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Dans les griffes du diable

Nous voilà enfin arrivés à Chui ! Première ville qu’on croise en 250 kilomètres, ça fait du bien. Nous avons officiellement quitté le Brésil, mais nous ne sommes pas encore tout à fait en Uruguay. C’est un peu le vortex ici. Autant vous dire qu’on est nulle part, dans tous les sens du terme.

Après une petite heure de recherche et de déambulation dans la ville, on trouve une charmante pousada tenue par deux petits vieux. On prend alors nos plus beaux airs de chiens battus, et on entame la négociation du prix de la chambre… Mais Pépé et Mémé sont durs en affaires, et ne lâchent rien. Mais on a tenu bon, et face à nos airs de petits chats noyés, ils ont finalement cédé… Enfin, on va plutôt dire qu’on a trouvé un compromis. Parce que ce qu’ils nous avaient pas dit les p’tits vieux, c’est qu’ils ont une « habitacion economica » cachée derrière leur hôtel. Bon, pour le coup, la chambre n’a pas de fenêtre et donne sur le garage, mais l’important c’est de trouver un endroit pour pioncer et de rentrer dans nos frais, donc on s’en fou.

On part ensuite à la découverte de la ville. Celle-ci est traversée par une grand avenue, d’un coté le Brésil, et de l’autre l’Uruguay.

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C’est à ce moment là qu’on a commencé à parler Portugnol. Et ça fonctionne pas mal, vu que les gens nous comprennent très bien de chaque côté de l’avenue. Enfin, y’a aussi une théorie comme quoi personne comprend rien à ce qu’on raconte en Portugnol et qu’ils font juste semblant pour pas nous vexer. C’est peut être pour ça qu’on s’est retrouvé avec de l’intestin grêle grillé (chinchulin) alors qu’on pensait avoir commandé des chipolatas. En même temps, les chipolatas, c’est quand même de l’intestin grêle fourré à la chair à saucisse, donc on n’était pas complètement à côté de la plaque… il manquait juste la chair à saucisse.

Histoire de parfaire notre Portugnol, on a tourbillonné trois jours dans le vortex. Après quoi nous sommes officiellement rentrés en Uruguay !

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Prochain point de chute : Punta del Diablo ! Sur la route, on croise un panneau de signalisation plutôt intriguant…

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Pour ceux qui ne seraient pas polyglottes comme nous autres, voici la traduction : « A 200m, piste d’atterrissage d’urgence, interdiction de s’arrêter ».

Et 200 mètres plus loin, v’là t’y pas que la route se transforme effectivement en piste d’atterrissage.

Vu que notre Flocon c’est un peu un ORNI (Objet Roulant Non Identifié), on se dit que ça devrait pas trop nous poser de problème. Mais dans le doute, on a quand même mis le turbo en scrutant le ciel. Ben oui, c’est qu’on les connait pas encore très bien les Uruguayens, et on sait pas trop comment ça fonctionne chez eux. P’têt’ bien que les avions atterrissent sur les routes par ici. Heureusement, y’a pas eu d’urgence ce jour là, et on est passé incognito presto.

Quelques kilomètres plus loin, une route parallèle s’offre à nous. Comme on croit que le hasard fait bien les choses, et surtout parce qu’on est des aventuriers qu’ont peur de rien, on décide de quitter la route principale et de suivre ce chemin de traverse.

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Cette petite route nous entraîne en fait dans le Parc National de Santa Teresa. Nous débouchons alors sur le Fort de Santa Teresa, construit par les Portugais en 1762.

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Après ce petit cours d’histoire, nous continuons notre chemin à travers le parc pour passer à la zoologie. On se retrouve en effet au beau milieu d’un mini zoo… rien de tel pour nous replonger dans nos années lagomorphes. On décide de faire une petite pause pour aller dire bonjour à nos amis les bêtes.

Une fois le safari terminé, on enchaîne les kilomètres sur les petits chemins du Parc National qui nous amènent jusqu’à Punta del Diablo. Là-bas, nous retrouvons Marcos qui loue des petites casitas tout confort pour seulement 80€ la semaine !!!! Ben à ce prix là on a craqué, et on est finalement resté deux semaines. :)

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Bon faut dire qu’il y a plusieurs éléments réunis qui font qu’on a eu du mal à quitter Punta Del Diablo.

Tout d’abord, cela fait bien longtemps qu’on n’a pas eu la sensation d’avoir notre petit « chez nous ». Et on s’y sent tellement bien dans notre petite casita! Avec notre petite cuisine pour préparer des bons petits plats, et pour nous faire des bons p’tit déj’ comme à la maison…

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Puis là on a rencontré nos voisins… Jordan et Julie, un couple de français faisant un roadtrip de 6 mois en Amérique du Sud. Ils louent la casita jumelle à côté de la nôtre. Et il faut dire qu’on s’est très vite bien entendu tous les 4. Du coup, en plus d’avoir notre petite maison sympa, ben on a les voisins sympas qui vont avec. Du coup, on organise des BBQ entre copains, on saque des pintes comme au bon vieux temps, et puis on se retrouve le lendemain avec la gueule de bois pour taper les cartes… Tout ça nous a permis, le temps de deux semaines, de retrouver les joies d’une vie sociale.

En plus de ça, on s’est fait copains avec tous les chiens du quartier.

Surtout Poupette, qui n’appartient plus ou moins à personne. Et comme elle a pas l’électricité à tous les étages et nous non plus, ben le courant est tout de suite passé, et on s’est réciproquement adopté.

Puis finalement, il faut dire que le village de Punta del Diablo a un certain charme. Si bien que très vite, la magie opère, et on se laisse envoûter par le diable. En effet, peuplé de moins de 400 habitants, il y règne une atmosphère ultra décontractée. Les gens y sont chaleureux, leurs maisons sont plus pittoresques les unes que les autres, il y a peu voire quasiment pas de voitures dans les rues, le village est parsemé de dunes et ça sent bon l’air iodé ! C’est bien simple, on pourrait passer des journées entières à s’y balader en se perdant d’un chemin à l’autre.

Pendant ces deux semaines, on a aussi pris le temps de faire un peu de mécanique.

Et bien sûr, nous avons aussi utilisé nos journées pour rédiger une bonne partie des articles relatant nos péripéties brésiliennes.

On profite de notre dernière journée à Punta del Diablo pour retourner faire une balade dans les dunes. Nous nous faisons, comme toujours, plein de nouveaux copains chiens.

Nous rencontrons notamment deux chiennes jumelles que nous baptisons « Suri » & « Cate ».

Après 2 semaines, il est maintenant temps de quitter notre chère casita et tous nos copains chiens pour reprendre la route. On ne vous cache pas que le départ est difficile… telle est la dure vie du voyageur. Mais on n’y peut rien, et comme dit ce cher Victor Hugo, on a beau avoir l’esprit casanier, on garde l’instinct voyageur.

3 réflexions sur “ Dans les griffes du diable ”

  1. Vous êtes incroyables mais vrais…Bravissimo pour la verve scripturale. On vous suit comme un feuilleton, dans le genre « et que va-t’il se passer ? ». Scénar ****¨et images **** Tavernier et Audiard n’ont plus qu’à se bien tenir. Vous êtes bons pour les Palmes (pas celle tu tuba). Je confirme pour les « chinchulines »: c’est à d….
    Pensées de chez nous

    Michel

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