Tous les articles par followthefloo

Un joyeux Noël du Laos – by Floo

Une petite vidéo made in Laos pour vous souhaiter un joyeux noël et une bonne année à tous. Merci d’avance pour votre indulgence et votre compréhension. Ceci n’est pas un exercice…

El Chile

Ça y est nous venons de passer de l’autre côté des Andes et nous voilà maintenant au Chili !

Au pays des poètes 1-80

Maintenant y’a plus qu’à nous laisser glisser jusqu’en bas.

Au pays des poètes 2-80

Mais le temps de passer la douane chilienne, il est déjà tard et nous ne descendons finalement pas très loin pour aujourd’hui. Pour fêter notre ascension des Andes à vélo, nous nous accordons un petit écart dans le budget et négocions une chambre à l’Hotel Portilllo. La gérante est trop cool et nous fait une réduc de 30%. C’est comme ça qu’on se retrouve dans un petit chalet tout confort avec vue sur le lac depuis notre lit. Ben c’est que c’est pas tous les jours qu’on traverse les Andes à vélo, alors on mérite bien une petite récompense.

Au pays des poètes 3-80

A la nuit tombée, Florent fait un shooting de l’hôtel by night histoire de les remercier pour la réduc.

Le lendemain matin, petite session photo autour du lac.

Merci à toute l’équipe de l’Hotel Portillo, ainsi qu’à leur super mascotte le Saint Bernard.

Et c’est parti pour la descente à vélo la plus longue de notre vie. C’est en effet pas moins de 65 km de descente qui nous attendent. Et après seulement quelques coups de pédales on est directement dans le vif du sujet. On vous présente « El paso de los caracoles », autrement dit le passage des escargots. C’est une section sur laquelle la route prend beaucoup d’altitude sur une courte distance via 29 virages serrés et rapprochés. Toutes ces courbes rendent la circulation extrêmement lente sur ce segment, de sorte que les véhicules ressemblent à des escargots. Et bien si on avait du grimper les Andes dans ce sens là, on aurait certainement été les rois des escargots. Mais heureusement nous sommes dans le bon sens, et c’est donc prudemment et avec l’allure d’un gastéropode que nous nous engageons sur cette interminable pente.

Au pays des poètes 16-80

Nous découvrons alors à quoi ressemblent les Andes côté chilien. La première chose qui nous saute aux yeux, c’est que c’est beaucoup plus arborés, et qu’il y a plein de cactus partout.

On croise aussi un tas de producteurs de fruits.

Au pays des poètes 19-80

Descente oblige, nous arrivons très vite au pied des montagnes.

Au pays des poètes 21-80

Nous passons la nuit dans un hôtel de passe dans la ville de Los Andes, et on peut dire que c’est carrément moins bucolique que l’Hôtel Portillo.

Le lendemain, nous prenons la direction de Santiago. Et nous qui pensions en avoir fini avec les montées, et bien que neni, on vient de se reprendre quelques mètres de dénivelé dans les pattes.

Au pays des poètes 22-80

Un peu plus loin, nous arrivons à l’entrée d’un tunnel. Et celui-ci est bien sûr également interdit au vélo, safety first! Mais les chiliens sont tout aussi efficaces que les argentins, car quelques minutes après être arrivés au poste sécurité, voilà déjà un pick-up apprêté rien que pour nous.

Au pays des poètes 24-80

Et en deux temps trois mouvements, nous voilà de l’autre côté du tunnel. Les gars nous ont même offert de l’eau fraîche, tout ça gratuitement et avec le sourire, quel service incroyable!

Nous continuons d’avancer sur l’autoroute allant jusqu’à Santiago. Tout d’un coup, on aperçoit un gaucho à cheval sur l’une des passerelles passant par dessus l’autoroute. Vive le Chili!

Au pays des poètes 26-80

Quelques kilomètres plus tard, nous rencontrons un gars super sympa. Il vit dans une cabane cachée au milieu des bois qu’il nous fait visiter avant de nous offrir des fruits et des yaourts.

