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El Chile

Ça y est nous venons de passer de l’autre côté des Andes et nous voilà maintenant au Chili !

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Maintenant y’a plus qu’à nous laisser glisser jusqu’en bas.

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Mais le temps de passer la douane chilienne, il est déjà tard et nous ne descendons finalement pas très loin pour aujourd’hui. Pour fêter notre ascension des Andes à vélo, nous nous accordons un petit écart dans le budget et négocions une chambre à l’Hotel Portilllo. La gérante est trop cool et nous fait une réduc de 30%. C’est comme ça qu’on se retrouve dans un petit chalet tout confort avec vue sur le lac depuis notre lit. Ben c’est que c’est pas tous les jours qu’on traverse les Andes à vélo, alors on mérite bien une petite récompense.

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A la nuit tombée, Florent fait un shooting de l’hôtel by night histoire de les remercier pour la réduc.

Le lendemain matin, petite session photo autour du lac.

Merci à toute l’équipe de l’Hotel Portillo, ainsi qu’à leur super mascotte le Saint Bernard.

Et c’est parti pour la descente à vélo la plus longue de notre vie. C’est en effet pas moins de 65 km de descente qui nous attendent. Et après seulement quelques coups de pédales on est directement dans le vif du sujet. On vous présente « El paso de los caracoles », autrement dit le passage des escargots. C’est une section sur laquelle la route prend beaucoup d’altitude sur une courte distance via 29 virages serrés et rapprochés. Toutes ces courbes rendent la circulation extrêmement lente sur ce segment, de sorte que les véhicules ressemblent à des escargots. Et bien si on avait du grimper les Andes dans ce sens là, on aurait certainement été les rois des escargots. Mais heureusement nous sommes dans le bon sens, et c’est donc prudemment et avec l’allure d’un gastéropode que nous nous engageons sur cette interminable pente.

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Nous découvrons alors à quoi ressemblent les Andes côté chilien. La première chose qui nous saute aux yeux, c’est que c’est beaucoup plus arborés, et qu’il y a plein de cactus partout.

On croise aussi un tas de producteurs de fruits.

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Descente oblige, nous arrivons très vite au pied des montagnes.

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Nous passons la nuit dans un hôtel de passe dans la ville de Los Andes, et on peut dire que c’est carrément moins bucolique que l’Hôtel Portillo.

Le lendemain, nous prenons la direction de Santiago. Et nous qui pensions en avoir fini avec les montées, et bien que neni, on vient de se reprendre quelques mètres de dénivelé dans les pattes.

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Un peu plus loin, nous arrivons à l’entrée d’un tunnel. Et celui-ci est bien sûr également interdit au vélo, safety first! Mais les chiliens sont tout aussi efficaces que les argentins, car quelques minutes après être arrivés au poste sécurité, voilà déjà un pick-up apprêté rien que pour nous.

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Et en deux temps trois mouvements, nous voilà de l’autre côté du tunnel. Les gars nous ont même offert de l’eau fraîche, tout ça gratuitement et avec le sourire, quel service incroyable!

Nous continuons d’avancer sur l’autoroute allant jusqu’à Santiago. Tout d’un coup, on aperçoit un gaucho à cheval sur l’une des passerelles passant par dessus l’autoroute. Vive le Chili!

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Quelques kilomètres plus tard, nous rencontrons un gars super sympa. Il vit dans une cabane cachée au milieu des bois qu’il nous fait visiter avant de nous offrir des fruits et des yaourts.

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En fin de journée, nous faisons une entrée fracassante dans Santiago. Il n’y a malheureusement aucune route adaptée au vélo, ce qui fait qu’on se retrouve sur une autoroute avec plein d’embranchements et de bifurcations dans tous les sens, et tout ça en pleine heure de pointe bien sûr. C’est donc avec une espérance de vie d’environ 20 minutes que nous passons plusieurs heures dans cet enfer. Sur certains passages trop dangereux, nous sommes obligés d’adopter la technique suivante: un de nous deux (Florent) pousse le vélo devant, pendant que l’autre (Florence) fait de grands gestes aux voitures derrière pour nous signaler. Heureusement, nous sortons indemnes de ce cauchemar et on peut donc officiellement classer notre entrée dans Santiago dans le top 5 des pires moments de notre voyage. Tiens tiens, cet épisode nous rappelle vaguement notre sortie de Rio de Janeiro. Heureusement qu’on ne fait pas ça tous les jours. Nous arrivons finalement dans la soirée chez Gaston, notre hôte Airbnb.

Notre vol pour Auckland est dans 6 jours. Ce qui nous laisse largement le temps de nous reposer, de visiter Santiago, d’aller faire un saut à Valparaiso, et de désassembler et emballer notre Flocon comme il se doit pour prendre l’avion. Nous passons donc une première journée tranquille. Le lendemain matin, nous laissons notre vélo chez Gaston, et embarquons dans un bus direction Valparaiso où nous avons prévu de passer une nuit. Une fois arrivés, pas de temps à perdre, nous partons directement à la découverte des ruelles qui font la renommée de cette ville.

On est directement dans le vif du sujet, et on se laisse aller sans trop savoir où l’on va, d’une ruelle à l’autre, baignés par cette architecture si particulière et le street art omniprésent.

C’est un vrai musée à ciel ouvert dans lequel nous nous perdons allègrement.

C’est un véritable dédale de rues qui s’entremêlent à la manière de leurs câbles électriques.

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Même les cacahuètes grillées des vendeuses ambulantes sont artistiquement colorées.

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Voici une manière pour le moins intéressante permettant de connaître les tendances politiques du moment.

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Au détour d’une ruelle, nous débouchons sur un beau point de vue sur la ville.

Un peu plus loin, nous montons à bord d’un vieux funiculaire, et voici un nouveau panorama qui s’offre à nous.

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Vue sur les collines parsemées de maisonnettes colorées, à la manière des favelas de Rio de Janeiro.

Un peu partout nous croisons des musiciens et autres artistes qui animent les rues.

De retour à notre auberge en fin d’aprèm, nous profitons de la magnifique vue depuis notre chambre.

Nous passons une soirée démentielle dans les bars de Valparaiso avec quelques copains français rencontrés à notre auberge. De retour à 4 heure du mat’ bien imbibés, Florent ne perd pas le nord et immortalise la vue sur Valparaiso by night depuis notre chambre.

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Le lendemain matin, c’est sur fond de gueule de bois qu’on se retrouve tous pour le p’tit déj. On a tout juste le temps d’aller faire un saut à la plage avant de dire au revoir à cette ville kaleidoscopique.

Le lendemain, visite de Santiago avec au programme le plus haut building d’Amérique du Sud qui permet d’admirer toute la ville avec les Andes en toile de fond.

Nous continuons notre visite avec une balade dans le Parc métropolitain de Santiago, véritable poumon vert de la capitale, où nous faisons une petite ascension jusqu’au sommet de la colline San Cristobal surplomant la ville.
Ici encore, nous profitons de la vue sur Santiago.

Et voici la fameuse tour où nous étions tout à l’heure.

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Après cela, nous avons tranquillement déambulé dans les rues de la ville sans itinéraire défini. Nous tombons sur un cireur de chaussures par ici, puis sur un tournoi d’échec improvisé par là.

Nous utilisons nos deux derniers jours à Santiago pour désassembler puis emballer proprement notre Flocon qui s’apprête à prendre l’avion pour la deuxième fois.

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Le jour J nous sommes fin prêts pour nous envoler vers l’Océanie. Nous arrivons trois heures en avance à l’aéroport, tout est soigneusement emballé. Nous avons respecté toutes les consignes quant aux tailles et poids des bagages, donc normalement notre enregistrement devrait se passer comme sur des roulettes. Nous arrivons au comptoir d’enregistrement des bagages. Tout se passe comme prévu, jusqu’au moment où la dame nous demande si nous avons des visas pour la Nouvelle-Zélande. Nous lui répondons que non, car pour des séjours touristiques de moins de 3 mois, nous n’en avons pas besoin. Elle nous demande alors si nous avons des billets d’avion retour prouvant que nous avons bien prévu de quitter la Nouvelle Zélande dans les 3 mois. Nous prenons alors un air stupéfait car nous n’avions jamais entendu parler de cette règle. Après explications, nous comprenons que, malgré que nous n’ayons effectivement pas besoin de visas, il est cependant obligatoire de fournir un numéro de billet d’avion retour. Le problème c’est que comme nous ne sommes pas encore sûrs de nos dates, et nous n’avons donc pas encore réservé notre vol de sortie du pays. C’est là que les choses se compliquent, car sans numéro de billet d’avion retour, il nous est interdit d’embarquer sur le vol Santiago-Auckland. Aie Aie Aie, on est mal barrés.

Notre prochaine destination après la Nouvelle-Zélande est censée être la Nouvelle-Calédonie. Ni une ni deux, nous nous connectons sur internet avec notre smartphone, nous décidons rapidement d’une date de départ vers la Nouvelle-Calédonie, et c’est parti, on réserve un vol Auckland-Nouméa. Après quelques minutes, nous recevons l’email de confirmation, et le tour est joué. Nous retournons donc au comptoir d’enregistrement avec notre email confirmant la réservation pour un vol quittant la Nouvelle-Zélande dans les 3 mois. La dame le lit attentivement puis nous regarde avec un air dépité. Malheureusement, il n’y a aucun numéro de billet indiqué dans l’email, seul le numéro de réservation est écrit, et malheureusement elle a absolument besoin d’introduire des numéros de billets dans le système pour pouvoir imprimer nos cartes d’embarquement. Nous relisons l’email plus en détails en recherchant désespérément des numéros de billets. C’est là que nous lisons en fin d’email, écrit en tout petit : “Vous recevrez vos numéros de billets dans les 48h”. Ben c’est-à-dire qu’on n’a pas vraiment 48h devant nous là. Il est 22h30, on est à l’aéroport de Santiago, on est dans la merde jusqu’au cou et on commence sérieusement à flipper.

C’est à ce moment-là qu’on aperçoit les bureaux de vente de la LAN (la compagnie aérienne chilienne). Un éclair d’espoir traverse alors nos esprits. Un petit sprint plus tard et nous voilà au comptoir de vente de la LAN qui heureusement pour nous était encore ouvert. Nous leur demandons de nous trouver deux billets d’avion Auckland-Santiago 100% annulables et remboursables dans les 3 mois à venir. C’est bon ils ont ce qu’il nous faut, nous n’aurons qu’à payer 50$ de frais de dossier une fois les billets annulés et remboursés. C’est un bien moindre mal, et de toute manière on n’a plus vraiment le choix, on donne donc notre accord. Mais il y a un dernier petit hic, car des billets d’avion aller simple remboursables ça coûte chers, même très chers. Et le problème c’est qu’on ne sait pas exactement où en sont nos états de dépenses pour le mois courant sur notre carte de crédit. On tape donc notre code pin en espérant que ça passe. On croise nos doigts de toutes nos forces avec nos regards rivés sur le terminal de paiement. Et ALLELUIA le paiement est accepté !!!!!!!!

Quelques minutes plus tard, nous recevons notre réservation avec cette fois-ci les numéros de billets clairement indiqués. Nous revoilà de retour chez la dame du comptoir d’enregistrement avec de belles têtes de vainqueurs. Cette fois-ci c’est bon, elle encode le tout dans le système qui approuve et imprime gentiment nos cartes d’embarquement. On enregistre nos bagages en un temps record, puis on file au pas de course jusqu’à notre porte d’embarquement, parce qu’avec tout ce bordel, on est passé de bien en avance à complètement en retard !!!! Passage de douane CHECK, passage des contrôles de sécurité CHECK, on arrive juste à temps pour embarquer, et notre taux d’adrénaline peut enfin revenir à la normal. Nous voilà enfin à bord du vol Santiago-Auckland. C’est parti pour 13 heures au-dessus de l’océan Pacifique.

Adios América del Sur ! Here we are Oceania !

Chili

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A nous la Cordillère

Après 15 heures de bus éprouvantes, nous arrivons enfin à la gare routière de Mendoza. Pas le temps de niaiser, car on doit maintenant déballer et ré-assembler notre Flocon.

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Nous passons quelques jours à Mendoza, le temps de faire nos derniers réglages mécaniques, physiques et psychologiques. Une bonne bouteille de vin aidant souvent à régler les trois d’un coup, c’est bien connu! Une fois opérationnels (ou presque), nous quittons la ville du bon vin pour pédaler en direction de cette fameuse cordillère. Heureusement pour nous, cette ascension des Andes commence très doucement par un faux plat d’environ 50 km. Donc pour l’instant nos mollets sont encore tranquilles et profitent des derniers kilomètres plus ou moins plats, tandis qu’on profite du paysage.

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25 km après avoir quitté Mendoza, nous arrivons donc à Lujan de Cuyo, dernière petite ville avant les montagnes. Le prochain village nommé Potrerillos se trouve à 50 km, dont 25 km de grimpette. Entre les deux il n’y a rien, à part une usine pétrochimique, des vignes et des montagnes désertiques. Et comme nous savons bien que malgré toute la bonne volonté du monde, nous n’arriverons jamais à rejoindre Potrerillos aujourd’hui, nous décidons de nous arrêter dans un camping à Lujan de Cuyo. Vu qu’on n’a parcouru que 25 kilomètres, il est encore tôt, ce qui nous laisse l’après-midi de libre. On en profite pour bidouiller quelques bricoles. Florence décide d’utiliser un vieux t-shirt pour fabriquer des réfréchipochettes pour nos bouteilles d’eau.

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Pour ceux d’entre vous qui n’auraient jamais entendu parler des « réfréchipochettes » (inutile d’aller demander à Wikipedia, car ce mot sort tout droit de notre imagination!), voici quelques explications…

Le concept est simple: vous glissez votre bouteille dans votre réfréchipochette préalablement imbibée d’eau, puis placez le tout dans le porte-bouteille de votre vélo. Lorsque vous pédalez, il va y avoir ventilation, et l’eau imbibée de votre réfréchipochette va alors s’évaporer tout naturellement. En s’évaporant, l’eau va pomper de la chaleur à ce qui l’entoure, et donc à l’eau se trouvant dans votre bouteille qui va alors naturellement se refroidir. Et le tour est joué ! Vous avez maintenant de l’eau qui reste fraîche en toutes circonstances. Merci la thermodynamique !

Le lendemain matin c’est le grand jour ! Cette fois-ci on se dirige vers les montagnes pour de bon. Nos mollets sont tendus et nous aussi, mais il n’y a pas d’autres issues possibles, il va bien falloir grimper tôt ou tard, on n’y coupera pas ! Après quelques kilomètres, nous apercevons l’usine pétrochimique avec les monts enneigés en toile de fond.

Quelques coups de pédales plus loin, nous faisons un arrêt au bar restaurant de l’usine pour prendre des forces avant que les choses sérieuses commencent.

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Après le plein d’énergie, nous profitons des derniers kilomètres de faux-plat pour digérer et contempler les fameuses vignes qui font la renommée de la région.

Et nous y voilà, nous quittons notre faux-plat et entamons notre première montée de cette traversée des Andes. On dirait peut-être pas comme ça sur la photo, mais en vérité ça grimpe sec !

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Heureusement pour nous, la pente se radoucit un peu avant d’attaquer la montée suivante. C’est là que nous rencontrons une troupe de cyclovoyageurs. Ils viennent de franchir les Andes, mais dans le sens inverse. Ce sont 3 australiens et 1 français qui se sont rencontrés en chemin et ont décidé de faire un bout de route ensemble, et quel bout de route! Nous échangeons un petit temps tous les cinq sur le bord de la route. Ils nous donnent quelques bons conseils pour les jours et les montées à venir. Pour notre part, nous n’avons pas vraiment de conseils à leur donner, mis à part de profiter de la descente et de se laisser glisser tranquillement jusqu’à Mendoza. Sinon, c’est pas tout ça, mais c’est qu’on a encore une montagne à gravir aujourd’hui. Une petite photo souvenir et au-revoir les copains !

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Et c’est reparti pour l’ascension… Quelques heures plus tard, on est à sec d’eau, malgré les 6 litres embarqués ce matin. Ben c’est qu’il fait chaud et que ça tape plus dur que prévu, puis la grimpette ça donne soif. Du coup on continue de pédaler en espérant croiser des habitations ou bien une petite buvette, mais malheureusement (comme annoncé), il n’y a vraiment rien de rien sur cette route, et le village de Potrerillos se trouve encore à une quinzaine de kilomètres pentus. On passe alors au plan B : se poser sur le bord de la route en agitant une bouteille d’eau vide dans l’espoir qu’un automobiliste s’arrête. Et cette tactique a été payante dès la cinquième voiture. Hallelujah ! C’est un couple avec deux enfants. Ils sont trop sympas! La maman ouvre une glacière dans le coffre, d’où elle sort une grande bouteille de jus de pomme, des bananes et des biscuits, au grand désespoir des deux gosses qui voient leur goûter se faire embarquer par deux manouches à pédales. :)

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Maintenant qu’on est ravitaillé, on peut repartir de plus belle.

