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Argentina nous voilà !

Nous venons de quitter Montevideo en bateau, direction Buenos Aires.

Une fois débarqués, nous sommes accueillis par Arturo (le cousin d’une amie de la sœur de Florence). Il est cubain, mais il s’est établi à Buenos Aires depuis plusieurs années. Comme il vit la plupart du temps chez sa copine, il nous a gentiment proposé de loger dans son appartement. Arturo travaille juste à côté du port, et nous le retrouvons à peine descendus du bateau. Nous déposons nos affaires et notre Flocon à son bureau, puis partons nous balader en attendant qu’il termine sa journée de boulot. Pour rappel, nous venons de passer une nuit blanche à faire les imbéciles sur Jingle Bells, suivie de 30 km de vélo au pas de course, d’une traversée en bateau agitée et du passage obligé aux douanes Uruguayenne et Argentine. Il est maintenant 14h, et nous sommes condamnés à errer dans Buenos Aires jusqu’à 18h, alors qu’on ne rêve que d’une chose: DORMIR! Comme nos corps n’acceptent plus la position verticale, nous trouvons un banc où nous horizontaliser. On tombe alors en admiration devant les arbres vue d’en dessous, sans doute le manque de sommeil qui nous tourne la tête. Ça nous donne l’idée d’un nouveau concept: les photos verticales! On prend nos premiers clichés verticaux, puis on s’endort comme des masses sur notre banc.

Après notre petite sieste, on trouve l’énergie pour aller faire un tour dans la Réserve Écologique de la Costanera Sur située juste à côté. On est très agréablement surpris de trouver une telle réserve écologique en plein milieu de cette mégapole de 17 millions d’habitants. Quelques minutes plus tôt, nous étions en plein quartier des affaires, et nous voilà maintenant en pleine nature, le contraste est saisissant!

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La réserve s’étend sur 350 hectares, et on peut y observer plus de 250 espèces d’oiseaux, 50 de papillons, 23 de reptiles, 10 de mammifères, mais également des amphibiens et d’autres encore. Ça fait plaisir à voir! Malheureusement nous n’avons pas le temps de parcourir les 350 hectares car il est déjà l’heure de retrouver Arturo à la sortie de son travail. Arturo est un citadin responsable, qui ne se déplace pratiquement qu’à vélo. Nous montons donc tous en selle, puis nous le suivons sur les 6 kilomètres à parcourir pour rejoindre son appartement, et tout ça en pleine heure de pointe, dans l’une des plus grosses mégapoles du monde. Mais rien ne nous arrête, et nous nous fondons dans la masse d’automobilistes incognito, ou presque…

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Une fois arrivés à destination, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, car il nous faut maintenant désassembler Flocon afin de pouvoir l’acheminer au 4ème étage via une cage d’escalier étriquée qui n’a visiblement pas été conçue pour y faire passer un Azub Twin. Une fois le transfert de tout notre barda terminé, Arturo nous donne les clés de son appart’, puis nous laisse en nous donnant rdv le lendemain matin pour une visite guidée de la ville. Cette folle journée se termine enfin, nous nous écroulons dans le lit, incapables de faire quoi que ce soit de plus aujourd’hui.

Le lendemain matin comme prévu, nous retrouvons Arturo qui a gentiment proposé de nous faire visiter la ville, vu que c’est le weekend et qu’il ne travaille pas. Quelle chance! Et nous voilà partis tous les trois, à travers les rues de Buenos Aires…

Toujours dans notre récent délire de photos verticales, voici un autre cliché intéressant…

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Nous découvrons l’architecture de la ville, et nous promenons à travers différents parcs.

Nous passons l’après-midi au Bosques de Palermo, le « Central Park » de Buenos Aires. Tout le monde s’y retrouve le weekend pour se balader, faire du sport, pique-niquer, etc.

Même la famille superman est de la partie!

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Nous terminons tranquillement notre journée au marché aux livres.

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Le lendemain matin, on retrouve à nouveau Arturo pour aller découvrir le quartier de la Boca cette fois. On commence par la fameuse rue Caminito (« petit chemin » en espagnol). Cet endroit haut en couleur (et c’est le moins qu’on puisse dire) serait le premier musée piétonnier à ciel ouvert au monde. En réalité c’est une reproduction grandeur nature des vieux bâtiments multicolores de cet ancien quartier portuaire.

Etant l’un des berceaux du tango, Caminito regorge de danseurs rendant hommage à cette danse mythique.

On quitte le Caminito pour nous enfoncer un peu plus dans le quartier populaire de la Boca.