Au pays des poètes 27-80

En fin de journée, nous faisons une entrée fracassante dans Santiago. Il n’y a malheureusement aucune route adaptée au vélo, ce qui fait qu’on se retrouve sur une autoroute avec plein d’embranchements et de bifurcations dans tous les sens, et tout ça en pleine heure de pointe bien sûr. C’est donc avec une espérance de vie d’environ 20 minutes que nous passons plusieurs heures dans cet enfer. Sur certains passages trop dangereux, nous sommes obligés d’adopter la technique suivante: un de nous deux (Florent) pousse le vélo devant, pendant que l’autre (Florence) fait de grands gestes aux voitures derrière pour nous signaler. Heureusement, nous sortons indemnes de ce cauchemar et on peut donc officiellement classer notre entrée dans Santiago dans le top 5 des pires moments de notre voyage. Tiens tiens, cet épisode nous rappelle vaguement notre sortie de Rio de Janeiro. Heureusement qu’on ne fait pas ça tous les jours. Nous arrivons finalement dans la soirée chez Gaston, notre hôte Airbnb.

Notre vol pour Auckland est dans 6 jours. Ce qui nous laisse largement le temps de nous reposer, de visiter Santiago, d’aller faire un saut à Valparaiso, et de désassembler et emballer notre Flocon comme il se doit pour prendre l’avion. Nous passons donc une première journée tranquille. Le lendemain matin, nous laissons notre vélo chez Gaston, et embarquons dans un bus direction Valparaiso où nous avons prévu de passer une nuit. Une fois arrivés, pas de temps à perdre, nous partons directement à la découverte des ruelles qui font la renommée de cette ville.

On est directement dans le vif du sujet, et on se laisse aller sans trop savoir où l’on va, d’une ruelle à l’autre, baignés par cette architecture si particulière et le street art omniprésent.

C’est un vrai musée à ciel ouvert dans lequel nous nous perdons allègrement.

C’est un véritable dédale de rues qui s’entremêlent à la manière de leurs câbles électriques.

Au pays des poètes 41-80

Même les cacahuètes grillées des vendeuses ambulantes sont artistiquement colorées.

Au pays des poètes 43-80

Voici une manière pour le moins intéressante permettant de connaître les tendances politiques du moment.

Au pays des poètes 52-80

Au détour d’une ruelle, nous débouchons sur un beau point de vue sur la ville.

Un peu plus loin, nous montons à bord d’un vieux funiculaire, et voici un nouveau panorama qui s’offre à nous.

Au pays des poètes 63-80

Vue sur les collines parsemées de maisonnettes colorées, à la manière des favelas de Rio de Janeiro.

Un peu partout nous croisons des musiciens et autres artistes qui animent les rues.

De retour à notre auberge en fin d’aprèm, nous profitons de la magnifique vue depuis notre chambre.

Nous passons une soirée démentielle dans les bars de Valparaiso avec quelques copains français rencontrés à notre auberge. De retour à 4 heure du mat’ bien imbibés, Florent ne perd pas le nord et immortalise la vue sur Valparaiso by night depuis notre chambre.

Au pays des poètes 67-80

Le lendemain matin, c’est sur fond de gueule de bois qu’on se retrouve tous pour le p’tit déj. On a tout juste le temps d’aller faire un saut à la plage avant de dire au revoir à cette ville kaleidoscopique.

Le lendemain, visite de Santiago avec au programme le plus haut building d’Amérique du Sud qui permet d’admirer toute la ville avec les Andes en toile de fond.

Nous continuons notre visite avec une balade dans le Parc métropolitain de Santiago, véritable poumon vert de la capitale, où nous faisons une petite ascension jusqu’au sommet de la colline San Cristobal surplomant la ville.
Ici encore, nous profitons de la vue sur Santiago.

Et voici la fameuse tour où nous étions tout à l’heure.

Au pays des poètes 77-80

Après cela, nous avons tranquillement déambulé dans les rues de la ville sans itinéraire défini. Nous tombons sur un cireur de chaussures par ici, puis sur un tournoi d’échec improvisé par là.

Nous utilisons nos deux derniers jours à Santiago pour désassembler puis emballer proprement notre Flocon qui s’apprête à prendre l’avion pour la deuxième fois.