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On est de plus en plus dans le vif du sujet, et chaque mètre d’ascension est récompensé par la beauté des paysages.

On aperçoit enfin le lac artificiel de Potrerillos, nous ne sommes plus très loin.

Ça vaut bien une petite photo souvenir. Viva Argentina !

Nous arrivons finalement à destination tant bien que mal aux alentours de 19h. Ce qui nous laisse tout juste le temps de trouver le camping et de contempler le soleil se couchant sur la vallée.

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Le lendemain nous prenons une journée de pause pour laisser nos gambettes se remettre, car on le sait bien: « chi va piano va sano »! Et puis il faut dire que notre camping se trouve au bord du lac, et que le lieu mérite bien un coup d’œil plus approfondi. Une petite balade s’impose!

De retour au camping, nous nous faisons surprendre par une grêle incongrue. On n’en croit pas nos yeux. C’est à ce moment là que nous rencontrons Tony, un super aventurier de la pédale, venu lui aussi se réfugier sous l’abri des toilettes du camping. Nous faisons donc connaissance en regardant les grêlons tomber (voir chaque petit point blanc sur la photo).

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Et après la grêle, le soleil! Pour fêter cette nouvelle rencontre, nous décidons d’improviser un petit BBQ avec notre ami Tony.

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Pour vous faire une brève présentation du spécimen… Tony est un canadien (anglophone), d’origine hongkongaise. Il a une cinquantaine d’années (mais il en paraît facilement 10 de moins) et il parcourt le monde à vélo depuis environ 10 ans. Il a déjà parcouru les 6 continents en long et en large, et il effectue actuellement sa 3ème expédition à pédale dans les Andes. Cette fois-ci, il a prévu de remonter la cordillère du sud au nord, tout en l’explorant dans sa largeur à chaque fois que l’occasion se présente. Autant vous dire qu’on a affaire à un cyclovoyageur de haut vol! Nous passons une super soirée tous les 3, pleine de fous rires et d’anecdotes de voyages aussi invraisemblables que drôles.

Le lendemain matin, Florent (en bon photographe passionné) décide de se lever à l’aube pour partir à la chasse au lever de soleil. Et comme tout bon chasseur qui se respecte, il est bien sûr accompagné par son fidèle compagnon à quatre pattes.

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De retour de la chasse, il est temps de remballer notre campement et de dire au-revoir au chiot du camping.

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Et nous voilà avec notre nouvel ami Tony sur la ligne du départ.

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Et c’est parti pour la plus grosse étape de cette expédition dans les Andes: 1200 mètres de dénivelé sur 70 km. Rien que de le dire on a les genoux qui grincent. Et pour corser le tout, ce sont bien sûr 70 km totalement désertiques et inhabités. Nous partons donc avec des réserves d’eau potable en conséquence, et comme on le sait bien, malheureusement 1 litre d’eau = 1 kg de plus à porter. C’est donc avec notre Flocon chargé comme un mulet que nous reprenons notre ascension des Andes autant que faire se peut. Mais heureusement, à chaque coup de pédale, la découverte des paysages nous motive comme jamais. Le spectacle qui s’offre à nous vaut bien toutes les gouttes de sueur et les souffrances endurées.

Et il faut dire que Tony nous aide et nous encourage bien tout au long de cette étape de par son expérience, sa motivation et sa bonne humeur constante.

Au cours de la journée, nous croisons régulièrement des amoncellements de bouteilles sur le bord de la route. Au début, ce sont des petits tas que nous croisons par ci par là, et nous pensons alors qu’il s’agit simplement de mini décharges illégales où les gens viennent jeter leurs bouteilles en plastique. Mais un peu plus loin, nous découvrons un énorme tas au-dessus duquel on distingue une image à connotations religieuses. Ce ne sont donc pas des décharges illégales.

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Nous nous sommes donc renseignés sur la question, et voici l’explication…

Ce sont donc des offrandes pour la Difunta Correa, personnage mythique vénérée au même titre qu’une sainte en Argentine, au Chili et en Uruguay. Pendant les guerres civiles qui ont agité l’Argentine au milieu du 19ème siècle, le mari de Deolinda Correa est recruté de force dans l’armée. Désespérée de le voir partir, Deolinda prend son bébé et marche sur les traces de la colonne militaire. Epuisée, elle se coucha à l’ombre d’un arbre, son nourrisson au sein, et elle mourut de soif. Son corps fut retrouvé peu de jours après, et le bébé, qui avait continué à téter, était toujours vivant! Le culte à Deolinda Correa commença peu après sa mort lorsque paysans et bergers vinrent se recueillir sur sa tombe. Peu à peu, on lui attribua des miracles et la légende de la Difunta Correa se répandit dans toute l’Argentine, le Chili et une partie de l’Amérique du Sud. Le culte de Difunta Correa est aujourd’hui toujours très répandu, et on retrouve de nombreux sanctuaires dressés le long des routes. Les gens viennent y déposer des bouteilles d’eau afin d’apaiser la soif de la défunte, et espèrent ainsi obtenir sa protection en échange.

Après plusieurs heures de pédalage sous un soleil de plomb, on a les jambes en coton et les batteries presque plates. Mais les paysages continues à nous tirer toujours plus loin, toujours plus haut.

Les derniers kilomètres de la journée sont les plus durs qu’on n’ait jamais parcourus. Nous n’avons plus d’énergie, nous avançons mécaniquement, en puisant dans le peu de force mentale qu’il nous reste. Nous arrivons exténués à Uspallata, petite ville de montagne où nous allons nous échouer au camping municipal.

Cette fatigante étape a également mis un coup à notre ami Tony qui décide de s’accorder une journée de pause le lendemain (ça nous rassure, malgré ses muscles en acier trempé, c’est quand même pas un robot le Tony). Bon, si un super aventurier de la pédale comme lui a besoin d’un jour de pause, vous vous doutez bien qu’il nous en faudra au moins deux avant de nous remettre en selle.

Pour l’anecdote, chaque matin nous sommes réveillés à 6h du mat’ par un énorme porc qui prend le camping d’assaut pour chaparder dans les tentes.

Vous pouvez le voir à l’oeuvre en train de renifler notre tente ci-dessous.

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Heureusement notre tente n’a pas été pillée, mais par contre il a foutu un beau bordel dans la tente de nos voisins. Il est reparti victorieux, après avoir bouffé les restes de leur repas de la veille ainsi que leur savonnette (incroyable mais vrai). Sacré cochon!

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Après ces deux jours de repos nécessaires, nous reprenons notre route au milieu des montagnes.

On profite d’une petite descente inattendue…

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Puis c’est reparti pour la grimpette. Et comme prévu, on en prend plein les jambes, mais surtout plein les yeux !

En fin de journée, après de longues heures à parcourir des paysages désertiques, nous croisons enfin un minuscule village qui semble à l’abandon.

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On commence à explorer le coin en recherche d’un endroit où passer la nuit. Nous découvrons alors une vieille gare désaffectée, vestige de l’époque où le train des Andes existait encore.

Dans un premier temps, nous envisageons de planter notre tente à côté de la gare, faute de mieux. Mais en nous baladant un peu plus loin dans le village, nous rencontrons Roberta. C’est une dame bien sympathique qui nous propose de louer une petite maison du village pour une modique somme. Si c’est si gentiment proposé ! Nous découvrons ladite maison, et quelle surprise ! C’est du grand luxe : cuisine, salle de bain, salon et grande chambre à coucher.

On est stupéfait de trouver un logement pareil dans cet endroit perdu. Roberta nous explique alors que la maison est habituellement louée durant les mois d’hiver au vacanciers argentins qui viennent skier sur les pistes situées un peu plus en altitude. Haaaaa, du coup cela explique les armoires remplies d’équipements de ski, et on comprend mieux pourquoi ce village a l’air complètement abandonné.

Une fois installés et douchés, nous partons nous promener dans le village. Puis au détour d’un bâtiment, nous sommes tombés nez à nez avec une immense famille de chiens, des cousins éloignés de Ginger. Et il y en a partout, de toutes les tailles et de tous les âges ! Les grands-parents, les parents, les jeunes, les bébés, il en arrive de partout! Il n’est donc finalement pas si abandonné que ça ce village.

On s’y sent tellement bien dans notre petite maison de montagne qu’on décide d’y passer deux nuits, et de profiter de notre journée de pause pour aller faire une randonnée dans le fameux Parc Provincial d’Aconcagua.

Le lendemain matin, nous prenons donc le bus, et une petite heure plus tard, nous voilà à l’entrée du parc.

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C’est dans ce parc que se trouve le Mont Aconcagua qui culmine à 6962 m d’altitude, c’est le plus haut sommet du monde après les sommets de l’Himalaya. Mais on vous rassure, nous n’avons point prévu de monter jusque là. Nous nous contenterons d’une randonnée de plus petite envergure, histoire de nous détendre les gambettes tout en profitant du panorama.

Et revoilà ce fameux Aconcagua se reflétant dans la « laguna espejo » (lagune miroir).

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Et le revoilà d’un peu plus près…
…avec un muletier en premier plan…

…ou bien encore avec notre ami l’oiseau.

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Sur le chemin du retour, les paysages ne sont pas en reste non plus!

Nous croisons un autre muletier en route vers le camp de base situé à 4260 mètres d’altitude d’où partent les expéditions d’alpinistes jusqu’au sommet.

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Le jour suivant, nous quittons notre petit village et reprenons la route en super forme !

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Nous croisons un autre vestige de l’ancienne route ferroviaire.

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On se croirait dans un décor de western.

Mais la vue des monts enneigés nous rappelle que nous sommes bien dans les Andes.

Et les voilà enfin ces pistes de skis qui redonnent vie aux villages l’hiver.

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Nous arrivons au village de Puente del Inca en fin de journée. Nous logeons dans le petit hôtel de Nico, un ancien guide de montagne super sympa. C’est dans la cuisine de Nico que Florence a fait une magnifique rencontre avec une patate aussi grosse que sa tête. Incroyable mais vrai, il aura fallu grimper en haut des Andes pour découvrir ce petit bijou de la nature. Ça c’est de la récompense taillée sur mesure!

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Une fois Florence remise de ses émotions, nous faisons une petite visite de ce fameux village. Nous découvrons d’abord l’ancienne gare, utilisée aujourd’hui comme support d’expression artistique et politique.

Dans l’arrière plan de la gare, nous apercevons des chevaux funambules impressionnants de dextérité. Car on vous assure que la pente est raide, trèèèès raide !

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Le village est également le parfait endroit pour observer le va-et-vient des muletiers.

Mais l’attraction principale reste sans nulle doute le fameux « Puente del Inca » d’où le village tire son nom. C’est une arche naturelle formant un pont au-dessus de la rivière Vacas. L’endroit abrite également une source thermale. Ce pont, qui mesure 48 mètres de long, 28 mètres de large et 8 mètres d’épaisseur, aurait été formé après la fonte d’un glacier. Les eaux thermales, extrêmement riches en minéraux, ont alors cimenté avec le temps la couche de roches agglomérées sur le dessus. Mais ce pont a également une légende donnant une autre explication à son origine: un roi Inca serait venu jusqu’ici pour y guérir son fils gravement malade. Mais la source d’eau chaude se trouvant de l’autre côté de la rivière, les braves soldats durent former un pont de leur corps. Le père pu ainsi mener son fils de l’autre côté boire l’eau miraculeuse de la source. Et quand ils se retournèrent, les vaillants soldats étaient tous pétrifiés… mais le fils guéri! Le « Puente del Inca » tirerait donc son nom de cette légende.

Mais le pont a également une histoire plus récente, celle d’un hôtel thermal pour curistes fortunés, construit en 1917 et détruit par un dramatique éboulement en 1965. Les ruines que l’on peut voir adossées à la roches ne sont autres que les vestiges des anciens thermes.

Petite photo du village en fin de journée.

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Suivie d’une session de photos nocturnes pour immortaliser la voie lactée.

Le lendemain matin, juste avant le départ, on s’aperçoit qu’on n’a plus de drapeau. Nous ne l’avions pas remarqué à notre arrivée la veille, mais c’est vrai qu’en y repensant il y avait énormément de vent hier en fin de journée. Nous retrouvons la pointe cassée de la tige coincée dans le porte drapeau, ça se confirme donc, c’est le vent le coupable. Nous nous souvenons que nous avions encore notre drapeau lors de notre dernière pause dans une buvette située 6 km avant le village. Ni une ni deux, nous partons à pied et ratissons les 6 km à la recherche de notre précieux étendard. Nous espérons tellement le retrouver que nous faisons deux fois l’aller-retour, soit 24 km parcourus à pied dans la journée. Mais malheureusement notre drapeau reste introuvable et nous rentrons bredouille chez Nico. Selon lui, soit le vent l’a emporté, soit il a été ramassé par quelqu’un. Il est maintenant trop tard pour prendre la route, tant pis, nous partirons demain.

Le lendemain matin, c’est donc sans notre drapeau que nous entamons les derniers kilomètres nous séparant du sommet. Passage devant l’entrée du Parc d’Aconcagua où nous étions trois jours plus tôt, une petite photo souvenir s’impose.

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Un petit regard en arrière sur la vallée et les kilomètres d’ascension parcourus.

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Joli spectacle d’une rencontre entre deux rivières.

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Les derniers kilomètres ne nous épargnent pas. Encore un petit effort, on y est presque !

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Et nous y voilà, 3200 mètres d’altitude, il est maintenant temps de dire au revoir à l’Argentine.

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Mais il nous reste une dernière étape à passer avant d’atteindre le Chili, la traversée du tunnel « Del Cristo Redentor » qui sépare les deux pays. Le tunnel est interdit au vélo, mais pas de soucis, les douaniers argentins ont tout prévu et se chargent de faire passer les cyclistes à bord de leur fourgonnette. Ni une, ni deux, on embarque Flocon et Florence à l’arrière, et c’est parti.

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Et nous voilà côté chilien, à 3185 mètres d’altitude.

Qui aurait cru qu’on arriverait jusque là à vélo en nous voyant partir de l’Atomium à Bruxelles 9 mois plus tôt ? Pas nous en tout cas, et pourtant, nous y voilà ! C’est sûr que c’était pas de la tarte à la crème de pédaler jusqu’ici et on vous avoue qu’on n’est pas peu fier d’y être arrivé.

Voici qui clôture notre ascension des Andes. Rendez-vous pour le chapitre suivant : la descente des Andes !

Argentina nous voilà !

Nous venons de quitter Montevideo en bateau, direction Buenos Aires.

Une fois débarqués, nous sommes accueillis par Arturo (le cousin d’une amie de la sœur de Florence). Il est cubain, mais il s’est établi à Buenos Aires depuis plusieurs années. Comme il vit la plupart du temps chez sa copine, il nous a gentiment proposé de loger dans son appartement. Arturo travaille juste à côté du port, et nous le retrouvons à peine descendus du bateau. Nous déposons nos affaires et notre Flocon à son bureau, puis partons nous balader en attendant qu’il termine sa journée de boulot. Pour rappel, nous venons de passer une nuit blanche à faire les imbéciles sur Jingle Bells, suivie de 30 km de vélo au pas de course, d’une traversée en bateau agitée et du passage obligé aux douanes Uruguayenne et Argentine. Il est maintenant 14h, et nous sommes condamnés à errer dans Buenos Aires jusqu’à 18h, alors qu’on ne rêve que d’une chose: DORMIR! Comme nos corps n’acceptent plus la position verticale, nous trouvons un banc où nous horizontaliser. On tombe alors en admiration devant les arbres vue d’en dessous, sans doute le manque de sommeil qui nous tourne la tête. Ça nous donne l’idée d’un nouveau concept: les photos verticales! On prend nos premiers clichés verticaux, puis on s’endort comme des masses sur notre banc.

Après notre petite sieste, on trouve l’énergie pour aller faire un tour dans la Réserve Écologique de la Costanera Sur située juste à côté. On est très agréablement surpris de trouver une telle réserve écologique en plein milieu de cette mégapole de 17 millions d’habitants. Quelques minutes plus tôt, nous étions en plein quartier des affaires, et nous voilà maintenant en pleine nature, le contraste est saisissant!

