller et venir. Nous avons entre autre pu admirer ce nouveau prototype, à savoir le canoë propulsé au sèche-cheveux (certainement une autre invention sponsorisée par la fondation Claude François, décidément il est partout).

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Après s’être reposés et désaltérés sur la plage, nous partons explorer le village. Nous croisons alors la route d’un vendeur ambulant de pâtisseries. Son présentoir propose toutes sortes de gâteaux aussi gourmands les uns que les autres. Ce qui est un peu moins appétissant, c’est quand on sait qu’il fait 30°C à l’ombre et que le présentoir est infesté de guêpes.

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Nous terminons notre ballade en profitant du coucher de soleil.

Une fois la nuit tombée, le village et la plage change d’ambiance et le soleil laisse place aux lumières artificielles…

Sur le chemin du retour, nous changeons de trajet et décidons de nous laisser aller au hasard des ruelles. C’est comme cela que nous terminons dans un cul-de-sac, dans lequel nous tombons sur une petite boutique affichant ce panneau…

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Interpellés, nous entrons pour en savoir davantage. Nous rencontrons alors Tomás et Guillaume, deux argentins forts sympathiques. Ils sont guides de montagne, et … incroyable mais vrai, ils proposent cette activité hors du commun, à savoir de faire l’ascension du Pic du Papagio (982 m) de nuit pour contempler le lever de soleil depuis son sommet. Nous avons tout de suite été emballés par l’idée et ils ont justement une expédition qui part cette nuit. Ce n’est pas vraiment ce que nous avions prévu dans notre programme, mais qu’à cela ne tienne, nous ne voulons pas rater ça. Ils nous font un brieffing, et voici ce qui nous attend : Rendez-vous à 2h30 du matin devant leur boutique. A partir de là, nous partons pour une ascension de 3h dans la jungle de nuit munis de lampes frontales. Arrivée au sommet prévue à 5h30 juste avant le lever de soleil vers 6h. On repart à 7h pour une descente d’environ 2h30. Retour au village prévu aux alentours de 9h30. La soirée étant déjà bien avancée, nous ne traînons pas à aller nous coucher, histoire de se reposer quelques heures avant le départ.

Nous nous réveillons donc à 2h du mat’, et on vous avoue qu’on a la tête dans le cul brouillard. Nous retrouvons alors nos quatre compagnons d’expédition : Melinda et Vincent (un couple de Français), Lucas (un Brésilien), et Guillaume (notre guide Argentin). A peine en route, nous croisons un chien errant qui a presque l’air de nous attendre là, comme s’il connaissait l’heure de rendez-vous. Mais on ne croit pas si bien dire, car Guillaume nous confirme que ce chien les accompagne presque à chaque expédition. C’est donc accompagnés de notre chien randonneur que nous quittons le village d’Abraão. Et nous voilà tous prêts, juste avant d’entamer la grande ascension.

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Après 3h de grimpette sportive à travers la jungle, nous atteignons enfin le sommet. Et là, on vous assure que ça en vaut la chandelle, car le spectacle est tout simplement incroyable ! Mais on ne vous en dira pas plus, car nous vous avons concocté une petite vidéo de notre excursion que vous pouvez retrouver en cliquant ici.

Nous sommes de retour au village vers 10h du matin, car nous avons pris le temps d’écouter et d’observer les singes durant la descente. Nous prenons alors un bon petit déjeuner avec Guillaume. Et ce n’est donc finalement que vers 12h que nous allons nous coucher, certes exténués, mais surtout encore chamboulés par cette aventure hors du commun que nous venons de vivre. On ne vous cache pas que nous passons presque l’entièreté de la journée à dormir. Nous nous réveillons vers 18h, pleins de courbatures, et rejoignons Vincent et Melinda avec qui nous passons une agréable soirée.

Le lendemain, encore fatigués par notre ascension du Papagaio, nous optons pour une ballade en Escuna (voilier brésilien) plutôt que de se lancer dans une randonnée. Nous pensions alors passer une journée tranquille en bateau, à visiter les plages de l’île et à profiter de la nature. Enfin, en tout cas, c’est à ça que ça ressemblait sur papier. Mais malheureusement pour nous, la réalité fût toute autre. Etant en plein weekend, nous nous retrouvons sur une Escuna bondée de touristes brésiliens, avec la musique à fond. Puis les arrêts aux différentes plages se sont révélés encore plus désastreux. Nous pensions que nous allions avoir le temps de profiter de chaque plage, mais au final ça s’est tranformé en une file d’Escuna qui défilent les unes derrière les autres, et qui reste à peine 15 minutes à chaque plage. Autant dire, qu’en comptant le temps d’attente pour descendre et remonter sur le bateau, ça te laisse environ 5 minutes pour profiter de la plage, on vous laisse imaginer le tableau ! Nous avons donc préféré rester sur le bateau tant que faire se peut, afin de profiter des paysages, qui heureusement ne nous ont pas laissé sans reste.

Ne pouvant pas quitter Ilha Grande sur cette mauvaise expérience. Nous décidons de rester un jour de plus, mais cette fois-ci, nous changeons de stratégie et partons en randonnée pour une des plages les plus reculées de l’île : Dois Rios. C’est une randonnée de 4-5 heures de marche, avec un dénivelé de 360 mètres. Et pour notre plus grand bonheur, nous sommes à peu près les seuls sur le chemin, mis à part les quelques singes qui nous observent haut perchés.