Au pays des poètes 80-80

Le jour J nous sommes fin prêts pour nous envoler vers l’Océanie. Nous arrivons trois heures en avance à l’aéroport, tout est soigneusement emballé. Nous avons respecté toutes les consignes quant aux tailles et poids des bagages, donc normalement notre enregistrement devrait se passer comme sur des roulettes. Nous arrivons au comptoir d’enregistrement des bagages. Tout se passe comme prévu, jusqu’au moment où la dame nous demande si nous avons des visas pour la Nouvelle-Zélande. Nous lui répondons que non, car pour des séjours touristiques de moins de 3 mois, nous n’en avons pas besoin. Elle nous demande alors si nous avons des billets d’avion retour prouvant que nous avons bien prévu de quitter la Nouvelle Zélande dans les 3 mois. Nous prenons alors un air stupéfait car nous n’avions jamais entendu parler de cette règle. Après explications, nous comprenons que, malgré que nous n’ayons effectivement pas besoin de visas, il est cependant obligatoire de fournir un numéro de billet d’avion retour. Le problème c’est que comme nous ne sommes pas encore sûrs de nos dates, et nous n’avons donc pas encore réservé notre vol de sortie du pays. C’est là que les choses se compliquent, car sans numéro de billet d’avion retour, il nous est interdit d’embarquer sur le vol Santiago-Auckland. Aie Aie Aie, on est mal barrés.

Notre prochaine destination après la Nouvelle-Zélande est censée être la Nouvelle-Calédonie. Ni une ni deux, nous nous connectons sur internet avec notre smartphone, nous décidons rapidement d’une date de départ vers la Nouvelle-Calédonie, et c’est parti, on réserve un vol Auckland-Nouméa. Après quelques minutes, nous recevons l’email de confirmation, et le tour est joué. Nous retournons donc au comptoir d’enregistrement avec notre email confirmant la réservation pour un vol quittant la Nouvelle-Zélande dans les 3 mois. La dame le lit attentivement puis nous regarde avec un air dépité. Malheureusement, il n’y a aucun numéro de billet indiqué dans l’email, seul le numéro de réservation est écrit, et malheureusement elle a absolument besoin d’introduire des numéros de billets dans le système pour pouvoir imprimer nos cartes d’embarquement. Nous relisons l’email plus en détails en recherchant désespérément des numéros de billets. C’est là que nous lisons en fin d’email, écrit en tout petit : “Vous recevrez vos numéros de billets dans les 48h”. Ben c’est-à-dire qu’on n’a pas vraiment 48h devant nous là. Il est 22h30, on est à l’aéroport de Santiago, on est dans la merde jusqu’au cou et on commence sérieusement à flipper.

C’est à ce moment-là qu’on aperçoit les bureaux de vente de la LAN (la compagnie aérienne chilienne). Un éclair d’espoir traverse alors nos esprits. Un petit sprint plus tard et nous voilà au comptoir de vente de la LAN qui heureusement pour nous était encore ouvert. Nous leur demandons de nous trouver deux billets d’avion Auckland-Santiago 100% annulables et remboursables dans les 3 mois à venir. C’est bon ils ont ce qu’il nous faut, nous n’aurons qu’à payer 50$ de frais de dossier une fois les billets annulés et remboursés. C’est un bien moindre mal, et de toute manière on n’a plus vraiment le choix, on donne donc notre accord. Mais il y a un dernier petit hic, car des billets d’avion aller simple remboursables ça coûte chers, même très chers. Et le problème c’est qu’on ne sait pas exactement où en sont nos états de dépenses pour le mois courant sur notre carte de crédit. On tape donc notre code pin en espérant que ça passe. On croise nos doigts de toutes nos forces avec nos regards rivés sur le terminal de paiement. Et ALLELUIA le paiement est accepté !!!!!!!!

Quelques minutes plus tard, nous recevons notre réservation avec cette fois-ci les numéros de billets clairement indiqués. Nous revoilà de retour chez la dame du comptoir d’enregistrement avec de belles têtes de vainqueurs. Cette fois-ci c’est bon, elle encode le tout dans le système qui approuve et imprime gentiment nos cartes d’embarquement. On enregistre nos bagages en un temps record, puis on file au pas de course jusqu’à notre porte d’embarquement, parce qu’avec tout ce bordel, on est passé de bien en avance à complètement en retard !!!! Passage de douane CHECK, passage des contrôles de sécurité CHECK, on arrive juste à temps pour embarquer, et notre taux d’adrénaline peut enfin revenir à la normal. Nous voilà enfin à bord du vol Santiago-Auckland. C’est parti pour 13 heures au-dessus de l’océan Pacifique.

Adios América del Sur ! Here we are Oceania !