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La réserve s’étend sur 350 hectares, et on peut y observer plus de 250 espèces d’oiseaux, 50 de papillons, 23 de reptiles, 10 de mammifères, mais également des amphibiens et d’autres encore. Ça fait plaisir à voir! Malheureusement nous n’avons pas le temps de parcourir les 350 hectares car il est déjà l’heure de retrouver Arturo à la sortie de son travail. Arturo est un citadin responsable, qui ne se déplace pratiquement qu’à vélo. Nous montons donc tous en selle, puis nous le suivons sur les 6 kilomètres à parcourir pour rejoindre son appartement, et tout ça en pleine heure de pointe, dans l’une des plus grosses mégapoles du monde. Mais rien ne nous arrête, et nous nous fondons dans la masse d’automobilistes incognito, ou presque…

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Une fois arrivés à destination, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, car il nous faut maintenant désassembler Flocon afin de pouvoir l’acheminer au 4ème étage via une cage d’escalier étriquée qui n’a visiblement pas été conçue pour y faire passer un Azub Twin. Une fois le transfert de tout notre barda terminé, Arturo nous donne les clés de son appart’, puis nous laisse en nous donnant rdv le lendemain matin pour une visite guidée de la ville. Cette folle journée se termine enfin, nous nous écroulons dans le lit, incapables de faire quoi que ce soit de plus aujourd’hui.

Le lendemain matin comme prévu, nous retrouvons Arturo qui a gentiment proposé de nous faire visiter la ville, vu que c’est le weekend et qu’il ne travaille pas. Quelle chance! Et nous voilà partis tous les trois, à travers les rues de Buenos Aires…

Toujours dans notre récent délire de photos verticales, voici un autre cliché intéressant…

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Nous découvrons l’architecture de la ville, et nous promenons à travers différents parcs.

Nous passons l’après-midi au Bosques de Palermo, le « Central Park » de Buenos Aires. Tout le monde s’y retrouve le weekend pour se balader, faire du sport, pique-niquer, etc.

Même la famille superman est de la partie!

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Nous terminons tranquillement notre journée au marché aux livres.

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Le lendemain matin, on retrouve à nouveau Arturo pour aller découvrir le quartier de la Boca cette fois. On commence par la fameuse rue Caminito (« petit chemin » en espagnol). Cet endroit haut en couleur (et c’est le moins qu’on puisse dire) serait le premier musée piétonnier à ciel ouvert au monde. En réalité c’est une reproduction grandeur nature des vieux bâtiments multicolores de cet ancien quartier portuaire.

Etant l’un des berceaux du tango, Caminito regorge de danseurs rendant hommage à cette danse mythique.

On quitte le Caminito pour nous enfoncer un peu plus dans le quartier populaire de la Boca.

On débouche tout naturellement sur le stade du célèbre club de foot argentin « Atletico Boca Juniors ».

On termine notre journée à la fameuse « Plaza de Mayo », où nous nous perdons dans une brocante.

Nous profitons également de notre séjour à Buenos Aires pour y retrouver Thomas, le neveu de Michel (le compagnon de la grand-mère de Florence). Que le monde est petit… Il fait des études de stylisme et est installé à Buenos Aires depuis plusieurs mois. Nous nous retrouvons à deux reprises et passons à chaque fois une très bonne soirée tous les trois.

Au milieu de tout ça, il y a Noël, que nous passons à nous deux autour d’un plateau de sushis. Nous restons finalement 10 jours à Buenos Aires, cette ville riche en histoire et en culture qu’il est difficile de quitter.

Mais il est temps maintenant pour nous de reprendre notre route. Et c’est parti pour la Translatina…

Une fois sortis de Buenos Aires et du trafic qui va avec, nous faisons une première escale à Paso del Rey, chez Adrian, un Warmshowers. Il nous invite dans sa « Bicicleta Cueva » comme il l’appelle. Un endroit très intéressant…

Nous passons une super soirée avec Adrian, et le lendemain matin il décide de nous accompagner sur une trentaine de kilomètres. Trop sympa !

En chemin, on croise deux autres cyclistes argentins. On profite de cette rencontre pour faire une petite pause.

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On termine notre journée dans un petit village, et on établit notre bivouac au camping. On y rencontre le chien errant du coin, avec lequel on sympathise très vite.

Le camping est plutôt sympa, en bord de rivière, et comme nous sommes déjà le 30 décembre, on décide de rester là pour le réveillon.

Et pour fêter ça, on trouve des jarrets de veau à la boucherie du coin, et Florence nous cuisine, avec les moyens du bord, un bon Osso Bucco comme on les aime.

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Nous sommes entourés par un groupe de scouts chiliens et quelques familles venues réveillonner au camping. Et ici ils adorent les pétards et les feux d’artifice. Si bien qu’à partir de 23h, les gamins n’en peuvent plus d’attendre et commencent déjà à faire sauter quelques pétards ici et là. Et ça continue comme ça jusqu’à 4h du mat’. Au moment d’aller nous coucher, nous découvrons, stupéfaits, que notre copain le chien est dans notre tente.

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Le pauvre a la trouille des pétards. On essaye de le faire sortir, mais son regard triste de chien battu nous fait craquer, et il gagne le droit de dormir dans la partie avant de notre tente. Vous auriez du voir son air soulagé et heureux quand il a compris qu’il avait le droit de rester. On arrive plus ou moins à fermer l’œil entre deux feux d’artifice, et on croise les doigts toute la nuit pour qu’y en ait pas un qui nous explose dessus. En conclusion, ce fut un début de nouvelle année explosif!!!

On passe le premier jour de l’année 2016 à nous reposer. Le lendemain, une photo souvenir avec les scouts chiliens s’impose avant de reprendre notre route.

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On commence à pédaler tranquillement sur la nationale 8, et au fur et à mesure qu’on avance, on croise de plus en plus de gens en train de pique-niquer sur le bord de la route. On trouve ça bizarre mais on se dit que ça doit être une pratique du coin. Du coup notre route est rythmée par les cris et les applaudissements d’encouragement des pique-niqueurs. On est boosté tous les 100 mètres, et les kilomètres défilent à grande vitesse.

Après une heure de pédalage, on commence à se faire doubler par une, puis deux, puis trois motocross de compét’. Au bout de la dixième qui nous dépasse, on commence à se dire qu’il doit y avoir une course qui s’organise dans le coin. Puis de fil en aiguille, il y a de plus en plus de monde sur le bord de la route. Et de plus en plus de moto qui passent. Intrigués, on demande à un badot ce qu’il se passe. Et, à notre grande surprise, c’est en fait le Paris-Dakar qui nous double depuis tout à l’heure, rien que ça!!! Les participants sont en train de rejoindre Rosario (à environ 200 km de là) où le grand départ de cette édition 2016 aura lieu. Du coup, on fait comme tout le monde, on se pose sur le bord de la route pour pique-niquer et on regarde les coureurs du Dakar 2016 passer…

Puis on reprend la route, et ce sont maintenant les voitures du Dakar qui nous doublent !!! Encore plus impressionnant quand elles passent juste à côté de nous.

Il y a même certains coureurs qui nous klaxonnent et nous saluent lorsqu’ils nous dépassent. Et les supporters nous encouragent tout autant. Du coup, on sait plus trop si c’est eux ou nous les stars du jour. Mais comme on est sympa, on accepte de partager un peu de notre notoriété mondiale avec les participants du Dakar. Entre aventuriers de la route, c’est bien normal !

En fin d’après-midi, nous quittons la route 8 et nos collègues du Dakar pour faire étape dans un camping, le temps que nos chevilles dégonflent.

Le lendemain matin c’est reparti, mais cette fois-ci sans le Dakar. On passe une petite journée tranquille, beaucoup moins agitée que la veille. Nos supporters nous manquent. On débarque en fin de journée dans un petit bled nommé Capitan Sarmiento. On trouve une petite pousada aux allures campagnardes tenue par une charmante famille.

Au petit matin, nous nous réveillons en apprenant une triste nouvelle. Corinne, la belle-mère de Florent, est décédée cette nuit des suites des complications d’un cancer. Nous mettons notre voyage entre parenthèse et décidons de rentrer deux semaines en France pour soutenir le père, le frère et la sœur de Florent.

De retour en Argentine, nous retrouvons notre vélo ainsi que Négro (le chien de la pousada) fidèle au poste!

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On retrouve tout doucement notre train train quotidien.

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En prévision de l’ascension des Andes, on décide de changer notre pignon arrière afin de « faciliter » la grimpette.

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Mais impossible de détacher notre pignon actuel. Il nous faudrait un outil spécial, que nous n’avons pas. On se rend à la bicicleteria du coin, mais ils n’ont pas non plus l’outil qu’il nous faut. Ne voyant pas d’autre solution, le patron du magasin de vélo décide de fabriquer lui-même le fameux outil pour l’occasion. Génial!

Voici le résultat…

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Et tous ces efforts ont été récompensés, car grâce à l’outil miracle, il n’a fallu qu’un tour de poignet pour détacher ce satané pignon !

Et voici les grands vainqueurs du jour, super fiers de leur nouvel outil fabriqué maison.

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Nous voilà maintenant avec un pignon tout neuf. Et pour fêter ça, rien de tel qu’un petit tour en Azub Twin !

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Heureux de cette rencontre inopinée, le patron du magasin nous invite à manger les meilleures empanadas du coin avec sa femme. On passe une super soirée tous les quatre.

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Maintenant qu’on est équipé pour la grimpette, il est temps de reprendre notre route.

Pour rattraper notre retard, on triche un peu et on décide de prendre un bus jusqu’à Mendoza, au pied des Andes.

Après un désassemblage et emballage express du vélo, on charge le tout dans la titine du gérant de la pousada. Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire rentrer un Azub Twin et tout notre brol dans cette petite titine ?

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Une dernière photo avec notre hôte et notre fidèle Negro avant de monter en voiture direction la station de bus.

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Et nous voilà, attendant le bus, avec tout notre attirail. Haaaaa ça, ils sont toujours super contents de nous voir les chauffeurs de bus. Des gens qui voyagent léger comme nous, c’est toujours un plaisir!

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A l’arrivée du bus, on passe en mode « Tetris » pour caser tout ça dans la soute. Le chauffeur nous assigne nos places, et v’la t’y pas qu’on est au 1er étage tout à l’avant du bus. Nickel ! Comme ça, même si on ne fait finalement pas cette route à vélo, on profite quand même pleinement du paysage ! Et c’est parti pour 15 longues heures de bus jusqu’à Mendoza. Ça nous laisse du temps pour méditer et nous préparer psychologiquement à affronter les Andes !

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Tranquilo y feliz…

Nous quittons Punta del Diablo, direction Cabo Polonio, situé 62 km plus loin. La route est calme, et nous retrouvons nos prés et nos vaches habituels.

Cabo Polonio est un petit village de pêcheurs situé dans l’une des zones les plus sauvages de la côte uruguayenne, à savoir le Parc National de Cabo Polonio. Le territoire qui constitue le parc national se distingue par sa grande diversité de milieux naturels: collines et plaines côtières, forêt indigène et immenses dunes de sable. Mais ce n’est pas tout, car Cabo Polonio abrite notamment l’une des plus grandes colonies de lions de mer d’Amérique du Sud et il est également fréquent d’y voir des baleines ou encore des dauphins. Situé à environ 7 km de la nationale 10, il n’existe pas de route pour accéder à ce hameau d’à peine 100 habitants. Coupé du monde extérieur, il n’y a pas d’électricité, ni d’eau courante dans le village. Seul le phare est raccordé au réseau national. L’énergie éolienne, quelques générateurs et l’eau de pluie sont utilisés pour alimenter les quelques centaines de maisons. C’est un endroit sans pareil… Une île perdue entre l’océan Atlantique et une mer de sable. Pour protéger cet endroit et son écosystème unique, le Ministère de l’Environnement limite la quantité de résidents et de touristes. Pour rejoindre le village, il faut monter à bord d’un gros camion 4×4 du Parc National, unique véhicule autorisé à circuler dans la zone.

Nous avons prévu de passer deux nuits au village, et on ne sait pas trop à quoi s’attendre…

Une fois arrivés à l’entrée du Parc National, nous nous arrangeons avec le staff pour stocker Flocon en sécurité, puis nous attendons sagement le départ du dernier camion de la journée.

Et c’est parti pour 20 minutes de tape-cul à travers la forêt, la mer de sable et le littoral sauvage. On ne profite pas beaucoup du trajet vu qu’il fait déjà nuit, mais on découvrira tout ça au retour dans deux jours.

Une fois sur place, on ne peut que être conquis par cet endroit singulier. Sans rue, ni règle, le village est un harmonieux mélange de cabanes et de maisons toutes plus charmantes et pittoresques les unes que les autres. Il y règne une ambiance hors du temps. C’est indescriptible.

C’est encore plus magique vu du phare…

Et alors qu’on est déjà complétement sous le charme de ce lieu hors norme, à seulement quelques pas des habitations, on retrouve cette immense colonie de lions de mer. Pas un brin perturbées par notre présence, on peut observer inlassablement ces grosses otaries bronzer paisiblement au soleil.

En fin de journée nous rencontrons un couple de voyageurs québécois avec lesquels nous passons une soirée folklorique.

Le lendemain, c’est donc un peu rémanents que nous quittons le village et reprenons notre route. On n’a pas les yeux tout à fait en face des trous, mais heureusement pour nous, la route est ultra rectiligne. Ça nous permet de passer en mode automatique, pour décuver tranquillement.

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En milieu de journée, on se fait rattraper par nos deux québécois en voiture, qui ont pu décuver tranquillement dans leur lit eux! Une photo souvenir s’impose.

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On termine la journée dans un village bien ordinaire comparé à notre dernière escale, où nous trouvons un camping pour la nuit.

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Le lendemain, on pédale en direction de Rocha. Pas de chance, on a le vent en plein dans notre gueule. Et pour couronner le tout, notre pneu avant décide de rendre l’âme. Après 4600 km parcourus à vélo, on se doutait bien que ça allait bientôt arriver. Heureusement, on a un pneu de rechange acheté à Sao Paulo en prévision. Et en deux temps trois mouvements, Flo le mécano nous change tout ça.

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Malgré tous ces contretemps, nous voilà finalement à Rocha, capitale du département du même nom. A notre arrivée, il fait un temps dégueulasse, et la météo nous annonce de l’orage toute la journée du lendemain. Courageux mais pas téméraires, on décide de prendre un jour de pause à Rocha le temps que la pluie passe. Ça nous donne l’occasion de retrouver la civilisation et les petits plaisirs qui vont avec… Direction le supermarché pour faire le plein de bonnes choses. Et il faut dire que les supermarchés uruguayens proposent des produits pour le moins étonnants comme ce combiné frittes-hamburger trouvé au rayon frais.

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Vraisemblablement emballé il y a quelques heures, voire quelques jours, nous ne sommes pas franchement convaincus par la qualité gustative de ce produit. Nous optons donc pour un poulet de la rôtisserie d’à coté.

Une fois la pluie passée et nos gambettes reposées, nous quittons Rocha. Le ciel bleu est bien au rendez-vous, mais malheureusement pour nous, le vent a lui aussi décidé d’être de la partie. On décide de bifurquer pour rejoindre la côte, et le vent de face se transforme en vent de côté, tout aussi désagréable.

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Mais on a le paysage qui compense, alors on en profite.

On est au milieu de nulle part, et il n’y a pas beaucoup d’âmes qui vivent dans le coin. Peu avant la tombée de la nuit, on croise finalement un fermier qui accepte que l’on campe devant sa maison. Il nous laisse l’accès à sa salle de bain, et nous propose du bon lait chaud fraîchement tiré de ses vaches.

On profite du coucher de soleil, et au dodo!

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Au petit matin, nous remercions et saluons notre copain fermier et son collègue.

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Puis on se remet en piste, toujours en longeant la côte sur notre petite route déserte.

Après quelques heures de pédalage, on débouche sur un spot de kitesurf. Incroyable! C’est l’occasion de faire une petite pause pour admirer les vrais sportifs à l’oeuvre.

Finie la campagne, le paysage s’urbanise au fil des kilomètres. Nous approchons de Punta del Este, autrement appelée le Los Angeles, ou encore le Saint Tropez de l’Amérique du Sud. On décide de s’arrêter juste avant, dans la petite ville de La Barra où nous passons deux nuits.

Le lendemain, nous prenons le fameux pont à deux bosses de La Barra, passage obligé pour rejoindre Punta del Este. On profite au passage des derniers paysages peu urbanisés.

Après quelques coups de pédale, nous apercevons les gratte-ciels qui ne sont plus très loin.