On débouche tout naturellement sur le stade du célèbre club de foot argentin « Atletico Boca Juniors ».

On termine notre journée à la fameuse « Plaza de Mayo », où nous nous perdons dans une brocante.

Nous profitons également de notre séjour à Buenos Aires pour y retrouver Thomas, le neveu de Michel (le compagnon de la grand-mère de Florence). Que le monde est petit… Il fait des études de stylisme et est installé à Buenos Aires depuis plusieurs mois. Nous nous retrouvons à deux reprises et passons à chaque fois une très bonne soirée tous les trois.

Au milieu de tout ça, il y a Noël, que nous passons à nous deux autour d’un plateau de sushis. Nous restons finalement 10 jours à Buenos Aires, cette ville riche en histoire et en culture qu’il est difficile de quitter.

Mais il est temps maintenant pour nous de reprendre notre route. Et c’est parti pour la Translatina…

Une fois sortis de Buenos Aires et du trafic qui va avec, nous faisons une première escale à Paso del Rey, chez Adrian, un Warmshowers. Il nous invite dans sa « Bicicleta Cueva » comme il l’appelle. Un endroit très intéressant…

Nous passons une super soirée avec Adrian, et le lendemain matin il décide de nous accompagner sur une trentaine de kilomètres. Trop sympa !

En chemin, on croise deux autres cyclistes argentins. On profite de cette rencontre pour faire une petite pause.

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On termine notre journée dans un petit village, et on établit notre bivouac au camping. On y rencontre le chien errant du coin, avec lequel on sympathise très vite.

Le camping est plutôt sympa, en bord de rivière, et comme nous sommes déjà le 30 décembre, on décide de rester là pour le réveillon.

Et pour fêter ça, on trouve des jarrets de veau à la boucherie du coin, et Florence nous cuisine, avec les moyens du bord, un bon Osso Bucco comme on les aime.

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Nous sommes entourés par un groupe de scouts chiliens et quelques familles venues réveillonner au camping. Et ici ils adorent les pétards et les feux d’artifice. Si bien qu’à partir de 23h, les gamins n’en peuvent plus d’attendre et commencent déjà à faire sauter quelques pétards ici et là. Et ça continue comme ça jusqu’à 4h du mat’. Au moment d’aller nous coucher, nous découvrons, stupéfaits, que notre copain le chien est dans notre tente.

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Le pauvre a la trouille des pétards. On essaye de le faire sortir, mais son regard triste de chien battu nous fait craquer, et il gagne le droit de dormir dans la partie avant de notre tente. Vous auriez du voir son air soulagé et heureux quand il a compris qu’il avait le droit de rester. On arrive plus ou moins à fermer l’œil entre deux feux d’artifice, et on croise les doigts toute la nuit pour qu’y en ait pas un qui nous explose dessus. En conclusion, ce fut un début de nouvelle année explosif!!!

On passe le premier jour de l’année 2016 à nous reposer. Le lendemain, une photo souvenir avec les scouts chiliens s’impose avant de reprendre notre route.

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On commence à pédaler tranquillement sur la nationale 8, et au fur et à mesure qu’on avance, on croise de plus en plus de gens en train de pique-niquer sur le bord de la route. On trouve ça bizarre mais on se dit que ça doit être une pratique du coin. Du coup notre route est rythmée par les cris et les applaudissements d’encouragement des pique-niqueurs. On est boosté tous les 100 mètres, et les kilomètres défilent à grande vitesse.

Après une heure de pédalage, on commence à se faire doubler par une, puis deux, puis trois motocross de compét’. Au bout de la dixième qui nous dépasse, on commence à se dire qu’il doit y avoir une course qui s’organise dans le coin. Puis de fil en aiguille, il y a de plus en plus de monde sur le bord de la route. Et de plus en plus de moto qui passent. Intrigués, on demande à un badot ce qu’il se passe. Et, à notre grande surprise, c’est en fait le Paris-Dakar qui nous double depuis tout à l’heure, rien que ça!!! Les participants sont en train de rejoindre Rosario (à environ 200 km de là) où le grand départ de cette édition 2016 aura lieu. Du coup, on fait comme tout le monde, on se pose sur le bord de la route pour pique-niquer et on regarde les coureurs du Dakar 2016 passer…

Puis on reprend la route, et ce sont maintenant les voitures du Dakar qui nous doublent !!! Encore plus impressionnant quand elles passent juste à côté de nous.

