De Sao Paulo à Araquari 67-75

Des rayons, du soleil et surtout du sable

Après 4 heures de bus, nous arrivons à Sao Paulo. En chemin, nous avons contacté Vitor, un Warmshower, qui est prêt à nous accueillir chez lui, malgré le fait qu’il héberge déjà deux autres cyclistes en ce moment. Mais pas de soucis, on trouvera bien de la place pour tout le monde. Une fois le vélo remonté, nous commençons à pédaler à travers Sao Paulo pour rejoindre l’immeuble de Vitor. Nous découvrons alors cette mégapole de 12 millions d’habitants (soit plus que la population de la Belgique toute entière). C’est tout simplement LA plus grande ville du Brésil et la 5ème plus grande ville du monde par agglomération. Ca donne le vertige, surtout lorsqu’on se trouve au milieu de tous ces buildings. Et de fait, car Sao Paulo est également l’une des dix agglomérations de la planète qui compte le plus grand nombre de gratte-ciel. C’est donc dans une véritable jungle urbaine que nous nous aventurons… Vitor ne rentre pas avant 20h de son boulot. Il est Manager dans un magasin de vélo, ce qui tombe très bien, car nous sommes toujours à la recherche de rayons de rechange. A notre arrivée chez lui, nous sommes reçus par Brenda et Gabriel, les deux cyclovoyageurs argentins qu’il héberge également. Nous découvrons la vue depuis l’appartement de Vitor tout en grignotant un bout avec eux.

De Sao Paulo à Araquari 8-75

C’est alors que Florence commence à se sentir mal… Elle est toute pâle, elle a la nausée et des étourdissements. Elle a du manger un truc pas net. Au même moment Vitor rentre du travail. Et à peine quelques minutes après son arrivée, Florence repeint ses toilettes en guise de remerciement pour son hospitalité. La GRANDE CLASSE !!! Le co-locataire de Vitor, qui s’appelle également Gabriel, rentre à son tour. Il est photographe pour un journal. Il était prévu que nous dormions dans le salon. Mais comme Gabriel a un avion à prendre dans la nuit, et que Florence ne se sent pas très bien, Vitor insiste pour qu’on dorme dans sa chambre et lui dans le salon. C’est juste incroyable… nous connaissons ce gars depuis même pas une heure, Florence a déclassé ses chiottes, et il va aller dormir sur le canapé, et nous dans son lit douillet. Nous avons bien sûr refusé, mais rien à faire, Vitor ne nous a pas laissé le choix. Nous passons donc une première nuit à Sao Paulo, qui fut un peu courte pour Florence… Le lendemain, elle se sent un peu mieux, et nous accompagnons Vitor à son travail. Il travaille chez CicloUrbano. C’est à la fois un magasin de vélo et un bar. On y trouve une atmosphère vraiment sympa. Nous y avons infiltré notre flocon discretos.

De Sao Paulo à Araquari 1-75

Vitor vérifie les stocks de son magasin, et QUELLE CHANCE, il a justement les rayons de la taille qu’on cherche. Histoire d’être sûr d’avoir ce qu’il faut pour la suite du voyage, nous lui en prenons 40. Ca devrait déjà nous permettre de changer quelques rayons… Nous profitons d’être là-bas pour faire un petit check-up du vélo. L’ambiance est vraiment bonne et nous y restons finalement toute la journée. Les collègues de Vitor en profite pour tester notre spécimen.

Puis nous immortalisons le moment avec toute l’équipe devant le magasin…

De Sao Paulo à Araquari 4-75

Arrivés chez Vitor, nous disons au-revoir à Brenda et Gabriel qui reprennent le chemin du retour vers l’Argentine.

De Sao Paulo à Araquari 5-75

Comme Florence n’est toujours pas au top, nous décidons de rester à Sao Paulo le temps qu’elle aille mieux. Le lendemain, nous passons une journée tranquille à l’appartement de Vitor. On en profite pour faire nos lessives, et travailler un peu sur le blog. Le soir venu, Florence se sent de nouveau mal, et elle passe encore une nuit à faire des aller-retour aux toilettes. Au petit matin, elle n’a pas la grande forme. Nous restons donc tranquillement à l’appart, et elle en profite pour se reposer un peu. Comme chaque dimanche, Vitor prépare sa spécialité : le pain maison. Et ça sent délicieusement bon dans tout l’appart. Voilà le résultat à la sortie du four. Un vrai délice !