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On longe la plage jusqu’à la célèbre « Main » de Punta del Este. Celle-ci marque la limite entre le Rio de la Plata et l’océan Atlantique. Cette sculpture, représentant la main d’un homme en train de se noyer, est un avertissement pour les nageurs sur le danger des vagues et du courant violent de l’océan Atlantique. C’est certe un peu glauque, mais ça a le mérite d’être dissuasif.

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On continue à pédaler tranquillement, entre les buildings et la mer.

C’est à ce moment-là qu’on tombe sur trois cyclovoyageurs, deux argentins et un français. Ils se sont rencontrés il y a quelques jours, et ont décidé de faire un bout de route ensemble. Le français parcours le monde à vélo depuis maintenant 3 ans. Son périple se terminera à Rio de Janeiro. Les deux argentins voyagent ensemble en direction du Brésil. L’un des deux voyage avec sa chienne qu’il transporte dans une charrette. On se pose sur la pelouse, et on commence à échanger sur nos différents voyages. Après quelques minutes, nous sommes rejoints par deux cyclovoyageurs brésiliens, décidément, c’est un vrai carrefour à cyclistes ici! On forme une sacrée troupe maintenant.

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Les deux brésiliens sont sérieux et tracent leur route, tandis que nous restons tous les 5 à papoter sans voir le temps passer. Et l’heure a tellement tourné qu’il est trop tard pour reprendre nos routes respectives. Il va falloir qu’on trouve de quoi se loger à Punta del Este, ville la plus chère d’Amérique du Sud. C’est pas gagné! On commence à pédaler en direction de la caserne des pompiers, en espérant qu’ils aient suffisamment de place pour nous tous. C’est là qu’une averse nous tombe dessus, et que Flocon crève un pneu.

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Pendant qu’on répare notre crevaison, nos trois nouveaux camarades vont se renseigner chez les pompiers. Ils ne peuvent pas nous héberger, mais il y a un centre sportif juste derrière qui accepte qu’on loge dans les vestiaires. Nickel! Sauf que quand ils ont vu que nous avions un chien avec nous, ils n’ont plus été d’accord. Zut!

Avec tout ça il fait nuit, et on n’a toujours aucun endroit où dormir. On croise finalement une personne qui nous dit qu’il y a un parc public pas très loin, et qu’on pourra certainement y camper pour la nuit. Arrivés sur place, le gardien du parc nous dit qu’il est interdit par la loi d’y camper, mais que par contre, juste derrière, se trouve un espace vert qui n’est plus dans les limites du parc et où il ne voit pas d’inconvénient à ce que l’on plante la tente. Ça nous va! L’espace vert se trouve en réalité derrière un grand supermarché. On installe notre campement dans le noir comme on peut. Il est maintenant 22h, et il est temps de sortir nos popotes respectives parce qu’il commence à faire faim. C’est à ce moment-là que les managers du supermarché ont débarqué. Nous sommes sur leur propriété privée et ils nous prient de quitter les lieux sur le champ. Aie Aie Aie!!! Après une discussion interminable, ils nous disent qu’il y a une mince parcelle 10 mètres plus loin qui n’appartient ni au supermarché, ni au parc, où ils acceptent qu’on campe. C’est complètement débile, mais nous suivons les règles et déplaçons notre campement 10 mètres plus loin.

A 3 heures du matin, nous sommes gentiment réveillés par la police uruguayenne. Ils sont courtois (véritablement), et nous demandent nos papiers d’identité. C’est la sécurité du supermarché qui les a appelés. Nous leur expliquons que nous nous sommes mis d’accord avec le manager, et qu’il est au courant. Après vérification, les policiers s’excusent du dérangement et repartent. Le manager avait apparemment oublié de prévenir ses agents de sécu. C’est donc après une courte nuit plutôt agitée que nous nous réveillons.

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On remballe notre campement,  puis on squatte des tables de picnic derrière notre cher supermarché le temps de manger un bout ensemble.

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Une fois le plein d’énergie fait, il est temps de dire au revoir à nos amis à pédales, avant de reprendre notre route.

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Après de longs kilomètres, nous sortons enfin de Punta del Este. On croise une plateforme sur la plage dédiée à l’observation du paysage et des baleines. C’est plus trop la saison des baleines, mais on y grimpe quand même pour profiter de la vue.

Quelques coups de pédale plus loin, la route nous fait grimper en haut d’une colline. Là encore, on repose nos gambettes en profitant du panorama

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Se succèdent ensuite plein de petits villages balnéaires. En fin de journée, on s’arrête dans l’un d’entre eux pour chercher un endroit où dormir. Les 3/4 du village se compose en fait de maisons de vacances complètement vides hors saison. On rencontre finalement un gars en train de tondre sa pelouse. On l’aborde et on lui demande gentiment si on peut planter notre tente sur son gazon fraîchement tondu. Il s’appelle Agustin, il est colombien, et on comprend alors que ce gazon n’est pas le sien, et qu’il s’occupe en réalité de l’entretien des jardins pour plusieurs maisons du village. Mais pas de tracas, sa maison ne se trouve pas très loin et il veut bien qu’on campe dans son jardin pour la nuit. Génial! En attendant qu’il termine son travail, il nous indique comment rejoindre sa maison et nous dit d’expliquer la situation à sa femme une fois sur place. On s’exécute. Une fois chez lui, nous rencontrons sa femme, Isabel, un peu surprise de voir débarquer deux cyclovoyageurs en tandem dans son jardin. Mais malgré tout, elle nous accueille très chaleureusement, puis nous montre où planter notre tente et nous propose d’utiliser leur salle de bain.

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Notre campement installé et une bonne douche plus tard, nous retrouvons Agustin rentré du travail. Il nous tire une rallonge jusque dans notre tente pour qu’on puisse charger nos appareils pendant la nuit. Décidément, c’est mieux qu’au camping ici!

Le lendemain matin, nous saluons nos nouveaux amis colombiens, avant de reprendre notre route.

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On commence la journée par un peu de route nationale. On profite d’un coin à l’ombre pour faire notre pause déjeuner.

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Puis on rejoint une petite route en bord de plage, où il fait bon de pédaler.

Cette petite route nous mènera jusqu’à Piriapolis, autre grande ville de la côte uruguayenne, mais beaucoup moins huppée que Punta del Este. Mais malgré tout, les prix des logements restent très élevés, si bien que nous ne trouvons aucun hôtel à moins de 50 $US la chambre. Un peu dépités, nous décidons de continuer notre route en espérant trouver un endroit où planter notre tente ou bien un hotel moins cher en dehors de la ville. Juste après être sortis de la ville, nous croisons un dernier hôtel, le Playa Grande. Malgré ses allures de palace, on décide quand même d’aller demander le prix, qui ne tente rien n’a rien. Arrivés à la réception, nos regards se posent sur un panneau affichant les prix des chambres. La chambre la moins chère est indiquée à 140 $US la nuit. Aie Aie Aie, c’est pas pour nous ici. La manager, intriguée par notre vélo, viens voir si elle peut nous aider, et nous lui demandons alors (sans trop d’espoir) si elle n’aurait pas une chambre plus économique. Elle nous propose alors une chambre à 60 $US la nuit. On la remercie pour son geste, mais on lui explique que c’est malheureusement toujours au-dessus de notre budget. Elle nous demande alors à combien s’élève notre budget maximum pour une nuit. Vu la situation, nous lui disons 30 $US, sans croire un seul instant qu’elle puisse accepter. Et bien pour le coup, on est tombé sur la manager d’hôtel la plus sympa du monde, car non seulement elle a accepté de nous faire la chambre à seulement 30 $US, mais en plus, elle nous a mis dans l’une des plus belles chambres avec vue mer. Une situation vraiment hors du commun, on pensait pas que ça puisse être possible une chance pareille.

Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé à dormir dans un hôtel de luxe pour seulement 30 $US. Du coup, on profite de la vue et on se repose.

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Comme on est claqué et qu’on s’y sent bien dans notre petit palace, on décide de rester une nuit de plus, ce qui nous permet de faire le tour des environs. Notre petit tour nous amène jusqu’au port de Piriapolis, où nous découvrons, à notre grande surprise et complètement par hasard, q’une lionne de mer et ses deux petits y ont élu domicile. Nous restons un bon moment là, profitant de la chance de pouvoir observer ces mammifères marins d’aussi près.

Notre journée se termine par une petite balade en bord de mer.

Il est maintenant temps de dire au revoir au Playa Grande et à notre manager préférée!

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Nous pédalons en direction de Ciudad de la Costa, petite station balnéaire à une vingtaine de kilomètres avant Montevideo. Nous prenons des petits chemins parallèles autant que possible, ce qui nous permet de dire bonjour à nos amis les chevaux et de profiter du paysage.

Arrivés à destination, nous sommes attendus par Lilian, qui loue une petite maison attenante à la sienne sur Airbnb. Elle est super sympa et nous fait un prix d’ami à seulement 15€ la nuit. Ben à ce prix là on a de nouveau craqué et on est finalement resté deux semaines. Le temps de se poser un peu, d’écrire de nouveaux articles et de publier de nouvelles photos.

Pendant ces deux semaines, nous avons eu l’occasion de visiter Montevideo où nous avons notamment participé à l’un des événements mensuels de la « Masa Critica ». Pour les non initiés, les « masses critiques » sont des manifestations en faveur des transports non motorisés. Ces manifestations sont organisées simultanément chaque dernier vendredi du mois dans plus de 300 villes à travers le monde! Le concept est simple, tous les véhicules non motorisés (vélos, rollers, skateboards, etc.) sont invités à prendre part à un grand cortège à travers la ville. Pour ceux qui aimeraient en savoir plus sur ce mouvement social, Wikipedia est votre ami par ici. Et n’hésitez pas à vous renseigner, il y a certainement une « masse critique » qui s’organise dans votre ville tous les mois, comme par exemple à Bruxelles, où vous pouvez en savoir plus en cliquant ici. Et ça tombe bien parce qu’il y a justement une « Masa Critica » qui s’organise à Montevideo, du coup, on en profite pour se joindre au mouvement. Et comme nous sommes à seulement dix jours de Noël, on décide de déjà se mettre dans le thème avec nos chapeaux de père noël.

Nous avons également réalisé une ch’tite vidéo que vous pouvez visionner en cliquant ici.

Sur la route du retour jusqu’à Ciudad de la Costa, on fait une petite pause pour profiter du soleil qui se couche sur Montevideo.

Durant notre séjour chez Lilian, on a aussi réfléchi à ce qu’on pourrait faire pour vous souhaiter un Joyeux Noël. C’est comme ça qu’on s’est retrouvé la veille de notre départ pour Buenos Aires, aux alentours de 19h, à nous lancer dans la réalisation d’une vidéo de Noël avec comme Guest Star notre chère Chippie.

Comme on n’est pas des grands réalisateurs, et qu’on n’avait pas vraiment préparé ni de scénario, ni de dialogue, notre petite séance de tournage nous a finalement pris toute la nuit. Si bien qu’on a terminé la dernière scène à 7h du mat’. On vous dit pas comme on était frais à cette heure-là. Puis après une nuit blanche intensive, on peut vous dire que la qualité de nos improvisations est allée decrescendo. Vous trouverez la vidéo en cliquant ici.

Après ces 12 heures de tournage sans dormir, on a du remballer toutes nos affaires puis pédaler 30 km pour rejoindre le port de Montevideo, où nous attend le bateau pour Buenos Aires. Celui-ci part à 11h et nous sommes tenus d’y être une heure avant le départ. Vu qu’on est finalement parti de chez Lilian qu’à 8h, ça fait qu’il nous reste seulement deux heures pour parcourir les 30 km, et tout ça avec la tête dans le cul. On a mis les bouchées doubles en priant pour qu’on ne crève pas un pneu, et on est finalement arrivé juste dans les temps pour embarquer notre flocon sur le bateau.

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Une fois à bord, ils ont distribué à tous les passagers des petits chaussons pour ne pas abîmer la belle moquette toute neuve. On n’a pas très bien compris le concept d’avoir une belle moquette si on ne peut pas marcher dessus, mais bon…

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Maintenant qu’on est dans nos petits souliers, on peut enfin relâcher la pression, et c’est parti pour deux heures de sieste jusqu’à Buenos Aires qui ne seront pas de refus!

Voilà qui clôture nos aventures uruguayennes.

Adiós Uruguay ! Argentina nous voilà !

Dans les griffes du diable

Nous voilà enfin arrivés à Chui ! Première ville qu’on croise en 250 kilomètres, ça fait du bien. Nous avons officiellement quitté le Brésil, mais nous ne sommes pas encore tout à fait en Uruguay. C’est un peu le vortex ici. Autant vous dire qu’on est nulle part, dans tous les sens du terme.

Après une petite heure de recherche et de déambulation dans la ville, on trouve une charmante pousada tenue par deux petits vieux. On prend alors nos plus beaux airs de chiens battus, et on entame la négociation du prix de la chambre… Mais Pépé et Mémé sont durs en affaires, et ne lâchent rien. Mais on a tenu bon, et face à nos airs de petits chats noyés, ils ont finalement cédé… Enfin, on va plutôt dire qu’on a trouvé un compromis. Parce que ce qu’ils nous avaient pas dit les p’tits vieux, c’est qu’ils ont une « habitacion economica » cachée derrière leur hôtel. Bon, pour le coup, la chambre n’a pas de fenêtre et donne sur le garage, mais l’important c’est de trouver un endroit pour pioncer et de rentrer dans nos frais, donc on s’en fou.

On part ensuite à la découverte de la ville. Celle-ci est traversée par une grand avenue, d’un coté le Brésil, et de l’autre l’Uruguay.

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C’est à ce moment là qu’on a commencé à parler Portugnol. Et ça fonctionne pas mal, vu que les gens nous comprennent très bien de chaque côté de l’avenue. Enfin, y’a aussi une théorie comme quoi personne comprend rien à ce qu’on raconte en Portugnol et qu’ils font juste semblant pour pas nous vexer. C’est peut être pour ça qu’on s’est retrouvé avec de l’intestin grêle grillé (chinchulin) alors qu’on pensait avoir commandé des chipolatas. En même temps, les chipolatas, c’est quand même de l’intestin grêle fourré à la chair à saucisse, donc on n’était pas complètement à côté de la plaque… il manquait juste la chair à saucisse.

Histoire de parfaire notre Portugnol, on a tourbillonné trois jours dans le vortex. Après quoi nous sommes officiellement rentrés en Uruguay !

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Prochain point de chute : Punta del Diablo ! Sur la route, on croise un panneau de signalisation plutôt intriguant…

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Pour ceux qui ne seraient pas polyglottes comme nous autres, voici la traduction : « A 200m, piste d’atterrissage d’urgence, interdiction de s’arrêter ».

Et 200 mètres plus loin, v’là t’y pas que la route se transforme effectivement en piste d’atterrissage.

Vu que notre Flocon c’est un peu un ORNI (Objet Roulant Non Identifié), on se dit que ça devrait pas trop nous poser de problème. Mais dans le doute, on a quand même mis le turbo en scrutant le ciel. Ben oui, c’est qu’on les connait pas encore très bien les Uruguayens, et on sait pas trop comment ça fonctionne chez eux. P’têt’ bien que les avions atterrissent sur les routes par ici. Heureusement, y’a pas eu d’urgence ce jour là, et on est passé incognito presto.

Quelques kilomètres plus loin, une route parallèle s’offre à nous. Comme on croit que le hasard fait bien les choses, et surtout parce qu’on est des aventuriers qu’ont peur de rien, on décide de quitter la route principale et de suivre ce chemin de traverse.

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Cette petite route nous entraîne en fait dans le Parc National de Santa Teresa. Nous débouchons alors sur le Fort de Santa Teresa, construit par les Portugais en 1762.

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Après ce petit cours d’histoire, nous continuons notre chemin à travers le parc pour passer à la zoologie. On se retrouve en effet au beau milieu d’un mini zoo… rien de tel pour nous replonger dans nos années lagomorphes. On décide de faire une petite pause pour aller dire bonjour à nos amis les bêtes.

Une fois le safari terminé, on enchaîne les kilomètres sur les petits chemins du Parc National qui nous amènent jusqu’à Punta del Diablo. Là-bas, nous retrouvons Marcos qui loue des petites casitas tout confort pour seulement 80€ la semaine !!!! Ben à ce prix là on a craqué, et on est finalement resté deux semaines. :)

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Bon faut dire qu’il y a plusieurs éléments réunis qui font qu’on a eu du mal à quitter Punta Del Diablo.