Il y a même certains coureurs qui nous klaxonnent et nous saluent lorsqu’ils nous dépassent. Et les supporters nous encouragent tout autant. Du coup, on sait plus trop si c’est eux ou nous les stars du jour. Mais comme on est sympa, on accepte de partager un peu de notre notoriété mondiale avec les participants du Dakar. Entre aventuriers de la route, c’est bien normal !

En fin d’après-midi, nous quittons la route 8 et nos collègues du Dakar pour faire étape dans un camping, le temps que nos chevilles dégonflent.

Le lendemain matin c’est reparti, mais cette fois-ci sans le Dakar. On passe une petite journée tranquille, beaucoup moins agitée que la veille. Nos supporters nous manquent. On débarque en fin de journée dans un petit bled nommé Capitan Sarmiento. On trouve une petite pousada aux allures campagnardes tenue par une charmante famille.

Au petit matin, nous nous réveillons en apprenant une triste nouvelle. Corinne, la belle-mère de Florent, est décédée cette nuit des suites des complications d’un cancer. Nous mettons notre voyage entre parenthèse et décidons de rentrer deux semaines en France pour soutenir le père, le frère et la sœur de Florent.

De retour en Argentine, nous retrouvons notre vélo ainsi que Négro (le chien de la pousada) fidèle au poste!

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On retrouve tout doucement notre train train quotidien.

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En prévision de l’ascension des Andes, on décide de changer notre pignon arrière afin de « faciliter » la grimpette.

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Mais impossible de détacher notre pignon actuel. Il nous faudrait un outil spécial, que nous n’avons pas. On se rend à la bicicleteria du coin, mais ils n’ont pas non plus l’outil qu’il nous faut. Ne voyant pas d’autre solution, le patron du magasin de vélo décide de fabriquer lui-même le fameux outil pour l’occasion. Génial!

Voici le résultat…

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Et tous ces efforts ont été récompensés, car grâce à l’outil miracle, il n’a fallu qu’un tour de poignet pour détacher ce satané pignon !

Et voici les grands vainqueurs du jour, super fiers de leur nouvel outil fabriqué maison.

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Nous voilà maintenant avec un pignon tout neuf. Et pour fêter ça, rien de tel qu’un petit tour en Azub Twin !

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Heureux de cette rencontre inopinée, le patron du magasin nous invite à manger les meilleures empanadas du coin avec sa femme. On passe une super soirée tous les quatre.

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Maintenant qu’on est équipé pour la grimpette, il est temps de reprendre notre route.

Pour rattraper notre retard, on triche un peu et on décide de prendre un bus jusqu’à Mendoza, au pied des Andes.

Après un désassemblage et emballage express du vélo, on charge le tout dans la titine du gérant de la pousada. Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire rentrer un Azub Twin et tout notre brol dans cette petite titine ?

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Une dernière photo avec notre hôte et notre fidèle Negro avant de monter en voiture direction la station de bus.

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Et nous voilà, attendant le bus, avec tout notre attirail. Haaaaa ça, ils sont toujours super contents de nous voir les chauffeurs de bus. Des gens qui voyagent léger comme nous, c’est toujours un plaisir!

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A l’arrivée du bus, on passe en mode « Tetris » pour caser tout ça dans la soute. Le chauffeur nous assigne nos places, et v’la t’y pas qu’on est au 1er étage tout à l’avant du bus. Nickel ! Comme ça, même si on ne fait finalement pas cette route à vélo, on profite quand même pleinement du paysage ! Et c’est parti pour 15 longues heures de bus jusqu’à Mendoza. Ça nous laisse du temps pour méditer et nous préparer psychologiquement à affronter les Andes !

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4 réflexions sur “ Argentina nous voilà ! ”

  1. Vos experiences et rencontres sont magnifiques … vous vivez des choses merveilleuses merci pour ce partage qui nous rapproche un peu de vous.
    A bientot
    Plein de bisous de la famille ALBERT

  2. Ah les Floo…on reste sans paroles devant votre narration. Personnellement, je suis infiniment touché que votre expérience argentine vous ait comblé d’expériences aussi souriantes. Et vos images …quel « relief » ! Moi aussi, j’attends impatiemment de vous serrer dans mes bras.
    Je vous embrasse tout fort.
    Merci pour tout ceci.

    Michel

  3. FORMIDABLE les FLOO. Quel récit et illustrations passionnants.

    Tout arrive et c’est d’autant plus chouette qu’on n’en avait plus eus depuis un certain temps. On ne peux pas tout faire en même temps!

    Je commence à vraiment décompter les jours avant les retrouvailles.

    Gros gros bisous.

    Mouti

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