Le lendemain, Florence va mieux, et nous sommes enfin disposés à reprendre la route. Mais maintenant, c’est la météo qui fait des siennes ! A l’extérieur, c’est un vrai déluge qui s’abat sur la ville. Et cet orage impressionnant durera jusqu’au lendemain. Malgré la pluie, nous profitons de notre dernière soirée à Sao Paulo, et allons manger avec Gabriel et Vitor dans un restaurant de sushi à volonté pour seulement 10€. Incroyable !

Nos hôtes au Brésil 13-54

Nous reprenons donc notre route après avoir finalement passé 6 nuits à Sao Paulo.
Gabriel immortalise notre départ…

De retour à la gare routière, nous prenons un bus en direction de Curitiba. C’est donc 6 heures de bus plus tard que nous débarquons dans cette nouvelle ville. Nous y retrouvons Bruno, un autre warmshower. Il vit chez sa grand-mère, Mila, qui accepte gentiment de nous héberger. C’est une ingénieure chimiste retraitée, originaire du Montenegro, dont la famille est venue s’installer au Brésil dans les années 50. Elle parle parfaitement anglais, ce qui est bien pratique pour nous. La voici dans sa voiture rouge GRANDE STYLE !!!

De Sao Paulo à Araquari 16-75

Bruno quant à lui est géologue de formation. Mais faisant du piano depuis toujours, il a un jour découvert qu’il avait l’oreille absolue. Depuis ce jour, il a décidé de vivre de sa passion. Sa spécialité est de reproduire au piano les plus grands groupes de rock. Il fait des concerts un peu partout dans la région, et ça cartonne! Si vous voulez avoir un aperçu de ce qu’il fait, cliquez ici.

Une fois arrivés chez eux, Bruno nous installe. Mais il doit ensuite nous laisser car il a un cours de danse ce soir-là. Nous sommes alors pris en charge par Mila, qui s’assure que nous ne manquons de rien. Elle nous demande alors si nous voulons un lait chaud avec du nesquick. Nous déclinons l’offre gentiment, ce qui a l’air de la contrarier un peu. Puis 20 minutes plus tard, elle nous redemande à nouveau, si nous sommes bien sûrs de ne pas vouloir du lait chaud. N’ayant pas vraiment envie de lait chaud, nous lui répondons que nous en prendrons peut-être plus tard, mais pas maintenant. Mais bien sûr, 20 minutes plus tard, rebelote, Mila revient à la charge avec son nesquick chaud. Et cette fois-ci, nous n’avons rien pu faire face à cette adorable grand-mère, et nous avons cédé. C’est comme cela que nous nous retrouvons à table, comme des enfants avec nos bols de nesquick chauds, des tartines, du beurre, de la confiture, du fromage et de la charcuterie. Ce qui ressemble plus à un petit-déjeuner qu’à un repas du soir, mais bon, nous ne sommes pas à cheval sur les principes. Mila s’assied alors en face de nous, et se met à nous couper des tranches et des tranches de fromage. Dés que nous mangeons une tranche, elle en recoupe deux autres derrière pour être certaine qu’on n’en manque pas. Puis nous avons bien sûr droit à une deuxième tournée de chocolat chaud. Pendant ce temps là, elle nous raconte plein d’histoires passées de sa vie. C’est juste adorable. On passe vraiment un moment incroyable avec elle. Sans oublier sa perruche de compagnie.

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Et son horloge (la même que chez JP mais en version tropicale) qui nous fait écouter le chant d’un nouvel oiseau chaque heure.

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Elle nous invite alors à rester une journée de plus. La météo annonçant à nouveau de l’orage pour le lendemain, nous acceptons.

Et le lendemain matin, la météo ne s’est pas trompée. Nous prenons un bon petit déjeuner, sous les directives de Mila. C’est-à-dire assez similaire au dîner de la veille. Et pas besoin de vous préciser que le lait chaud n’est plus une option, mais bien une obligation. Nous profitons ensuite de la journée pour réparer la lampe arrière du vélo, qui s’était soudainement arrêtée de fonctionner avant notre arrivée. Bruno de son côté est en pleins préparatifs car il a deux concerts programmés ce weekend dans une autre ville. Sa soeur nous rejoint pour le déjeuner. Nous en profitons pour leur faire tester le vélo entre deux averses.

Le lendemain matin, nous nous levons à 6h pour faire un dernier au revoir à Bruno avant qu’il prenne la route. Puis nous nous retrouvons à nouveau entre les mains de Mila, qui s’assure que nous prenions un bon petit-déjeuner avant notre départ. Après deux nuits passées chez elle, c’est maintenant complètement accros au nesquik chaud, que nous poursuivons notre chemin.