Tout d’abord, cela fait bien longtemps qu’on n’a pas eu la sensation d’avoir notre petit « chez nous ». Et on s’y sent tellement bien dans notre petite casita! Avec notre petite cuisine pour préparer des bons petits plats, et pour nous faire des bons p’tit déj’ comme à la maison…

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Puis là on a rencontré nos voisins… Jordan et Julie, un couple de français faisant un roadtrip de 6 mois en Amérique du Sud. Ils louent la casita jumelle à côté de la nôtre. Et il faut dire qu’on s’est très vite bien entendu tous les 4. Du coup, en plus d’avoir notre petite maison sympa, ben on a les voisins sympas qui vont avec. Du coup, on organise des BBQ entre copains, on saque des pintes comme au bon vieux temps, et puis on se retrouve le lendemain avec la gueule de bois pour taper les cartes… Tout ça nous a permis, le temps de deux semaines, de retrouver les joies d’une vie sociale.

En plus de ça, on s’est fait copains avec tous les chiens du quartier.

Surtout Poupette, qui n’appartient plus ou moins à personne. Et comme elle a pas l’électricité à tous les étages et nous non plus, ben le courant est tout de suite passé, et on s’est réciproquement adopté.

Puis finalement, il faut dire que le village de Punta del Diablo a un certain charme. Si bien que très vite, la magie opère, et on se laisse envoûter par le diable. En effet, peuplé de moins de 400 habitants, il y règne une atmosphère ultra décontractée. Les gens y sont chaleureux, leurs maisons sont plus pittoresques les unes que les autres, il y a peu voire quasiment pas de voitures dans les rues, le village est parsemé de dunes et ça sent bon l’air iodé ! C’est bien simple, on pourrait passer des journées entières à s’y balader en se perdant d’un chemin à l’autre.

Pendant ces deux semaines, on a aussi pris le temps de faire un peu de mécanique.

Et bien sûr, nous avons aussi utilisé nos journées pour rédiger une bonne partie des articles relatant nos péripéties brésiliennes.

On profite de notre dernière journée à Punta del Diablo pour retourner faire une balade dans les dunes. Nous nous faisons, comme toujours, plein de nouveaux copains chiens.

Nous rencontrons notamment deux chiennes jumelles que nous baptisons « Suri » & « Cate ».

Après 2 semaines, il est maintenant temps de quitter notre chère casita et tous nos copains chiens pour reprendre la route. On ne vous cache pas que le départ est difficile… telle est la dure vie du voyageur. Mais on n’y peut rien, et comme dit ce cher Victor Hugo, on a beau avoir l’esprit casanier, on garde l’instinct voyageur.

La dernière ligne vraiment droite !

Nous continuons, toujours sur la même route, entourée de prairies, de vaches, et d’haciendas (grandes exploitations agricoles), appelées fazendas au Brésil.

Ce jour-là, on se fait la réflexion qu’on n’a pas encore croisé beaucoup d’autres cyclovoyageurs sur notre chemin. Et v’là-t’y pas que quelques kilomètres plus loin, nous tombons sur un couple d’argentins voyageant à vélo, avec leurs deux chiens !!! Quelle coïncidence ! Comme quoi, il suffisait de demander. Nous passons plus d’une heure ensemble, à discuter et à échanger sur nos voyages respectifs. Malheureusement, nous n’allons pas dans la même direction, et nous sommes bien obligés de nous séparer pour continuer nos chemins. Dommage, nous aurions bien fait un bout de route avec eux ! Pour les intéressés, voici leur blog de voyage.

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Dans la ville suivante, nous tombons sur un magasin spécialisé en bière. Nous n’y résistons pas, et dégustons nostalgiquement une bonne bière belge.

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La même soirée, nous sommes appâtés par une super promo de sushi à volonté. Et quelques minutes plus tard, nous voilà embarqués sur un bateau sushi GIGANTESQUE ! A la limite de l’overdose !

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Le lendemain, nous suivons une route bordée de dunes marécageuses parsemées d’éoliennes.

En fin de journée, alors que nous pédalons tranquillement, une charrette à cheval arrive en face de nous. C’est un moyen de locomotion très utilisé par ici, et nous en croisons fréquemment. Sauf que cette fois-ci, on est tombé sur le cheval le plus trouillard du Brésil, et que notre vélo ne lui a pas du tout inspiré confiance. Si bien qu’il se met à cabrer, puis à galoper tout droit dans le fossé. Et voilà la charrette renversée, le cheval avec les quatre fers en l’air, et surtout le conducteur coincé sous sa charrette. Tout s’est passé très vite, et on a eu une peur bleue !!! Florent se précipite pour aider ce pauvre monsieur. Et heureusement, il va bien. OUF ! On l’aide ensuite à retourner sa charrette, et son cheval, puis nous continuons chacun notre route, encore un peu secoués par ce malencontreux incident. On a eu tellement peur pour cet homme et pour son cheval. Mais heureusement au final, plus de peur que de mal. Mais depuis ce jour-là, on redouble de précautions lorsqu’on croise des cavaliers ou des charrettes à cheval.

Nous terminons notre journée à Cidreira, un petit village en bord de mer. Nous y rencontrons Louisa, qui nous propose de louer un petit appartement pour à peine 10 €. Génial ! Comme on s’y sent bien et qu’on a besoin d’un peu de repos. Nous y passons finalement 2 jours.

Après s’être bien ressourcés, nous nous remettons en selle, à travers les lacs et les marais.

Changement de paysage, nous voilà maintenant au milieu de plantations de pins cultivés pour leur résine.

Puis quelques kilomètres plus loin, nous passons sous un tunnel naturel interminable, surnommé le tunnel vert, un bien bel endroit!

Nous arrivons finalement dans la ville de Palmarès Do Sul, où après négociation, nous trouvons un hôtel abordable. Nous montons sur le toit de l’hôtel pour profiter de la vue et du coucher de soleil.

Un resto du coin nous offre une tonne d’empanadas fraîchement cuites rien que pour nous. Des gens trop sympas !!! On en fait qu’une bouchée pour notre repas du soir. Un vrai délice!

Le lendemain il fait un temps bien dégueulasse comme on les aime. On aurait bien passé notre matinée à faire la grasse mat’ au fond du lit, mais quand faut y aller, faut y aller ! Puis il parait que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Une fois le moral des troupes remonté à bloc, nous commençons à pédaler en essayant de faire abstraction du mauvais temps.

Mais heureusement, Flocon est toujours là pour égayer notre quotidien. Après quelques heures de route, il décide d’animer un peu notre journée, en cassant quelques rayons. Haaaaa rien de tel pour se remettre d’aplomb !

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En fin de journée, nous croisons une route latérale avec un panneau indiquant « Lagoa Azul », autrement dit : Le Lagon Bleu. Nous suivons donc ce chemin, en pensant déboucher sur un magnifique lac couleur azur. Ben en fait pas du tout. Il y a bien un lac, mais pour ce qui est du bleu azur, on a eu beau chercher, on n’a pas trouvé. Puis histoire de compléter ce beau tableau, il se met à pleuvoir des cordes. Nous trouvons finalement une chambre où dormir, à l’arrière d’une petite épicerie.

Le jour suivant, nous roulons toujours au milieu du même décor, à savoir des prairies et des vaches. Mais aujourd’hui, nous avons droit à une petite excentricité, car il y a également des nandous (sorte d’autruches) au milieu des vaches.

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Petit arrêt ravitaillement dans une gargote de camionneurs…

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…avant de terminer notre journée dans la ville de Mostardas, où nous sommes gentiment hébergés chez les pompiers.

Nous passons la soirée avec Fifa, un pompier volontaire, qui nous cuisine du bon poisson qu’il a fraîchement pêché. Un régal !

Au réveil, il fait un temps magnifique. Enfin ! Ça fait du bien ! Les paysages sont tout de suite plus sympathiques sous un ciel bleu.

C’est une journée placée sous le signe des tortues. En effet, il y en a plein dans la région. Mais malheureusement, bon nombre d’entres elles meurent écrasées en tentant de traverser la route. N’écoutant que notre cœur et notre courage, nous n’avons pas hésité un seul instant à nous arrêter en pleine progression pour sauver quelques unes d’entres elles qui se dirigeaient vers une mort certaine…

Vous pouvez remarquer comme elles ont le regard plein de reconnaissance.

Après 80 km parcourus sans croiser âme qui vive (mis à part nos copines les tortues), nous arrivons finalement dans un minuscule village. Nous y trouvons une petite auberge de camionneurs. Et nous voilà devant notre chambre grand luxe, avec terrasse aménagée, s’il vous plait ! Et une fois n’est pas coutume, nous changeons un rayon cassé en fin de journée. Cette nuit-là, on a prié pour que le toit de notre chambre soit suffisamment résistant pour supporter le poids de la citerne d’eau de l’auberge…

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Le lendemain, on reste dans la continuité, et nous pédalons aux côtés des vaches…

Alors que nos estomacs commencent à grogner, nous tombons miraculeusement sur une petite guinguette improbable, au milieu de nulle part. Nous y sommes accueillis par Verhina, grande chanteuse de la région, qui nous prépare un repas simple mais efficace avec ce qu’il reste dans son frigo. C’est à la bonne franquette. Pendant que nous mangeons, Verhina nous raconte en détail sa grande carrière dans la chanson. Nous avons affaire à un sacré personnage.

Quelques kilomètres plus loin, nous sommes accueillis chez Paulo, un ami de Fifa le pompier. Pour le repas, il nous a cuisiné du capybara rôti. Nous demandons alors ce que c’est, et Paulo nous dit qu’il s’agit d’une sorte de cochon sauvage. Et en effet, ça a un peu le goût du porc.

Le jour suivant, nous arrivons en fin de journée à São José do Norte, où nous prenons le bac rejoignant Rio Grande.

Là-bas, nous prenons une journée pour nous reposer dans un petit hôtel, avant d’entamer la traversée du « désert ». En effet, les derniers 250 kilomètres nous séparant de l’Uruguay sont quasiment inhabités. La route traverse la station écologique de Taim, qui est la plus grande réserve biologique du Brésil. C’est en fait une mince bande de terre, coincée entre l’océan Atlantique et le lac Mirim, qui regorge d’animaux sauvages.

Allez, c’est parti ! Nous quittons Rio Grande, et 30 km plus loin, nous croisons un premier panneau indiquant que nous ne sommes plus qu’à 65 km de la réserve, et 221 km de Chui, situé sur la frontière Uruguayenne.

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Mais 6 kilomètres plus loin, nous croisons un nouveau panneau.

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Et là, nous nous rendons compte qu’il y a un truc qui cloche dans leurs calculs… Sur le premier panneau, nous étions à 585 km de Montevideo, et 6 km plus loin, nous ne sommes plus qu’à 555 km de Montevideo. Waouuuh, si ça pouvait tout le temps être comme ça, on avancerait vachement plus vite !!!

Fin de journée, nous arrivons à Taim, dernier petit village avant d’entrer dans la réserve. Là, nous demandons tout d’abord à la station essence s’ils n’ont pas un endroit où nous pourrions dormir ou bien planter notre tente. Le patron n’est pas très commode, et il nous propose de planter la tente sur le béton à côté de la pompe. On lui explique qu’on ne peut pas planter nos piquets dans le béton, et on lui demande si on peut se mettre dans l’herbe derrière le bâtiment. Mais sans comprendre pourquoi, il ne veut pas. Il veut bien qu’on se mette dans l’herbe, mais alors uniquement à l’avant du bâtiment, c’est-à-dire en bord de route.

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Quel charmant personnage… Autant vous dire qu’on n’est pas vraiment emballé par cette idée. On décide alors d’aller faire un tour dans le village, et accostons le premier homme que nous croisons. Et là, coup de chance, il nous invite à dormir chez lui. Il s’appelle Mauricio, et il vit ici avec son père. Ils louent une maison le temps de terminer la construction de la leur un peu plus loin. Ils sont super accueillants, et ils ont une chambre double toute prête à nous accueillir. Que rêver de mieux. En plus, leurs femmes viennent de repartir après avoir passé le weekend avec eux. Du coup, la maison sent bon le propre et le frigo est plein de bons petits plats. Incroyable ! Et dire que 20 minutes plus tôt, notre seule option était de dormir en bord de route à côté d’une pompe à essence. Comme quoi, des fois, la chance nous sourit, et elle nous sourit bien ! Mauricio et son père sont tout simplement ADORABLES. Et ils s’assurent qu’on ne manque de rien. Nous partageons ensemble un délicieux repas, avec en prime du gâteau au chocolat pour le dessert. Quelle belle soirée !

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Au petit matin, nous découvrons une table de petit déjeuner de champions, que le père de Mauricio nous a gentiment préparé. Ces deux hommes sont vraiment merveilleux. Mauricio (qui est un ancien mécano moto) nous propose alors de réparer notre béquille cassée. Décidément, on est vraiment bien tombé…

Un dernier câlin avec le chat de la maison avant de quitter Mauricio et son père, à contre cœur.

Quelques coups de pédale et quelques vaches plus loin, nous voilà arrivés dans la réserve écologique de Taim.

Et les animaux sauvages ne se sont pas fait attendre…

Nous découvrons alors que ces cochons d’inde géants s’appellent des Capybaras. Et là, OH MALHEUR, nous comprenons que c’est ça, l’espèce de cochon sauvage, que nous avons mangé chez Paulo quelques jours plus tôt. Nous poursuivons notre chemin, et pendant de longues heures, nous ne croisons rien ni personne à part nos amis les capybaras. La fatigue et la faim commencent à se faire sentir, et on commence à se dire que c’était pas si mauvais le cochon d’inde rôti au final… En plus, on pédale sous un crachin dégueulasse avec un bon vent en plein dans notre gueule. Que du plaisir ! Mais là, enfin, nous apercevons des signes de vie… une pompe à essence, HALLELUJAH !!! Ouf, la nuit allait bientôt tomber, et on commençait un peu à désespérer.

Le patron de la pompe est cette fois-ci beaucoup plus sympa, et il nous propose de dormir gratuitement dans une chambre désaffectée utilisée autrefois pour loger les employés. Bon, ça ne sent pas la rose, c’est rempli de cafards et autres bestioles rampantes, mais au moins on est au sec et en sécurité. Puis fatigués comme on est, on s’endormira sans problème n’importe où.

Le lendemain, on profite d’une fresque se trouvant le long de la station service pour illustrer notre parcours de Rio de Janeiro à Montevideo…

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Nous sortons de la réserve, et nous sommes maintenant entourés d’Estancias (grandes exploitations agricoles). Autrement dit, c’est surtout des prairies, des vaches, et des champs qui nous entourent. Peu avant que le soleil se couche, nous nous mettons à la recherche d’un endroit où dormir. Nous n’avons pas beaucoup d’autres choix que de demander dans les quelques fermes que nous croisons. Nous terminons finalement dans la Estancia Amelia, où un gaucho (cowboy sudaméricain) accepte que l’on dorme dans un petit local à l’arrière de la grange. Là encore ce n’est pas le grand luxe, mais par contre, le cadre et la vue valent le coup ! Surtout qu’on a droit à un coucher de soleil époustouflant qui a littéralement enflammé le ciel ! Nous nous endormons aux côtés des vaches et des chevaux.

Au petit matin, nous sommes réveillés par les cris des gauchos déjà occupés à rassembler leurs vaches et à dresser leurs chevaux. Nous prenons notre petit déjeuner en profitant du spectacle. Nous disons ensuite au-revoir à notre ami gaucho et à sa famille, avant d’entamer notre dernière journée de vélo au Brésil. Car d’ici quelques heures, nous serons en Uruguay !

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En chemin, nous croisons un chantier d’éoliennes en construction. Impressionnant !

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Et nous voilà, quelques kilomètres avant de passer la douane Brésilienne.

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Et c’est là qu’on a commencé à avoir un bon petit coup de pression. Car pour ceux qui s’en souviennent, nous étions un peu court pour arriver à la frontière avant que notre visa se termine. Et en effet, cela fait maintenant 12 jours que notre visa brésilien a expiré, et que nous vivons dans l’illégalité. Nous ne savons pas trop comment les douaniers vont le prendre. A Florianopolis, la Police Fédérale nous avait dit que nous aurions à payer une taxe par jour dépassé à compter de la date d’expiration de notre visa. On espère que la note ne sera pas trop salée. Arrivés à la frontière, nous donnons nos passeports au douanier en croisant les doigts. Et sur ce coup là, on peut remercier notre Flocon, car les douaniers l’ont adoré, et ils voulaient tous le prendre en photo. Ils nous ont alors fait quelques blagues, puis ils nous ont laissé passer, sans rien nous demander. Trop sympas !