Chili

RécitsPhotosVidéos
    Aucun

Les Andes en time-lapse – by Floo

Courte vidéo en accéléré des différents paysages croisés sur notre route. Bonne détente!


Nos hôtes en Argentine

Los Andes

A nous la Cordillère

Après 15 heures de bus éprouvantes, nous arrivons enfin à la gare routière de Mendoza. Pas le temps de niaiser, car on doit maintenant déballer et ré-assembler notre Flocon.

Los Andes 1-106

Nous passons quelques jours à Mendoza, le temps de faire nos derniers réglages mécaniques, physiques et psychologiques. Une bonne bouteille de vin aidant souvent à régler les trois d’un coup, c’est bien connu! Une fois opérationnels (ou presque), nous quittons la ville du bon vin pour pédaler en direction de cette fameuse cordillère. Heureusement pour nous, cette ascension des Andes commence très doucement par un faux plat d’environ 50 km. Donc pour l’instant nos mollets sont encore tranquilles et profitent des derniers kilomètres plus ou moins plats, tandis qu’on profite du paysage.

Los Andes 2-106

25 km après avoir quitté Mendoza, nous arrivons donc à Lujan de Cuyo, dernière petite ville avant les montagnes. Le prochain village nommé Potrerillos se trouve à 50 km, dont 25 km de grimpette. Entre les deux il n’y a rien, à part une usine pétrochimique, des vignes et des montagnes désertiques. Et comme nous savons bien que malgré toute la bonne volonté du monde, nous n’arriverons jamais à rejoindre Potrerillos aujourd’hui, nous décidons de nous arrêter dans un camping à Lujan de Cuyo. Vu qu’on n’a parcouru que 25 kilomètres, il est encore tôt, ce qui nous laisse l’après-midi de libre. On en profite pour bidouiller quelques bricoles. Florence décide d’utiliser un vieux t-shirt pour fabriquer des réfréchipochettes pour nos bouteilles d’eau.

Los Andes 3-106

Pour ceux d’entre vous qui n’auraient jamais entendu parler des « réfréchipochettes » (inutile d’aller demander à Wikipedia, car ce mot sort tout droit de notre imagination!), voici quelques explications…

Le concept est simple: vous glissez votre bouteille dans votre réfréchipochette préalablement imbibée d’eau, puis placez le tout dans le porte-bouteille de votre vélo. Lorsque vous pédalez, il va y avoir ventilation, et l’eau imbibée de votre réfréchipochette va alors s’évaporer tout naturellement. En s’évaporant, l’eau va pomper de la chaleur à ce qui l’entoure, et donc à l’eau se trouvant dans votre bouteille qui va alors naturellement se refroidir. Et le tour est joué ! Vous avez maintenant de l’eau qui reste fraîche en toutes circonstances. Merci la thermodynamique !

Le lendemain matin c’est le grand jour ! Cette fois-ci on se dirige vers les montagnes pour de bon. Nos mollets sont tendus et nous aussi, mais il n’y a pas d’autres issues possibles, il va bien falloir grimper tôt ou tard, on n’y coupera pas ! Après quelques kilomètres, nous apercevons l’usine pétrochimique avec les monts enneigés en toile de fond.

Quelques coups de pédales plus loin, nous faisons un arrêt au bar restaurant de l’usine pour prendre des forces avant que les choses sérieuses commencent.

Los Andes 6-106

Après le plein d’énergie, nous profitons des derniers kilomètres de faux-plat pour digérer et contempler les fameuses vignes qui font la renommée de la région.

Et nous y voilà, nous quittons notre faux-plat et entamons notre première montée de cette traversée des Andes. On dirait peut-être pas comme ça sur la photo, mais en vérité ça grimpe sec !

Los Andes 12-106

Heureusement pour nous, la pente se radoucit un peu avant d’attaquer la montée suivante. C’est là que nous rencontrons une troupe de cyclovoyageurs. Ils viennent de franchir les Andes, mais dans le sens inverse. Ce sont 3 australiens et 1 français qui se sont rencontrés en chemin et ont décidé de faire un bout de route ensemble, et quel bout de route! Nous échangeons un petit temps tous les cinq sur le bord de la route. Ils nous donnent quelques bons conseils pour les jours et les montées à venir. Pour notre part, nous n’avons pas vraiment de conseils à leur donner, mis à part de profiter de la descente et de se laisser glisser tranquillement jusqu’à Mendoza. Sinon, c’est pas tout ça, mais c’est qu’on a encore une montagne à gravir aujourd’hui. Une petite photo souvenir et au-revoir les copains !