Nous faisons ce jour-là plus de 100 kilomètres et descendons de 1000 mètres d’altitude pour rejoindre la ville portuaire de Paranagua. Nous sommes hébergés par Aramis, un ami de Bruno, qui vit avec sa mère. Ayant cassé un nouveau rayon sur la route, nous nous rendons jusqu’au magasin de vélo le plus proche pour le changer. Aramis est professeur de mathématiques, et il donne des cours de rattrapage à ces élèves ce soir-là. Nous passons donc la soirée en compagnie de sa mère qui ne parle que le Portugais, et qui nous fait passer en revue les albums de famille. Chanceux que nous sommes… Le lendemain, après un bon bol de chocolat chaud (addiction oblige), nous pédalons en direction de Guaratuba, où un autre warmshower nous attend.

Mais pour y arriver, il nous faut prendre le bac qui traverse la rivière Sao Joao.

De l’autre côté de la rivière, nous retrouvons Fernando qui est venu à notre rencontre. C’est donc sous bonne escorte que nous rejoignons sa maison. Et c’est peu de le dire, car Fernando fait partie de la police militaire Brésilienne. Une fois chez lui, il attache Flocon pour plus de sécurité, et ATTENTION, on ne rigole pas dans la police militaire. Flocon n’a jamais été autant sécurisé.

De Sao Paulo à Araquari 26-75

Il nous a ensuite concocté tout un programme : visite de la ville en voiture, puis ascension jusqu’au Morro Do Cristo, suivis d’un churrasco (barbecue brésilien) à la maison, et pour terminer, partie de billard au bar du coin.

Avant de le quitter le lendemain matin, Fernando nous informe qu’un ami à lui va faire un article sur nous dans le journal de Guaratuba. Nous pensions que c’était des paroles en l’air, mais que neni, voici ce que nous avons reçu une semaine plus tard…

De Barra Velha à Tijucas 4-68

Et pour ceux qui ne parleraient pas couramment le portugais, il est entre autre écrit que notre vélo est fait entièrement de fibre de carbone, qu’il est équipé d’appareils de toute dernière génération, et qu’il a été question que nous fassions la propagande touristique de la ville de Guaratuba. C’est cela oui… bien sûr.

Nous quittons donc Fernando et poursuivons notre chemin le long de la plage.

Ensuite, nous empruntons la route menant au bac permettant de rejoindre Sao Francisco do Sul.

De Sao Paulo à Araquari 36-75

Mais la route à suivre s’est alors transformée en chemin de terre, ce qui n’était pas prévu au programme. Et nous voulons arriver à temps pour prendre le bac de 13h, car le prochain ne sera pas avant 15h.

De Sao Paulo à Araquari 39-75

Nous mettons le turbo. Mais trois rayons cassent en chemin, ce qui nous oblige à ralentir la cadence. Nous arrivons finalement à 13h15 à l’embarcadère, et voyons le bac, déjà en route, s’éloigner de la côte. Nous voilà donc partis pour 2 heures d’attente jusqu’au prochain. On en profite pour manger un bout et pour faire quelques photos du coin qui est plutôt sympa…

Nous prenons donc le bac de 15h, toujours avec nos rayons cassés, et profitons de la vue pendant la traversée d’environ 1 heure. Au même moment nous recevons une réponse de Fabio, un warmshowers de Sao Francisco Do Sul, qui peut nous accueillir chez lui. Génial, au final, tous se goupille bien !

Arrivés chez lui, nous rencontrons sa femme Cintia, et leurs deux fils, Gustavo et Miguel. Ils ne parlent que le portugais, ce qui va nous obliger à pratiquer un peu plus.

Nos hôtes au Brésil 23-54

Fabio nous propose directement de rester trois nuits au lieu d’une, pour avoir le temps de changer nos rayons, puis de visiter la ville historique. La nuit, pour plus de sécurité, nous faisons dormir Flocon dans le salon.

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Comme prévu, nous avons d’abord trouver un magasin de vélo pour changer encore une fois nos rayons. En espérant que ce sera la dernière. Puis nous prenons le temps de visiter la ville, et d’observer les dauphins dans la baie.

Le lendemain, Florent a la sensation que le rayonnage de la roue n’a pas été fait correctement. Il décide alors de prendre les choses en main. Ayant bien observé à chaque fois comment les mécanos faisaient, et lisant également quelques conseils sur internet, il rééquilibre tout le rayonnage, en espérant que ça fonctionne. Pour les remercier de leur hospitalité, nous décidons de cuisiner une daube de boeuf pour notre dernier soir. Avant le repas, Florent accompagne Fabio pour une partie de foot.