Nous terminons donc notre périple au Brésil dans la joie et la bonne humeur, avant d’entrer dans Chui, ville frontalière entre le Brésil et l’Uruguay ! C’est une sorte de vortex dans lequel nous ne sommes ni au Brésil, ni en Uruguay. Va falloir qu’on prenne garde à ne pas nous faire phagocyter par ce trou noir…

Petite pause au vert

Nous venons de débarquer sur la plage, après avoir quitter Florianopolis en bateau. Il nous faut maintenant rejoindre Garopaba, où des amis de Vinicius et Naiara nous attendent. Ce jour-là, on se rend compte que la béquille est en train de lâcher. Elle est même complètement fendue et ne tient quasi plus au vélo. Nous la détachons et la rangeons. De toute façon elle ne sert plus à rien comme ça. C’est pas très cool, mais on se doutait bien que ça allait arriver tôt ou tard. Ce n’est en tout cas pas ça qui va nous arrêter ! Nous poursuivons tranquillement notre chemin au milieu des vaches et des rizières.

Nous arrivons finalement à Garopaba, où nous sommes accueillis par Marina et Eduardo (les amis de Vinicius et Naiara). Ils vivent dans une maison à la campagne, où il fait bon vivre. Du coup on en profite pour se mettre au vert quelques jours.

Nos hôtes au Brésil 44-54

Et on a bien fait, car il a plu sans s’arrêter pendant deux jours entiers. Il y a d’ailleurs eu de graves inondations un peu plus au sud.

On profite des rares accalmies pour aller voir les toucans qui viennent se percher dans l’arbre derrière leur maison.

Nous passons deux journées paisibles avec Marina et Eduardo. Nous reprenons ensuite notre route vers le sud, malgré un temps toujours pluvieux.

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Sur le coup de midi, nous nous arrêtons dans un restaurant pour routiers. C’est buffet à volonté pour seulement 5€ !!! On ne peut pas passer à côté de ça. Nous prenons une pause et faisons le plein d’énergie.

Une fois les batteries rechargées, nous poursuivons notre route. Un peu plus loin, nous voyons qu’il y a une possibilité de rejoindre la route longeant la plage. Mais nous ne sommes pas sûrs qu’elle soit praticable. Nous demandons donc à un automobiliste passant par là. Ce dernier nous dit qu’il n’y a pas de souci. Le gars a l’air sérieux, donc on lui fait confiance et on y va. Les 5 premiers kilomètres se passent plutôt bien.

Mais ensuite la route devient de plus en plus boueuse. Et certaines parties sont même complètement inondées à cause de la pluie des jours précédents. « Nous transmettons bien sûr nos salutations les plus distinguées à l’imbécile l’automobiliste qui nous a dit que la route était tout à fait praticable ». Des fois on se demande s’ils ne le font pas exprès, pour pouvoir se marrer en nous imaginant ensuite pousser le vélo dans la gadoue. 7 kilomètres de bouillasse nous séparent donc de Laguna, la ville la plus proche. Autant vous dire qu’on a passé de longues heures de plaisir intense, avec un bon vent bien dans notre gueule, accompagné d’un petit crachin bien sûr, sinon c’est pas drôle, et la nuit qui va bientôt tomber. Compte tenu des circonstances, nous n’avons malheureusement pas eu le temps de photographier ce magnifique moment à la limite de la tragédie pathétique.

Nous arrivons finalement à Laguna sains et saufs, mais exténués. Nous y passons la nuit avant d’y prendre le bac le lendemain matin.

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Ce jour-là, le soleil est enfin revenu. On en profite à fond, surtout que la route est vraiment belle, et qu’on a même droit à une piste cyclable toute neuve sur plus de 30 kilomètres. Ça nous change de la veille ! :)

Le lendemain il fait de nouveau gris et nous devons prendre l’autoroute. :(

Mais nous avons une bonne surprise dans l’après-midi, lorsque le patron d’un restaurant nous invite à manger gratuitement dans son resto. BUFFET A VOLONTE pour 0 € !!!! Prix IMBATTABLE ! Si vous passez par la BR 101, arrêtez-vous au kilomètre 376, et saluez le Restaurant Bosquinho de notre part !

De Garopaba à Torres 22-40

Le lendemain la météo nous en fait voir de toutes les couleurs… Grand soleil dans la matinée, puis rafales de vent dans l’après-midi, et enfin pour terminer la journée en beauté, voilà un orage gigantesque qui arrive droit sur nous. Nous sommes au milieu de nulle part, entre deux patelins, et nous n’avons pas encore trouvé d’endroit où dormir. C’est alors qu’un automobiliste s’arrête, interloqué par notre vélo. Il s’appelle Jucelino. Nous entamons la discussion, et assez rapidement, il nous dit qu’il a une cabane dans son jardin dans laquelle nous pouvons passer la nuit. Miracle ! Nous le suivons sur quelques kilomètres avant d’arriver devant sa maison. Celle-ci se trouve dans un immense domaine, avec un étang, à côté duquel se trouve son ancien restaurant, qu’il a maintenant vendu.

De Garopaba à Torres 25-40

La cabane (qui est en réalité un grand chalet) se trouve à 100 mètres de la maison de Jucelino. Nous sommes entourés de prairies et de vaches. C’est magnifique ! On ne pouvait pas rêver mieux.

Au petit matin, nous faisons nos adieux à Jucelino et sa femme, avant de reprendre notre route.

Nos hôtes au Brésil 46-54

Nous pédalons au milieu des vaches pour changer, et terminons notre journée dans un petit village nommé Itapeva.

De Garopaba à Torres 37-40

Nous croisons alors un homme dans la rue. C’est un journaliste qui s’appelle Antonio. Il vit avec son père de 92 ans à quelques rues de là. Il nous propose de loger chez lui. Mais là, il doit aller faire un saut à son travail et n’a pas le temps de nous recevoir. Au même moment, des voisins sortent de leur maison, intrigués. Antonio leur demande alors de nous recevoir chez eux, le temps qu’il revienne de son boulot. C’est ainsi que nous nous retrouvons à leur table, avec un chocolat chaud, du pain et de la confiture, alors qu’on ne les connaissait pas il y a à peine 5 minutes. Bienvenue au Brésil !

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Une bonne heure plus tard, Antonio est de retour, et il nous emmène jusque chez lui. Nous découvrons alors sa maison et son père. La maison est dans un état plus que précaire, et la moisissure a l’air de faire partie des meubles depuis un bon bout de temps. Mais Antonio et son père sont tellement adorables et accueillants que nous faisons abstraction de l’insalubrité ambiante.

Un peu avant le coucher du soleil, nous entendons des bruits suspects sur le toit, qui tout d’un coup s’intensifient. Ca fait un boucan pas possible, on a l’impression que ça va s’effondrer. Nous sortons voir, et ce sont en fait d’énormes grêlons qui tombent du ciel ! On n’en croit pas nos yeux.

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Nous passons une soirée un peu spéciale, mais intéressante, avec Antonio et son père. Nous allons ensuite nous coucher dans une des chambres en décomposition. Il y a de l’orage toute la nuit, si bien qu’on a l’impression qu’il pleut dans la chambre (c’était peut être pas qu’une impression après réflexion). On croise les doigts pour que le toit nous tombe pas dessus, et on essaye de dormir comme on peut.

C’est donc après une nuit animée que nous retrouvons Antonio et son père. Nous buvons ensemble un café aux origines douteuses, puis vient l’heure des adieux. Une petite photo de famille s’impose!


Ilha da Magia

Florianópolis, que l’on nomme populairement « Floripa », comprend une partie continentale et une partie insulaire séparées par un canal étroit. Ces deux parties sont reliées par un pont. Pour notre première nuit à Floripa, nous dormons du côté continental, chez une amie de Priscilla (chez qui nous avons dormi à Balneario Camboriu).

Le lendemain, nous avons prévu de traverser le pont, pour rejoindre l’île de Santa Catarina, sur laquelle se trouve la partie insulaire de Florianópolis. D’après nos infos, le pont comprend une partie supérieure (accessible uniquement aux véhicules motorisés), et une passerelle inférieure (réservée aux piétons et cyclistes). Nous vérifions l’information auprès de Moniky (l’amie de Priscilla), qui confirme qu’il y a bien une passerelle. Mais elle nous met en garde, car cette passerelle a mauvaise réputation. En effet, elle serait squattée par des sans abris, des drogués, et autres voyous de tous bords. Si bien que Moniky nous déconseille de passer par là. Nous regardons sur internet, et trouvons en effet un article de 2014 disant que la passerelle est dangereuse, qu’elle est remplie de drogués sous crack, qu’il y règne une certaine insécurité, et qu’il y a des vols fréquents. Tout ça ne nous dit rien qui vaille. Parce qu’avec notre Flocon on n’est pas vraiment discret, et on imagine déjà le tableau, au milieu de tous ces voyous, sur plus d’un kilomètre de passerelle et sans aucune issue.

Mais ne cédons pas à la panique. De toute façon, c’est le seul moyen de rejoindre l’île à vélo, donc nous n’avons pas vraiment le choix. Nous décidons donc d’y aller et d’évaluer la situation une fois sur place. En chemin, nous nous préparons à parer à toute éventualité. Nous détachons et cachons le support du téléphone. Puis nous nous mettons d’accord sur un plan d’action en cas d’attaque, à savoir : attraper notre sac à dos (dans lequel nos affaires de valeurs, papiers d’identité et cartes de banque se trouvent), puis prendre nos jambes à nos cous ! C’est donc avec une préparation psychologique et physique digne des plus grands gladiateurs, que nous nous rapprochons du pont, prêts à se jeter dans l’arène. Une fois arrivés à l’entrée de la passerelle, rien à signaler, il n’y a pas un chat. Nous décidons donc d’y aller, tout en restant sur nos gardes. Après une dizaine de mètres, toujours RAS, et nous avons maintenant une bonne visibilité sur le reste de la passerelle. Nous apercevons alors un groupe de personnes, à une centaine de mètres de nous. Prudent, nous continuons notre progression. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons d’eux, nous comprenons alors qu’il s’agit simplement de quelques pêcheurs à la ligne. Nous les saluons, puis poursuivons notre chemin sans encombre jusqu’à la sortie de la passerelle. Nous descendons du pont, soulagés, mais avec un peu de déception aussi, car nous nous attendions à devoir affronter un peu plus musclé qu’une bande de pêcheurs octogénaires (sans vouloir remettre en doute la réputation du FISHERMEN GANG). Nous voilà donc sur l’île, sans avoir encore un endroit où loger. Nous contactons quelques Warmshowers en mode rapido, et à peine 10 minutes plus tard, nous recevons une réponse positive d’un couple prêt à nous accueillir chez eux. On a vraiment de la chance ! Nous rencontrons donc Vinicius et Naiara, ainsi que leurs deux chats, Périclès et Agata.

Vinicius et Naiara sont des cyclistes militants qui oeuvrent pour l’amélioration des conditions routières et sécuritaires des cyclistes de Floripa. Et ils en connaissent un rayon, car Vinicius est coursier à vélo et travaille tous les soirs comme livreur pour un restaurant. En parallèle, il vient de lancer son entreprise de livraison à vélo, Ja Leva, dans le centre d’affaires de Florianópolis. Vinicius a aussi un groupe de musique avec quelques amis. Ils se retrouvent régulièrement pour s’entraîner et passer la soirée ensemble. Il nous invite à l’accompagner à l’une de leurs soirées. Le nom du groupe est « Lixo Orgânico », ce qui signifie « Déchets organiques ». Ce soir là, ils réintègrent leur ancien batteur dans le groupe. Du coup c’était une soirée un peu spéciale. C’était même surréaliste en fait. Nous gardons un souvenir mémorable des Lixo Orgânico.

Nous profitons aussi d’être à Florianopolis pour aller voir la Police Fédérale. En effet, comme nous avons pris un peu beaucoup de retard sur notre planning initial, nous avons peur de ne pas arriver à temps à la frontière Uruguayene, et de dépasser les 3 mois de visa touristique auxquels nous avons droit. Nous allons donc nous renseigner pour savoir s’il est possible de prolonger nos visas Brésiliens. Et malheureusement non, cela n’est pas possible. Par contre, la Police Fédérale nous informe que nous pouvons dépasser les 3 mois de visa, mais que dans ce cas, nous devrons payer une taxe de 8 reais (2 €) par jour dépassé. Il ne nous reste plus qu’à mettre les bouchées doubles pour ne pas payer trop de taxes.

 Pendant notre séjour à Floripa, nous sommes contactés par Samia, la cousine d’Elvis (chez qui nous avions dormi 10 jours plus tôt). Elle est journaliste pour la chaîne de télévision nationale SBT (deuxième chaîne de télévision du pays en terme d’audience). Samia travaille plus particulièrement pour une émission diffusée dans l’état de Santa Catarina. L’émission s’appelle « Segurança e Cidadania » (Sécurité et citoyenneté), et ils veulent nous interviewer. Nous retrouvons donc Samia et son caméraman dans un parc. L’émission est diffusée le lundi suivant. Vous pouvez voir notre interview en cliquant ici.

 Après 4 jours passés chez Vinicius et Naiara. Nous reprenons la route pour aller dans la partie Est de l’île, à Barra da Lagoa. Mais avant d’y arriver, il faut grimper un des points culminants de l’île.

Floripa 8-57

Nous cassons deux rayons de la roue avant dans la descente, et faisons un arrêt à la première pompe à essence pour les changer. Plus besoin de trouver un mécano vélo, parce qu’avec tous ceux qu’on a déjà cassé, Florent il commence à en connaître un rayon maintenant ! Et il nous change tout ça en deux temps trois mouvements.

Nous continuons ensuite notre route jusqu’à Barra da Lagoa, en profitant des derniers rayons de soleil.

Arrivés là-bas, nous sommes attendus par Sandra et Anesio. Nous les avons trouvé sur Airbnb. Ils louent un petit appart tout confort à côté de leur maison pour seulement 10€. A notre arrivée, nous trouvons une corbeille de fruits et une bouteille de cachaça offertes. Sandra et Anesio sont motards et ils adorent voyager. Ils se sont inscrits sur Airbnb principalement pour accueillir d’autres voyageurs et partager avec eux cette passion commune. Mais attention, Sandra et Anesio ne voyagent pas avec n’importe qu’elle moto. Car Anesio est en fait fabriquant de moto d’un style bien particulier…

Le premier soir, nous allons dans un petit resto à côté de chez eux qu’ils nous ont recommandé. Nous y goûtons les huîtres qui sont la spécialité de l’île. Ha ben oui, parce qu’on a oublié de vous dire que Florianopolis est aussi très célèbre pour ses huîtres. C’est bien simple, l’île est entourée de parcs ostréicoles. Du coup les huîtres sont super fraîches, et pas chères du tout ! C’est environ 5 € la douzaine au restaurant en bord de mer. Et ici ils font les huîtres de toutes les manières : à la vapeur, gratinées, fumées, à l’ail et même frites. Ce soir-là, nous testons les huîtres gratinées. Grande première ! Et en plat principal nous prenons une moqueca de poisson qui est un plat typiquement brésilien.

Nous avions déjà eu l’occasion de goûter une moqueca à Rio de Janeiro, qui nous avait été servie directement dans la noix de coco. Un vrai délice…

Moqueca Rio

Le lendemain, nous allons découvrir le sport local : le sandboard ou autrement dit, surfer dans les dunes.

Floripa 24-57

Et voici notre surfeur du jour !

Floripa 19-57

Bon il n’y a pas de remontées mécaniques, du coup ça fait les cuisses puis ça laisse le temps de profiter du paysage !

Floripa 20-57

De retour à Barra da Lagoa, nous nous promenons dans le village et observons les pêcheurs nettoyer les poissons du jour.

Le lendemain il pleut toute la journée. On en profite pour travailler un peu sur notre blog. Le soir venu, Anesio et Sandra nous invitent à partager leur repas de famille. Anesio prépare une moqueca de poisson gigantesque (car nous sommes 12 à manger). Génial ! C’est l’occasion rêvée de noter la recette (que vous pouvez trouver ici).

Floripa 33-57

Pendant ce temps là, Sandra prépare du farofa de carotte, une autre spécialité brésilienne. Ne vous inquiétez pas, la recette a également été notée (et vous pouvez la trouver ici).

Floripa 32-57

C’est donc autour d’un délicieux repas que nous passons une agréable soirée à échanger sur nos différentes anecdotes de voyage.