Los Andes 11-106

Et c’est reparti pour l’ascension… Quelques heures plus tard, on est à sec d’eau, malgré les 6 litres embarqués ce matin. Ben c’est qu’il fait chaud et que ça tape plus dur que prévu, puis la grimpette ça donne soif. Du coup on continue de pédaler en espérant croiser des habitations ou bien une petite buvette, mais malheureusement (comme annoncé), il n’y a vraiment rien de rien sur cette route, et le village de Potrerillos se trouve encore à une quinzaine de kilomètres pentus. On passe alors au plan B : se poser sur le bord de la route en agitant une bouteille d’eau vide dans l’espoir qu’un automobiliste s’arrête. Et cette tactique a été payante dès la cinquième voiture. Hallelujah ! C’est un couple avec deux enfants. Ils sont trop sympas! La maman ouvre une glacière dans le coffre, d’où elle sort une grande bouteille de jus de pomme, des bananes et des biscuits, au grand désespoir des deux gosses qui voient leur goûter se faire embarquer par deux manouches à pédales. :)

Los Andes 13-106

Maintenant qu’on est ravitaillé, on peut repartir de plus belle.

Los Andes 15-106

On est de plus en plus dans le vif du sujet, et chaque mètre d’ascension est récompensé par la beauté des paysages.

On aperçoit enfin le lac artificiel de Potrerillos, nous ne sommes plus très loin.

Ça vaut bien une petite photo souvenir. Viva Argentina !

Nous arrivons finalement à destination tant bien que mal aux alentours de 19h. Ce qui nous laisse tout juste le temps de trouver le camping et de contempler le soleil se couchant sur la vallée.

Los Andes 23-106

Le lendemain nous prenons une journée de pause pour laisser nos gambettes se remettre, car on le sait bien: « chi va piano va sano »! Et puis il faut dire que notre camping se trouve au bord du lac, et que le lieu mérite bien un coup d’œil plus approfondi. Une petite balade s’impose!

De retour au camping, nous nous faisons surprendre par une grêle incongrue. On n’en croit pas nos yeux. C’est à ce moment là que nous rencontrons Tony, un super aventurier de la pédale, venu lui aussi se réfugier sous l’abri des toilettes du camping. Nous faisons donc connaissance en regardant les grêlons tomber (voir chaque petit point blanc sur la photo).

Los Andes 28-106

Et après la grêle, le soleil! Pour fêter cette nouvelle rencontre, nous décidons d’improviser un petit BBQ avec notre ami Tony.

Los Andes 29-106

Pour vous faire une brève présentation du spécimen… Tony est un canadien (anglophone), d’origine hongkongaise. Il a une cinquantaine d’années (mais il en paraît facilement 10 de moins) et il parcourt le monde à vélo depuis environ 10 ans. Il a déjà parcouru les 6 continents en long et en large, et il effectue actuellement sa 3ème expédition à pédale dans les Andes. Cette fois-ci, il a prévu de remonter la cordillère du sud au nord, tout en l’explorant dans sa largeur à chaque fois que l’occasion se présente. Autant vous dire qu’on a affaire à un cyclovoyageur de haut vol! Nous passons une super soirée tous les 3, pleine de fous rires et d’anecdotes de voyages aussi invraisemblables que drôles.

Le lendemain matin, Florent (en bon photographe passionné) décide de se lever à l’aube pour partir à la chasse au lever de soleil. Et comme tout bon chasseur qui se respecte, il est bien sûr accompagné par son fidèle compagnon à quatre pattes.

Los Andes 30-106

De retour de la chasse, il est temps de remballer notre campement et de dire au-revoir au chiot du camping.

Los Andes 31-106

Et nous voilà avec notre nouvel ami Tony sur la ligne du départ.