Après 1h30 d’ascension, nous faisons une petite pause et remarquons qu’il y a quelqu’un une dizaine de mètres derrière nous. C’est un jeune homme en short et claquettes (équipement idéal du randonneur confirmé). Il a l’air exténué. Une fois à notre hauteur, il nous demande si ce chemin mène bien à une plage, et si c’est encore loin. C’est un argentin en vacance sur l’île qui s’appelle Damian. Nous remarquons alors qu’il n’a pas d’eau, et vu la chaleur qu’il fait, il doit être complètement déshydraté. Nous lui proposons alors notre bouteille d’eau, ce qu’il accepte sans surprise avec beaucoup d’enthousiasme. Il nous explique alors qu’il a fait la fête la veille, et qu’il a bu un peu trop de caipirinhas. Qu’il ne sait plus trop à quelle heure il est allé se coucher, mais qu’il faisait déjà presque jour. Puis qu’en se réveillant quelques heures plus tard, il s’est dit qu’il fallait qu’il fasse une activité sinon il ne ferait rien de sa journée. Il a donc suivi ce chemin, sans trop savoir où il allait, et bien sûr, sans emmener d’eau. C’est alors qu’il est miraculeusement tombé sur nous. Vu son état de rémanence, nous décidons de prendre ce jeune homme en charge afin d’assurer sa survie. Nous continuons donc notre randonnée à travers la jungle accompagnés de notre nouvel alcolyte.

 Un fois arrivés à Dois Rios, nous passons d’abord par la ville abandonnée (anciennes habitations des gardiens de la prison) avant d’atteindre la plage. Et là, sans surprise, il n’y a pas un seul touriste. Il y a deux rivières qui se jettent dans la mer à chaque extrémité de la plage (d’où le nom de Dois Rios). C’est vraiment magnifique ! C’est une plage très sauvage et préservée, et c’est exactement ce qu’on recherchait, après notre épisode chaotique de la veille.

Nous partageons ensuite notre pique-nique avec Damian, puis passons ensemble une après-midi tranquille sur la plage. Peu de temps avant l’heure de rentrer, nous rencontrons Maria, une brésilienne en vacance sur l’île. Elle a fait la randonnée seule pour le trajet aller, mais elle serait plus rassurée de faire le retour avec nous. Et nous voilà avec une acolyte de plus dans notre équipage. Nous passons d’abord faire une petite visite de l’ancienne prison transformée en musée, puis nous entamons le chemin du retour. Ne voulant pas rentrer de nuit, nous décidons de prendre quelques raccourcis par la jungle indiqués par notre GPS. Et nous voilà tous les quatre, de retour à Abraao, après deux bonnes heures de marche.

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Ce soir-là, Damian nous a donné rendez-vous sur la plage à 22h pour boire quelques Caipirinhasss ensemble. Entre temps, il rencontre deux français, Jean et Manon, faisant un voyage en Amérique Latine. C’est donc tous les cinq que nous amorçons cette soirée, avec une bouteille de cachaça, des citrons verts, du sucre de canne, des glaçons et un shaker fabriqué avec deux canettes de bière vides. C’est alors que tous les chiens errants du village se sont joints à nous les uns après les autres, jusqu’à ce qu’on forme un vrai gang.

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Bon, en vrai, bourrés sur la plage avec tous nos chiens, on devait plus ressembler à des clodos qu’à un gang, mais sur le moment on se sentait puissant. On leur avait même donné un petit nom à chacun, vu qu’ils faisaient partis de notre team maintenant. Nous terminons finalement la soirée à 4h du mat’ autour d’un feu avec des Brésiliens jouant de la guitare et du djembe. Et, le lendemain matin, sans surprise, nous ne nous sommes pas réveillés pour aller prendre le ferry. C’est comme cela que nous nous retrouvons à passer une journée de plus sur l’île.

 Une journée durant laquelle nous nous trouvons un peu dans le même état que Damian lorsque nous l’avons rencontré la veille. En plus de ça il y a une panne d’électricité générale sur l’île, un peu comme dans notre cerveau en fait. Nous attendons donc tranquillement que le courant revienne, et sur l’île, et dans notre cerveau. Puis le soir venu, nous partons en recherche de nourriture. Le courant n’étant toujours pas revenu, nous avons pu faire le tri entre les bons et les mauvais restaurants. Les bons restaurants étant les seuls a avoir suffisement d’argent pour faire tourner leur générateur de secours, et donc leurs frigos, ce qui n’est pas du luxe vu la chaleur ambiante. C’est comme cela que nous terminons notre soirée dans un snack mexicain dont les toilettes valent le coup d’oeil…

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La question métaphysique du jour étant : Est-ce que le cocotier a poussé après avoir construit les toilettes, ou bien ont-ils construit les toilettes autour du cocotier ?

Le lendemain matin, nous embarquons sur le ferry après avoir finalement passé 5 nuits au lieu d’une sur l’île. Ce trajt en ferry fut un peu moins plaisant pour Flocon que pour nous, car celui-ci a fait le voyage avec les poubelles de l’île.

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Saurez-vous retrouver Flocon sur cette photo… ?

1h30 plus tard, nous débarquons dans la ville d’Angra Dos Reis.

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Et nous voilà de retour sur le continent.

Une réflexion sur “ A la découverte de la Grande Ile ”

  1. Il fallait que ce soit un…argentin qui vous fasse déraper (sans vous faire mal) dans une flaque (profonde ?) de caïpirinha. Ha, ha !
    Reportage après reportage, vous nous bluffez. De Ushuaïa à des Racines et des Ailes, vous n’avez rien -non, non- à apprendre d’eux.
    Ici, en automne, avec Françoise on pense à vous souvent, vous qui roulez vers l’été…On vous embrasse fort

    Françoise et Michel

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