Le lendemain matin, nous disons au revoir à Sandra et Anesio, puis reprenons la route. Mais après une centaine de mètres, nous nous rendons compte qu’il y a quelque chose qui cloche. Nous nous arrêtons et commençons à chercher d’où vient le problème. Nous découvrons alors qu’une partie du cadre située à l’arrière du vélo est tordue.

Floripa 35-57

Aie aie aie, qu’est ce que c’est encore que ça. On ne s’était rendu compte de rien avant aujourd’hui. Bon de toute façon, le vélo ne peut plus avancer comme ça. Nous décidons donc de retourner chez Anesio et de voir s’il peut nous arranger ça, lui qui fabrique des motos. Lui-même ne sait pas souder l’aluminium, mais par contre il connaît un gars sur l’île qui peut nous ressouder ça. Et quelle coïncidence, le soudeur est Tchèque, comme Flocon ! Du coup, ils se sont très bien entendus tous les deux, et il nous l’a réparé sans problème.

Floripa 36-57

Avec tout ça, nous sommes déjà fin d’après-midi. Comme il y a déjà de nouveaux occupants dans l’appartement, Anesio et Sandra nous ont très gentiment proposé de loger gratuitement dans leur chambre d’amis. Et en plus ils nous ont invité à partager les restes de moqueca avec eux. Ils sont vraiment géniaux !

Le lendemain nous quittons finalement Barra da Lagoa pour aller à Campèche, dans le sud de l’île. Nous sommes accueillis chez Rodrigo et Alicia, un couple de warmshowers. Et pour changer des chats, voici une photo de Florent dans un canapé avec… des chiens ! Ce sont Pingu et Bella, les chiens adorables et un peu foufous de Rodrigo et Alicia.

Floripa 46-57

Le dimanche midi, Rodrigo et Alicia nous emmènent dans un petit resto en bord de mer pour manger DES HUÎTRES !!! Du coup, on fait péter le super combo, et prenons 6 huîtres de chaque sorte : au naturel, à la vapeur, gratinées, fumées, en persillade et frites. Les huîtres au naturel sont ultra fraîches et délicieuses. Celles à la vapeur sont très intéressantes car elles gardent le goût originel de l’huître, tout en étant chaudes et cuites. Rodrigo nous a donné sa recette, et c’est en fait très facile à réaliser, vous pouvez la trouver en cliquant ici. Les fumées ont un goût un peu spécial, mais très bon. Les gratinées et persillade sont délicieuses. Et pour terminer les huîtres frites sont bonnes sans plus. Avec tout ça, on a fait le plein d’huîtres jusqu’à l’année prochaine !

Le jour suivant, Rodrigo nous emmène faire une ballade à vélo dans la campagne de Floripa.

Après 3 nuits à Campèche, nous sommes supposés reprendre la route, mais Florent a eu mal au ventre toute la nuit et ne se sent pas bien. Sans doute une overdose d’huîtres. Nous restons donc une journée de plus chez Rodrigo et Alicia. Ce jour-là, Alicia prépare des brigadeiros. Ces petites boules en chocolat, typiquement brésiliennes, sont très addictives, si bien qu’on ne peut plus s’en passer. Les plus téméraires d’entre vous peuvent retrouver la recette ici

Le lendemain matin, Florent se sent mieux, et nous quittons Rodrigo et Alicia pour poursuivre notre chemin jusqu’à la pointe sud de l’île. Nous longeons la côte et profitons de la vue sur la mer et les parcs ostréicoles.

Une fois arrivés au point le plus au sud de l’île, nous retrouvons un pêcheur (dont Rodrigo nous a donné le contact). Ce dernier va nous faire traverser en bateau jusqu’au village d’en face. Cette astuce va nous permettre d’éviter de passer par un morceau de route côté continent, qui est sans accotement et donc très dangereux pour les cyclistes. De nombreux cyclovoyageurs l’évitent en utilisant la même combine. Les pêcheurs n’étaient donc pas très surpris en nous voyant rappliquer.

Et nous voilà, fraîchement débarqués sur le continent !

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Un tout petit problème technique

Nous quittons Araquari sous un ciel bleu, confiants.

De Barra Velha à Tijucas 1-68

Mais une heure plus tard, le beau ciel bleu s’est transformé en un vrai déluge. Et ça a continué comme ça toute la journée. On aurait dit que l’océan atlantique tout entier avait décidé de se déverser sur nous. Et pour couronner le tout, nous sommes sur l’autoroute, et il n’y a pas d’autres routes possibles. Autant vous dire, qu’on a déjà connu plus agréable. Puis la pluie s’intensifie, et il devient trop dangereux de pédaler en bordure d’autoroute dans ces conditions. A moins d’être sadomaso, kamikaze, ou bien complètement con, ce qui n’est pas notre cas (enfin pour la dernière catégorie ça n’a pas encore été confirmé). Nous nous réfugions dans une station service, trempés jusqu’aux os, pendant presque 2 heures. Ayant désespérément besoin d’une bonne douche chaude, nous regardons les possibilités de logement aux alentours. Il n’y a pas de warmshowers. L’option la moins chère et la plus proche est donc un Airbnb (location d’une chambre chez un particulier) se trouvant à 20 km, dans la ville de Barra Velha. Nous profitons d’une petite accalmie pour y aller. La suite du trajet est rythmée par les averses. Nous nous mettons à l’abri sous les ponts lorsque la pluie est trop forte.

De Barra Velha à Tijucas 2-68

Nous arrivons finalement à Barra Velha. Et notre première surprise est d’y trouver la statue de la liberté…

De Barra Velha à Tijucas 3-68

Nous rencontrons ensuite notre hôte, Eder, qui vit chez ses parents, Doroteia et Adelino. Sans oublier Petusha, leur petite chienne adorable. Après une bonne douche chaude, ils nous proposent de manger un bout avec eux. Et ici, on sait apprécier les bonnes choses… Du bon pain, de la crème à tartiner, du saindoux (oui oui, c’est bien ça, de la graisse de porc), de la charcuterie, du fromage, et du lait chaud. Tout ce qu’il faut pour faire le plein de calories ! Eder nous emmène ensuite faire un petit tour de la ville en voiture. Le lendemain matin, Florence se réveille avec la tête comme une pastèque. Elle a passé la nuit à tousser et à se moucher. Et ce matin elle a un peu de fièvre. C’est sans doute à cause du froid et de l’orage de la veille. Nous ne pouvons pas reprendre la route dans ces conditions. Adelino nous accompagne à la pharmacie, où nous achetons la panoplie complète pour grosse enrhumée. Eder et ses parents nous proposent directement de rester gratuitement une nuit de plus, le temps que Florence aille mieux. De retour à la maison, Florence avale ses cachets, puis va se reposer. Pendant ce temps là, Adelino emmène Florent pour visiter la statue de la liberté. C’est en fait une grande enseigne brésilienne qui a pour particularité d’ériger une statue de la liberté devant chacun de ses magasins en hommage au capitalisme et au consumérisme américain (LA TOP CLASSE). Et celle se trouvant à Barra Velha fait 57 mètres de haut. Il y a un ascenseur à l’intérieur, qui permet de monter jusqu’à son sommet et d’avoir une vue sur toute la ville. Et pour être sûr d’honorer les Ricains jusqu’au bout, McDonald’s et Subway se sont installés juste à côté…

Nous passons ensuite une après-midi tranquille, à jouer aux dominos avec Doroteia et Adelino. Le jour suivant, Florence se sent mieux. Nous préparons toutes nos affaires et nous apprêtons à partir. C’est alors qu’Adelino pointe du doigt le cadre du vélo et nous demande si c’est normal qu’il soit fissuré. COMMENT CA FISSURE ?!? Nous regardons alors, et découvrons, OH MALHEUR, que le cadre est en effet complètement fendu.

De Barra Velha à Tijucas 11-68

Nous sommes alors pris d’un gros coup de panique! Tout d’abord, nous ne pouvons pas partir dans ces conditions, et ne savons pas du tout si c’est réparable. Adelino et Doroteia nous rassure directement en nous disant que nous pouvons rester chez eux le temps qu’il faudra, que nous ne devons pas nous inquiéter et que nous allons bien trouver une solution pour arranger tout ça. Adelino nous conduit alors chez un soudeur pour déjà avoir un premier avis. Malheureusement, il ne sait pas souder l’aluminium, mais il connaît un autre soudeur spécialisé dans l’aluminium qui pourrait nous arranger ça. Nous sommes samedi, et ce dernier est fermé, il faudra donc attendre lundi avant d’en savoir plus. De toute façon, la première chose à faire est d’informer AZUB. Nous leurs envoyons directement un email expliquant la situation.

Nous ne comprenons pas comment cela a pu arriver. Prenant régulièrement des photos de Flocon, nous commençons à les analyser pour voir depuis quand le cadre est-il fendu. Nous remarquons alors sur les photos qu’une première fissure est apparue quelques jours plus tôt, et que celle-ci s’est peu à peu agrandie chaque jour. Heureusement que Adelino l’a vu ! AZUB a été super réactif et nous ont rapidement rassuré. Ils peuvent nous envoyer un cadre neuf dans les 15 jours, génial ! Nous sommes soulagés. Ils nous disent qu’on peut aussi essayer de le réparer localement d’ici là. Nous n’avons plus qu’à attendre lundi, et espérer que le soudeur arrive à nous réparer tout ça. En attendant, Eder et ses parents nous ont carrément pris en charge. Nous mangeons avec eux, jouons aux dominos avec eux, faisons des ballades avec eux, etc. Ils sont vraiment géniaux avec nous ! Et nous nous sentons comme en famille.

L’autre curiosité de la ville (mise à part la statue de la liberté), c’est la statue du Christ, enfin, plutôt LES statues du Christ. Parce qu’ils se sont dit que un Christ n’était pas suffisant, du coup ils en ont construit un autre juste à côté, mais dans un style un peu plus cheap, on dirait le Christ version Disneyland. Et ce qui est bien, c’est que depuis les Christs, on a une vue imprenable sur la statue de la liberté.

Petite ballade en bord de plage avec Adelino.

Et ballade du dimanche en famille.

Puis le lundi matin, impossible de faire rentrer le cadre avant du vélo dans la voiture d’Adelino. Nous allons donc sans le cadre jusque chez Marcelo, le soudeur, à qui nous montrons des photos de la fissure. Il nous dit pouvoir ressouder tout ça sans problème. Il a l’air d’un bon gars, et on a envie de lui faire confiance. De retour à la maison, nous repartons pour 30 minutes de marche avec le cadre du vélo jusque chez Marcelo.

De Barra Velha à Tijucas 35-68

http://www.azub.euIl nous dit de repasser fin de journée pour le récupérer. Nous revenons donc quelques heures plus tard, à la fois impatients et anxieux. Et voilà le résultat final…

Même si nous n’y connaissons pas grand chose, nous avons la sensation qu’il a fait du très bon boulot. Nous envoyons directement un email à AZUB avec les photos de la réparation. Nous leur demandons leur avis quant à la soudure effectuée, et s’ils pensent qu’il est toujours nécessaire de changer le cadre. Le mieux selon nous serait qu’on continue notre voyage comme cela pour l’instant, et qu’il nous envoie un cadre neuf si la réparation venait à casser à nouveau. AZUB nous confirme que le soudeur a fait du très bon boulot, très professionnel ! Et qu’il a très bien fait de rajouter une plaquette de renforcement entre les deux tubes. Nous convenons qu’il n’est pas nécessaire de recevoir un nouveau cadre pour l’instant. Et que nous pouvons continuer notre voyage comme cela sans problème. Tout est bien qui finit bien! Le lendemain, nous quittons finalement Eder, Doroteia, Adelino et Petusha.

Et même s’ils nous manquent déjà, nous sommes contents de reprendre la route et de voir que la réparation tient le coup. Mais après à peine 15 km, nous crevons le pneu avant pour la  première fois du voyage… Décidément, on a la poisse ! A l’endroit même où nous crevons, nous rencontrons une jeune femme devant sa maison. Cette dernière nous parle en anglais, et dit nous connaître et nous avoir vu sur internet. Ha bon ? Et bien oui, car c’est la Professeur d’anglais de Marcelo, le soudeur. Quelle coïncidence ! Elle s’appelle Cibelle. Elle et son compagnon, Elvis, nous invite alors à rentrer chez eux pour qu’on puisse réparer la crevaison plus à l’aise. Cibelle doit ensuite partir travailler. Nous restons donc avec Elvis, qui nous propose de se joindre à lui pour le repas de midi. Pendant qu’il prépare une feijoada (spécialité brésilienne), nous réparons notre crevaison, qui est due à une ridicule petite épine de merde. Nous partageons ensuite un bon repas ensemble et découvrons qu’Elvis est musicien. Enfin, il est même beaucoup plus que ça… il est un groupe de musique à lui tout seul ! Oui oui. Et avec Cibelle, ils forment le « Homem banda e sua mina », ce qui veut dire : L’homme orchestre et sa copine. Ils proposent un style vraiment intéressant, mélangeant folk, classic rock, reggae et surf music. Pour les intéressés, voici leur site internet. Ils ont également comme projet de partir pour un an et demi à bord d’un combi aménagé style volkswagen. L’idée est de parcourir tout l’état de Santa Catarina à la rencontre de compositeurs locaux, qu’ils soient connus ou méconnus, afin de mettre en valeur les musiciens de la région. Ils ont prévu des concerts dans chacune des villes où ils s’arrêteront. Nous passons finalement toute l’après-midi à discuter et à échanger sur nos différents projets. Nous rencontrons également leur propriétaire qui vit juste au-dessus. Ce dernier nous propose alors de dormir gratuitement dans un autre de ses appartement situé juste à côté. Voyant l’après-midi déjà bien entamée, nous acceptons. Leur propriétaire est aussi le patron du restaurant d’à côté (fermé ce jour-là) spécialisé dans les poissons et fruits de mer. Il nous ramène alors une daurade qu’il est allé chercher dans les réserves de son resto. Elvis met tout ça à mariner. Entretemps Cibelle est rentrée, et nous prépare une mousse de fruit de la passion maison (ne vous inquiétez pas, la recette a bien été notée et vous pouvez la trouver en cliquant ici).

En attendant que la dorade marine, le proprio du resto a embarqué Florent et Elvis dans son restaurant pour une dégustation de cachaça, directement au fût.

De Barra Velha à Tijucas 38-68

Une fois les gosiers bien hydratés, nous passons une soirée mémorable avec Cibelle et Elvis.

Nos hôtes au Brésil 30-54

Le lendemain, nous continuons notre route. Et la poisse ne nous lâche pas car nous crevons à nouveau le pneu avant. Mais pas de soucis, on commence à prendre le coup de main, et du coup on répare ça en deux deux. Nous pédalons ensuite jusqu’à Balneario Camboriu, où nous sommes accueillis chez Marcus et Priscilla. Ils sont rentrés il y a peu d’un voyage de 4 mois en voiture à travers l’Amérique du Sud (pour les intéressés voici leur blog ). Priscilla et Marcus ont une entreprise de consultance qui se nomme Cronic et qui apporte des solutions et conseils numériques aux entreprises. Pouvant effectuer leur travail à distance, ils ont donc continué à travailler tout en voyageant. Ce qui nécessite bien sûre une toute autre organisation… Ils restaient une semaine à chaque endroit, durant laquelle ils passaient 5 jours à travailler, 1 jour pour profiter et visiter, et enfin 1 jour durant lequel ils roulaient jusqu’au point suivant. Ce système bien rôdé leur a permis de découvrir une bonne partie de l’Amérique du Sud, tout en maintenant leur activité professionnelle. Chapeau ! Voici leur itinéraire.

Itinéraire houseless

Il était initialement prévu de ne passer qu’une seule nuit à Balneario Camboriu, mais Priscilla et Marcus sont tellement accueillants et chaleureux que 5 jours plus tard, nous y sommes encore ! On en a profité pour faire nos lessives, travailler un peu sur le blog, puis aussi pour visiter la ville à vélo (malgré le mauvais temps).

Nous sommes également allés passer le weekend dans la maison de campagne de Jimenez, l’ami et associé de Marcus. Avec leur groupe d’amis, ils ont pour habitude de s’y retrouver régulièrement pour faire la fête, et jouer de la musique ensemble.

Mais il est temps pour nous de repartir, ce qui va certainement laisser un vide dans le salon de Priscilla et Marcus, où Flocon avait trouvé sa place.

De Barra Velha à Tijucas 54-68

Nous pédalons sous un ciel bleu, et sans problème technique. Pourvu que ça dure.