Los Andes 32-106

Et c’est parti pour la plus grosse étape de cette expédition dans les Andes: 1200 mètres de dénivelé sur 70 km. Rien que de le dire on a les genoux qui grincent. Et pour corser le tout, ce sont bien sûr 70 km totalement désertiques et inhabités. Nous partons donc avec des réserves d’eau potable en conséquence, et comme on le sait bien, malheureusement 1 litre d’eau = 1 kg de plus à porter. C’est donc avec notre Flocon chargé comme un mulet que nous reprenons notre ascension des Andes autant que faire se peut. Mais heureusement, à chaque coup de pédale, la découverte des paysages nous motive comme jamais. Le spectacle qui s’offre à nous vaut bien toutes les gouttes de sueur et les souffrances endurées.

Et il faut dire que Tony nous aide et nous encourage bien tout au long de cette étape de par son expérience, sa motivation et sa bonne humeur constante.

Au cours de la journée, nous croisons régulièrement des amoncellements de bouteilles sur le bord de la route. Au début, ce sont des petits tas que nous croisons par ci par là, et nous pensons alors qu’il s’agit simplement de mini décharges illégales où les gens viennent jeter leurs bouteilles en plastique. Mais un peu plus loin, nous découvrons un énorme tas au-dessus duquel on distingue une image à connotations religieuses. Ce ne sont donc pas des décharges illégales.

Los Andes 41-106

Nous nous sommes donc renseignés sur la question, et voici l’explication…

Ce sont donc des offrandes pour la Difunta Correa, personnage mythique vénérée au même titre qu’une sainte en Argentine, au Chili et en Uruguay. Pendant les guerres civiles qui ont agité l’Argentine au milieu du 19ème siècle, le mari de Deolinda Correa est recruté de force dans l’armée. Désespérée de le voir partir, Deolinda prend son bébé et marche sur les traces de la colonne militaire. Epuisée, elle se coucha à l’ombre d’un arbre, son nourrisson au sein, et elle mourut de soif. Son corps fut retrouvé peu de jours après, et le bébé, qui avait continué à téter, était toujours vivant! Le culte à Deolinda Correa commença peu après sa mort lorsque paysans et bergers vinrent se recueillir sur sa tombe. Peu à peu, on lui attribua des miracles et la légende de la Difunta Correa se répandit dans toute l’Argentine, le Chili et une partie de l’Amérique du Sud. Le culte de Difunta Correa est aujourd’hui toujours très répandu, et on retrouve de nombreux sanctuaires dressés le long des routes. Les gens viennent y déposer des bouteilles d’eau afin d’apaiser la soif de la défunte, et espèrent ainsi obtenir sa protection en échange.

Après plusieurs heures de pédalage sous un soleil de plomb, on a les jambes en coton et les batteries presque plates. Mais les paysages continues à nous tirer toujours plus loin, toujours plus haut.

Les derniers kilomètres de la journée sont les plus durs qu’on n’ait jamais parcourus. Nous n’avons plus d’énergie, nous avançons mécaniquement, en puisant dans le peu de force mentale qu’il nous reste. Nous arrivons exténués à Uspallata, petite ville de montagne où nous allons nous échouer au camping municipal.

Cette fatigante étape a également mis un coup à notre ami Tony qui décide de s’accorder une journée de pause le lendemain (ça nous rassure, malgré ses muscles en acier trempé, c’est quand même pas un robot le Tony). Bon, si un super aventurier de la pédale comme lui a besoin d’un jour de pause, vous vous doutez bien qu’il nous en faudra au moins deux avant de nous remettre en selle.

Pour l’anecdote, chaque matin nous sommes réveillés à 6h du mat’ par un énorme porc qui prend le camping d’assaut pour chaparder dans les tentes.

Vous pouvez le voir à l’oeuvre en train de renifler notre tente ci-dessous.

Los Andes 46-106

Heureusement notre tente n’a pas été pillée, mais par contre il a foutu un beau bordel dans la tente de nos voisins. Il est reparti victorieux, après avoir bouffé les restes de leur repas de la veille ainsi que leur savonnette (incroyable mais vrai). Sacré cochon!

Los Andes 47-106

Après ces deux jours de repos nécessaires, nous reprenons notre route au milieu des montagnes.

On profite d’une petite descente inattendue…

Los Andes 55-106

Puis c’est reparti pour la grimpette. Et comme prévu, on en prend plein les jambes, mais surtout plein les yeux !

En fin de journée, après de longues heures à parcourir des paysages désertiques, nous croisons enfin un minuscule village qui semble à l’abandon.