Pour quitter l’île de Sao Francisco Do Sul, nous avons deux itinéraires possibles. Le premier passe par la ville où il y a pas mal de circulation. Le second consiste à longer la plage et semble beaucoup plus sympathique. Nous avons juste peur que la route de la plage ne soit pas praticable en vélo, mais Fabio nous dit qu’il l’a déjà emprunté et que c’est du sable dur, donc pas de soucis. Nous choisissons donc la deuxième option. Le lendemain, nous voilà sur la route longeant Praia Grande. Dans un premier temps, tout se passe bien, le sable est en effet suffisamment dur pour que nous puissions pédaler.

Mais quelques kilomètres plus loin, il commence à y avoir de plus en plus de sable. Si bien qu’il nous est impossible de continuer en pédalant. Nous commençons donc à pousser le vélo. Et il s’en est suivi de longues heures interminables, en plein cagnard, sur cette longue ligne droite de 20 kilomètres de sable.

Et sur cette route, bien sûr, il n’y a rien ! Pas un seul coin d’ombre, pas un village, pas une maison. RIEN! Ce sera finalement après 4 heures intenses à pousser le vélo dans le sable que nous arrivons dans un petit village, où nous retrouvons la civilisation, et avec elle, les routes asphaltées. Hallelujah !!!

Il est 15h, on a très faim et très soif ! Nous trouvons la seule gargote encore ouverte à cette heure-ci. Nous demandons s’il est encore possible de commander à manger. Le patron nous répond alors en Portugais, et nous comprenons qu’il n’a plus que de la salade à nous proposer. N’ayant pas d’autres choix, nous lui disons ok pour de la salade. Même si on a la dalle, c’est toujours mieux que rien. Sans trop d’enthousiasme, nous attendons nos salades en buvant un coca bien frais en terrasse. 20 minutes plus tard, le patron nous amène deux énormes hamburgers !!! Nous ne comprenons pas très bien le pourquoi du comment, mais nous sommes mort de rire et acceptons ces hamburgers providentiels avec beaucoup plus d’enthousiasme. Nous apprendrons plus tard que le hamburger typique du coin s’appelle le X-Salada, d’où le malentendu. Une fois désaltérés et rassasiés, il est déjà 16h. Nous contactons alors le warmshower le plus proche, qui se trouve à Araquari, 20 kilomètres plus loin. Nous continuons notre route et recevons une réponse positive de sa part peu de temps après. Il s’appelle Clair, et il vit avec sa mère Gloria. Ils n’ont pas l’espace suffisant pour nous accueillir dans leur maison. Mais Clair est en train de construire sa propre maison avec un rez-de-chaussée commercial juste à côté. Il nous propose donc d’y dormir. Nous nous installons alors en vitrine… Et aménageons notre chambre à coucher en utilisant son stock de frigolite.

Il faut juste faire attention au trou lorsqu’on va à la salle de bain.

De Sao Paulo à Araquari 72-75

Nous passons ensuite la soirée en compagnie de Clair. Ce qui nous permet d’améliorer un peu plus notre portugais.

Nos hôtes au Brésil 24-54

3 réflexions sur “ Des rayons, du soleil et surtout du sable ”

  1. Mes petits Floo,
    Vos récits et vidéos ont été grandement appréciés par Juan et Nico chez qui je suis pour quelques jours.
    Ils se joignent à moi pour vous souhaiter une merveilleuse année 2016!!
    10000 bisous,
    Marianne

  2. Vous lire est un bonheur. Celui que procure le feuilleton dont on attend l’épisode suivant avec impatience…Vous êtes incroyables ! Votre narration est palpitante; les photos sont éloquentes; l’humour des textes omniprésent. Quels accueils… Quelle expérience -unique- que la vôtre. Que 2016 vous soit belle. On pense et parle de vous.
    Vive le Nesquik !
    Je vous embrasse

    Michel

  3. Mes Floo bienaimés, vous êtes extraordinaires. De Sao Paulo à Araquari et la suite dans le sable, c’est « juste » passionnant, instructif et drôle.Et les photos, super de vous voir (les cheveux poussent), de voir aussi les gens que vous rencontrez, tellement sympathiques. Quel beau pianiste votre ami Bruno Hrabovsky. Merci de me donner tant de bonheur en vous suivant de loin. Gros gros bisous et sous le gui de l’an neuf, je ferai pour vous les meilleurs voeux-vous le valez bien. Mouti

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