On en profite pour faire un petit détour par la plage, et immortalisons ce pêcheur en pleine action…

Nous arrivons jusqu’à Tijucas, et demandons à la première personne que nous croisons si elle connaît un endroit où nous pourrions dormir. Et BINGO ! Elle nous propose de dormir chez elle. Elle s’appelle Lele, et le seul hic, c’est qu’elle vit chez ses parents, et qu’il va d’abord falloir que sa mère accepte. Nous rencontrons donc son père, Antonio, et surtout sa mère, Helena, qui a l’air d’être un sacré phénomène. Dans un premier temps elle est attentionnée et nous propose du gâteau, puis quelques instants plus tard, elle nous regarde avec méfiance et nous demande si nous avons des armes cachées dans nos sacoches. La seconde d’après, elle s’énerve et hausse le ton, et nous dit d’un air ferme que nous ne trouverons pas meilleur endroit que chez eux pour dormir. C’est complètement surréaliste. Cela fait beaucoup rire Antonio et Lele qui nous disent de ne pas trop prêter attention à ses propos. Nous comprenons alors qu’Helena est un fameux personnage ! Elle accepte finalement que l’on dorme là, mais nous redemande quand même (pour être sûre) si nous n’avons pas d’armes dans nos sacoches. Nous la rassurons en lui promettant que nous ne transportons pas d’armes. Nous faisons également la rencontre de leur chat Profano, qui a des yeux incroyables !

De Barra Velha à Tijucas 61-68

Le soir venu, Lele nous fait des hamburgers maisons DAYUM !!! Et Helena commence tout doucement à nous apprécier. S’ensuit un tournoi de billard entre Antonio, Lele et Florent. Lele remporte chaque partie haut la main ! Avant de nous coucher, nous rangeons Flocon dans le salon, ce qui ne change pas vraiment ses habitudes.

De Barra Velha à Tijucas 68-68

Le lendemain matin, Lele nous prépare un petit déj’ du tonnerre. Elle est tout simplement géniale ! Helena est en forme ce matin, et elle affirme que nous ne parlons pas français. Lele ne cesse de lui répéter que si, nous parlons bel et bien français. Mais Helena n’en démord pas. Elle nous demande alors de dire quelques mots en français pour le lui prouver. Nous nous exécutons et elle nous écoute attentivement. Mais rien n’y fait, elle maintient que ce n’est pas du français, qu’elle a l’habitude de regarder la télévision française, et que la langue que nous parlons ne ressemble pas à ça ! Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ça nous fait beaucoup rire. Nous nous apprêtons à partir, et faisons quelques photos tous ensemble.

Nos hôtes au Brésil 38-54

Mais maintenant Helena ne veut plus qu’on parte. Et Lele la soutient en suggérant qu’on reste une nuit de plus, pour qu’elle nous fasse visiter les plages du coin (qui sont connues comme les plus belles plages de la région). Dans un premier temps, nous sommes sérieux et refusons l’offre. Mais quelques instants plus tard, nous sentons quelques gouttes de pluie, et voyons le ciel s’assombrir. C’est bon, il ne nous faut pas plus d’arguments, nous restons une nuit de plus ! Malgré la pluie, Lele nous embarque direction les plages de Bombas et Bombinhas (ça ne s’invente pas). Arrivés là-bas, malgré le ciel gris, ces plages restent magnifiques ! Ca valait le déplacement.

Nous quittons finalement Tijucas, et laissons Lele, Antonio, et surtout Helena, dont nous nous souviendrons longtemps ! Nous poursuivons notre route sous un ciel gris, au milieu des pâturages. C’est un peu comme la Belgique en fait, avec les montagnes et le climat tropical en plus (donc c’est pas tout à fait la Belgique quand même).

Ce jour-là, nous pédalons jusqu’à Florianópolis, où nous nous apprêtons à vivre très dangereusement. Mais ça, nous ne le savons pas encore…

Des rayons, du soleil et surtout du sable

Après 4 heures de bus, nous arrivons à Sao Paulo. En chemin, nous avons contacté Vitor, un Warmshower, qui est prêt à nous accueillir chez lui, malgré le fait qu’il héberge déjà deux autres cyclistes en ce moment. Mais pas de soucis, on trouvera bien de la place pour tout le monde. Une fois le vélo remonté, nous commençons à pédaler à travers Sao Paulo pour rejoindre l’immeuble de Vitor. Nous découvrons alors cette mégapole de 12 millions d’habitants (soit plus que la population de la Belgique toute entière). C’est tout simplement LA plus grande ville du Brésil et la 5ème plus grande ville du monde par agglomération. Ca donne le vertige, surtout lorsqu’on se trouve au milieu de tous ces buildings. Et de fait, car Sao Paulo est également l’une des dix agglomérations de la planète qui compte le plus grand nombre de gratte-ciel. C’est donc dans une véritable jungle urbaine que nous nous aventurons… Vitor ne rentre pas avant 20h de son boulot. Il est Manager dans un magasin de vélo, ce qui tombe très bien, car nous sommes toujours à la recherche de rayons de rechange. A notre arrivée chez lui, nous sommes reçus par Brenda et Gabriel, les deux cyclovoyageurs argentins qu’il héberge également. Nous découvrons la vue depuis l’appartement de Vitor tout en grignotant un bout avec eux.

De Sao Paulo à Araquari 8-75

C’est alors que Florence commence à se sentir mal… Elle est toute pâle, elle a la nausée et des étourdissements. Elle a du manger un truc pas net. Au même moment Vitor rentre du travail. Et à peine quelques minutes après son arrivée, Florence repeint ses toilettes en guise de remerciement pour son hospitalité. La GRANDE CLASSE !!! Le co-locataire de Vitor, qui s’appelle également Gabriel, rentre à son tour. Il est photographe pour un journal. Il était prévu que nous dormions dans le salon. Mais comme Gabriel a un avion à prendre dans la nuit, et que Florence ne se sent pas très bien, Vitor insiste pour qu’on dorme dans sa chambre et lui dans le salon. C’est juste incroyable… nous connaissons ce gars depuis même pas une heure, Florence a déclassé ses chiottes, et il va aller dormir sur le canapé, et nous dans son lit douillet. Nous avons bien sûr refusé, mais rien à faire, Vitor ne nous a pas laissé le choix. Nous passons donc une première nuit à Sao Paulo, qui fut un peu courte pour Florence… Le lendemain, elle se sent un peu mieux, et nous accompagnons Vitor à son travail. Il travaille chez CicloUrbano. C’est à la fois un magasin de vélo et un bar. On y trouve une atmosphère vraiment sympa. Nous y avons infiltré notre flocon discretos.

De Sao Paulo à Araquari 1-75

Vitor vérifie les stocks de son magasin, et QUELLE CHANCE, il a justement les rayons de la taille qu’on cherche. Histoire d’être sûr d’avoir ce qu’il faut pour la suite du voyage, nous lui en prenons 40. Ca devrait déjà nous permettre de changer quelques rayons… Nous profitons d’être là-bas pour faire un petit check-up du vélo. L’ambiance est vraiment bonne et nous y restons finalement toute la journée. Les collègues de Vitor en profite pour tester notre spécimen.

Puis nous immortalisons le moment avec toute l’équipe devant le magasin…

De Sao Paulo à Araquari 4-75

Arrivés chez Vitor, nous disons au-revoir à Brenda et Gabriel qui reprennent le chemin du retour vers l’Argentine.

De Sao Paulo à Araquari 5-75

Comme Florence n’est toujours pas au top, nous décidons de rester à Sao Paulo le temps qu’elle aille mieux. Le lendemain, nous passons une journée tranquille à l’appartement de Vitor. On en profite pour faire nos lessives, et travailler un peu sur le blog. Le soir venu, Florence se sent de nouveau mal, et elle passe encore une nuit à faire des aller-retour aux toilettes. Au petit matin, elle n’a pas la grande forme. Nous restons donc tranquillement à l’appart, et elle en profite pour se reposer un peu. Comme chaque dimanche, Vitor prépare sa spécialité : le pain maison. Et ça sent délicieusement bon dans tout l’appart. Voilà le résultat à la sortie du four. Un vrai délice !

Le lendemain, Florence va mieux, et nous sommes enfin disposés à reprendre la route. Mais maintenant, c’est la météo qui fait des siennes ! A l’extérieur, c’est un vrai déluge qui s’abat sur la ville. Et cet orage impressionnant durera jusqu’au lendemain. Malgré la pluie, nous profitons de notre dernière soirée à Sao Paulo, et allons manger avec Gabriel et Vitor dans un restaurant de sushi à volonté pour seulement 10€. Incroyable !

Nos hôtes au Brésil 13-54

Nous reprenons donc notre route après avoir finalement passé 6 nuits à Sao Paulo.
Gabriel immortalise notre départ…

De retour à la gare routière, nous prenons un bus en direction de Curitiba. C’est donc 6 heures de bus plus tard que nous débarquons dans cette nouvelle ville. Nous y retrouvons Bruno, un autre warmshower. Il vit chez sa grand-mère, Mila, qui accepte gentiment de nous héberger. C’est une ingénieure chimiste retraitée, originaire du Montenegro, dont la famille est venue s’installer au Brésil dans les années 50. Elle parle parfaitement anglais, ce qui est bien pratique pour nous. La voici dans sa voiture rouge GRANDE STYLE !!!

De Sao Paulo à Araquari 16-75

Bruno quant à lui est géologue de formation. Mais faisant du piano depuis toujours, il a un jour découvert qu’il avait l’oreille absolue. Depuis ce jour, il a décidé de vivre de sa passion. Sa spécialité est de reproduire au piano les plus grands groupes de rock. Il fait des concerts un peu partout dans la région, et ça cartonne! Si vous voulez avoir un aperçu de ce qu’il fait, cliquez ici.

Une fois arrivés chez eux, Bruno nous installe. Mais il doit ensuite nous laisser car il a un cours de danse ce soir-là. Nous sommes alors pris en charge par Mila, qui s’assure que nous ne manquons de rien. Elle nous demande alors si nous voulons un lait chaud avec du nesquick. Nous déclinons l’offre gentiment, ce qui a l’air de la contrarier un peu. Puis 20 minutes plus tard, elle nous redemande à nouveau, si nous sommes bien sûrs de ne pas vouloir du lait chaud. N’ayant pas vraiment envie de lait chaud, nous lui répondons que nous en prendrons peut-être plus tard, mais pas maintenant. Mais bien sûr, 20 minutes plus tard, rebelote, Mila revient à la charge avec son nesquick chaud. Et cette fois-ci, nous n’avons rien pu faire face à cette adorable grand-mère, et nous avons cédé. C’est comme cela que nous nous retrouvons à table, comme des enfants avec nos bols de nesquick chauds, des tartines, du beurre, de la confiture, du fromage et de la charcuterie. Ce qui ressemble plus à un petit-déjeuner qu’à un repas du soir, mais bon, nous ne sommes pas à cheval sur les principes. Mila s’assied alors en face de nous, et se met à nous couper des tranches et des tranches de fromage. Dés que nous mangeons une tranche, elle en recoupe deux autres derrière pour être certaine qu’on n’en manque pas. Puis nous avons bien sûr droit à une deuxième tournée de chocolat chaud. Pendant ce temps là, elle nous raconte plein d’histoires passées de sa vie. C’est juste adorable. On passe vraiment un moment incroyable avec elle. Sans oublier sa perruche de compagnie.

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Et son horloge (la même que chez JP mais en version tropicale) qui nous fait écouter le chant d’un nouvel oiseau chaque heure.

De Sao Paulo à Araquari 18-75

Elle nous invite alors à rester une journée de plus. La météo annonçant à nouveau de l’orage pour le lendemain, nous acceptons.

Et le lendemain matin, la météo ne s’est pas trompée. Nous prenons un bon petit déjeuner, sous les directives de Mila. C’est-à-dire assez similaire au dîner de la veille. Et pas besoin de vous préciser que le lait chaud n’est plus une option, mais bien une obligation. Nous profitons ensuite de la journée pour réparer la lampe arrière du vélo, qui s’était soudainement arrêtée de fonctionner avant notre arrivée. Bruno de son côté est en pleins préparatifs car il a deux concerts programmés ce weekend dans une autre ville. Sa soeur nous rejoint pour le déjeuner. Nous en profitons pour leur faire tester le vélo entre deux averses.

Le lendemain matin, nous nous levons à 6h pour faire un dernier au revoir à Bruno avant qu’il prenne la route. Puis nous nous retrouvons à nouveau entre les mains de Mila, qui s’assure que nous prenions un bon petit-déjeuner avant notre départ. Après deux nuits passées chez elle, c’est maintenant complètement accros au nesquik chaud, que nous poursuivons notre chemin.

Nous faisons ce jour-là plus de 100 kilomètres et descendons de 1000 mètres d’altitude pour rejoindre la ville portuaire de Paranagua. Nous sommes hébergés par Aramis, un ami de Bruno, qui vit avec sa mère. Ayant cassé un nouveau rayon sur la route, nous nous rendons jusqu’au magasin de vélo le plus proche pour le changer. Aramis est professeur de mathématiques, et il donne des cours de rattrapage à ces élèves ce soir-là. Nous passons donc la soirée en compagnie de sa mère qui ne parle que le Portugais, et qui nous fait passer en revue les albums de famille. Chanceux que nous sommes… Le lendemain, après un bon bol de chocolat chaud (addiction oblige), nous pédalons en direction de Guaratuba, où un autre warmshower nous attend.

Mais pour y arriver, il nous faut prendre le bac qui traverse la rivière Sao Joao.

De l’autre côté de la rivière, nous retrouvons Fernando qui est venu à notre rencontre. C’est donc sous bonne escorte que nous rejoignons sa maison. Et c’est peu de le dire, car Fernando fait partie de la police militaire Brésilienne. Une fois chez lui, il attache Flocon pour plus de sécurité, et ATTENTION, on ne rigole pas dans la police militaire. Flocon n’a jamais été autant sécurisé.

De Sao Paulo à Araquari 26-75

Il nous a ensuite concocté tout un programme : visite de la ville en voiture, puis ascension jusqu’au Morro Do Cristo, suivis d’un churrasco (barbecue brésilien) à la maison, et pour terminer, partie de billard au bar du coin.

Avant de le quitter le lendemain matin, Fernando nous informe qu’un ami à lui va faire un article sur nous dans le journal de Guaratuba. Nous pensions que c’était des paroles en l’air, mais que neni, voici ce que nous avons reçu une semaine plus tard…

De Barra Velha à Tijucas 4-68

Et pour ceux qui ne parleraient pas couramment le portugais, il est entre autre écrit que notre vélo est fait entièrement de fibre de carbone, qu’il est équipé d’appareils de toute dernière génération, et qu’il a été question que nous fassions la propagande touristique de la ville de Guaratuba. C’est cela oui… bien sûr.

Nous quittons donc Fernando et poursuivons notre chemin le long de la plage.

Ensuite, nous empruntons la route menant au bac permettant de rejoindre Sao Francisco do Sul.

De Sao Paulo à Araquari 36-75

Mais la route à suivre s’est alors transformée en chemin de terre, ce qui n’était pas prévu au programme. Et nous voulons arriver à temps pour prendre le bac de 13h, car le prochain ne sera pas avant 15h.

De Sao Paulo à Araquari 39-75

Nous mettons le turbo. Mais trois rayons cassent en chemin, ce qui nous oblige à ralentir la cadence. Nous arrivons finalement à 13h15 à l’embarcadère, et voyons le bac, déjà en route, s’éloigner de la côte. Nous voilà donc partis pour 2 heures d’attente jusqu’au prochain. On en profite pour manger un bout et pour faire quelques photos du coin qui est plutôt sympa…

Nous prenons donc le bac de 15h, toujours avec nos rayons cassés, et profitons de la vue pendant la traversée d’environ 1 heure. Au même moment nous recevons une réponse de Fabio, un warmshowers de Sao Francisco Do Sul, qui peut nous accueillir chez lui. Génial, au final, tous se goupille bien !

Arrivés chez lui, nous rencontrons sa femme Cintia, et leurs deux fils, Gustavo et Miguel. Ils ne parlent que le portugais, ce qui va nous obliger à pratiquer un peu plus.

Nos hôtes au Brésil 23-54

Fabio nous propose directement de rester trois nuits au lieu d’une, pour avoir le temps de changer nos rayons, puis de visiter la ville historique. La nuit, pour plus de sécurité, nous faisons dormir Flocon dans le salon.

De Sao Paulo à Araquari 50-75

Comme prévu, nous avons d’abord trouver un magasin de vélo pour changer encore une fois nos rayons. En espérant que ce sera la dernière. Puis nous prenons le temps de visiter la ville, et d’observer les dauphins dans la baie.