Los Andes 80-106

On commence à explorer le coin en recherche d’un endroit où passer la nuit. Nous découvrons alors une vieille gare désaffectée, vestige de l’époque où le train des Andes existait encore.

Dans un premier temps, nous envisageons de planter notre tente à côté de la gare, faute de mieux. Mais en nous baladant un peu plus loin dans le village, nous rencontrons Roberta. C’est une dame bien sympathique qui nous propose de louer une petite maison du village pour une modique somme. Si c’est si gentiment proposé ! Nous découvrons ladite maison, et quelle surprise ! C’est du grand luxe : cuisine, salle de bain, salon et grande chambre à coucher.

On est stupéfait de trouver un logement pareil dans cet endroit perdu. Roberta nous explique alors que la maison est habituellement louée durant les mois d’hiver au vacanciers argentins qui viennent skier sur les pistes situées un peu plus en altitude. Haaaaa, du coup cela explique les armoires remplies d’équipements de ski, et on comprend mieux pourquoi ce village a l’air complètement abandonné.

Une fois installés et douchés, nous partons nous promener dans le village. Puis au détour d’un bâtiment, nous sommes tombés nez à nez avec une immense famille de chiens, des cousins éloignés de Ginger. Et il y en a partout, de toutes les tailles et de tous les âges ! Les grands-parents, les parents, les jeunes, les bébés, il en arrive de partout! Il n’est donc finalement pas si abandonné que ça ce village.

On s’y sent tellement bien dans notre petite maison de montagne qu’on décide d’y passer deux nuits, et de profiter de notre journée de pause pour aller faire une randonnée dans le fameux Parc Provincial d’Aconcagua.

Le lendemain matin, nous prenons donc le bus, et une petite heure plus tard, nous voilà à l’entrée du parc.

Los Andes 65-106

C’est dans ce parc que se trouve le Mont Aconcagua qui culmine à 6962 m d’altitude, c’est le plus haut sommet du monde après les sommets de l’Himalaya. Mais on vous rassure, nous n’avons point prévu de monter jusque là. Nous nous contenterons d’une randonnée de plus petite envergure, histoire de nous détendre les gambettes tout en profitant du panorama.

Et revoilà ce fameux Aconcagua se reflétant dans la « laguna espejo » (lagune miroir).

Los Andes 62-106

Et le revoilà d’un peu plus près…
…avec un muletier en premier plan…

…ou bien encore avec notre ami l’oiseau.

Los Andes 68-106

Sur le chemin du retour, les paysages ne sont pas en reste non plus!

Nous croisons un autre muletier en route vers le camp de base situé à 4260 mètres d’altitude d’où partent les expéditions d’alpinistes jusqu’au sommet.

Los Andes 70-106

Le jour suivant, nous quittons notre petit village et reprenons la route en super forme !

Los Andes 81-106

Nous croisons un autre vestige de l’ancienne route ferroviaire.

Los Andes 82-106

On se croirait dans un décor de western.

Mais la vue des monts enneigés nous rappelle que nous sommes bien dans les Andes.

Et les voilà enfin ces pistes de skis qui redonnent vie aux villages l’hiver.

Los Andes 87-106

Nous arrivons au village de Puente del Inca en fin de journée. Nous logeons dans le petit hôtel de Nico, un ancien guide de montagne super sympa. C’est dans la cuisine de Nico que Florence a fait une magnifique rencontre avec une patate aussi grosse que sa tête. Incroyable mais vrai, il aura fallu grimper en haut des Andes pour découvrir ce petit bijou de la nature. Ça c’est de la récompense taillée sur mesure!

Los Andes 91-106

Une fois Florence remise de ses émotions, nous faisons une petite visite de ce fameux village. Nous découvrons d’abord l’ancienne gare, utilisée aujourd’hui comme support d’expression artistique et politique.

Dans l’arrière plan de la gare, nous apercevons des chevaux funambules impressionnants de dextérité. Car on vous assure que la pente est raide, trèèèès raide !

Los Andes 73-106

Le village est également le parfait endroit pour observer le va-et-vient des muletiers.

Mais l’attraction principale reste sans nulle doute le fameux « Puente del Inca » d’où le village tire son nom. C’est une arche naturelle formant un pont au-dessus de la rivière Vacas. L’endroit abrite également une source thermale. Ce pont, qui mesure 48 mètres de long, 28 mètres de large et 8 mètres d’épaisseur, aurait été formé après la fonte d’un glacier. Les eaux thermales, extrêmement riches en minéraux, ont alors cimenté avec le temps la couche de roches agglomérées sur le dessus. Mais ce pont a également une légende donnant une autre explication à son origine: un roi Inca serait venu jusqu’ici pour y guérir son fils gravement malade. Mais la source d’eau chaude se trouvant de l’autre côté de la rivière, les braves soldats durent former un pont de leur corps. Le père pu ainsi mener son fils de l’autre côté boire l’eau miraculeuse de la source. Et quand ils se retournèrent, les vaillants soldats étaient tous pétrifiés… mais le fils guéri! Le « Puente del Inca » tirerait donc son nom de cette légende.

Mais le pont a également une histoire plus récente, celle d’un hôtel thermal pour curistes fortunés, construit en 1917 et détruit par un dramatique éboulement en 1965. Les ruines que l’on peut voir adossées à la roches ne sont autres que les vestiges des anciens thermes.

Petite photo du village en fin de journée.

Los Andes 93-106

Suivie d’une session de photos nocturnes pour immortaliser la voie lactée.

Le lendemain matin, juste avant le départ, on s’aperçoit qu’on n’a plus de drapeau. Nous ne l’avions pas remarqué à notre arrivée la veille, mais c’est vrai qu’en y repensant il y avait énormément de vent hier en fin de journée. Nous retrouvons la pointe cassée de la tige coincée dans le porte drapeau, ça se confirme donc, c’est le vent le coupable. Nous nous souvenons que nous avions encore notre drapeau lors de notre dernière pause dans une buvette située 6 km avant le village. Ni une ni deux, nous partons à pied et ratissons les 6 km à la recherche de notre précieux étendard. Nous espérons tellement le retrouver que nous faisons deux fois l’aller-retour, soit 24 km parcourus à pied dans la journée. Mais malheureusement notre drapeau reste introuvable et nous rentrons bredouille chez Nico. Selon lui, soit le vent l’a emporté, soit il a été ramassé par quelqu’un. Il est maintenant trop tard pour prendre la route, tant pis, nous partirons demain.

Le lendemain matin, c’est donc sans notre drapeau que nous entamons les derniers kilomètres nous séparant du sommet. Passage devant l’entrée du Parc d’Aconcagua où nous étions trois jours plus tôt, une petite photo souvenir s’impose.

Los Andes 99-106

Un petit regard en arrière sur la vallée et les kilomètres d’ascension parcourus.

Los Andes 100-106

Joli spectacle d’une rencontre entre deux rivières.

Los Andes 101-106

Les derniers kilomètres ne nous épargnent pas. Encore un petit effort, on y est presque !

Los Andes 102-106

Et nous y voilà, 3200 mètres d’altitude, il est maintenant temps de dire au revoir à l’Argentine.

Los Andes 103-106

Mais il nous reste une dernière étape à passer avant d’atteindre le Chili, la traversée du tunnel « Del Cristo Redentor » qui sépare les deux pays. Le tunnel est interdit au vélo, mais pas de soucis, les douaniers argentins ont tout prévu et se chargent de faire passer les cyclistes à bord de leur fourgonnette. Ni une, ni deux, on embarque Flocon et Florence à l’arrière, et c’est parti.

Los Andes 104-106

Et nous voilà côté chilien, à 3185 mètres d’altitude.

Qui aurait cru qu’on arriverait jusque là à vélo en nous voyant partir de l’Atomium à Bruxelles 9 mois plus tôt ? Pas nous en tout cas, et pourtant, nous y voilà ! C’est sûr que c’était pas de la tarte à la crème de pédaler jusqu’ici et on vous avoue qu’on n’est pas peu fier d’y être arrivé.

Voici qui clôture notre ascension des Andes. Rendez-vous pour le chapitre suivant : la descente des Andes !

La Translatina

Merry Christmas 2015 – by Floo

Nous vous souhaitons à tous un Joyeux Noël ! Pour fêter ça, voici un court-métrage digne des plus grandes productions Nollywoodiennes. Nommé aux prochains Oscars, cette œuvre vous enchantera par sa mise en scène originale, ses acteurs de renom, et ses effets spécial’sss hors du commun. Georges Lucas n’a qu’à bien se tenir !