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Ilha da Magia

Florianópolis, que l’on nomme populairement « Floripa », comprend une partie continentale et une partie insulaire séparées par un canal étroit. Ces deux parties sont reliées par un pont. Pour notre première nuit à Floripa, nous dormons du côté continental, chez une amie de Priscilla (chez qui nous avons dormi à Balneario Camboriu).

Le lendemain, nous avons prévu de traverser le pont, pour rejoindre l’île de Santa Catarina, sur laquelle se trouve la partie insulaire de Florianópolis. D’après nos infos, le pont comprend une partie supérieure (accessible uniquement aux véhicules motorisés), et une passerelle inférieure (réservée aux piétons et cyclistes). Nous vérifions l’information auprès de Moniky (l’amie de Priscilla), qui confirme qu’il y a bien une passerelle. Mais elle nous met en garde, car cette passerelle a mauvaise réputation. En effet, elle serait squattée par des sans abris, des drogués, et autres voyous de tous bords. Si bien que Moniky nous déconseille de passer par là. Nous regardons sur internet, et trouvons en effet un article de 2014 disant que la passerelle est dangereuse, qu’elle est remplie de drogués sous crack, qu’il y règne une certaine insécurité, et qu’il y a des vols fréquents. Tout ça ne nous dit rien qui vaille. Parce qu’avec notre Flocon on n’est pas vraiment discret, et on imagine déjà le tableau, au milieu de tous ces voyous, sur plus d’un kilomètre de passerelle et sans aucune issue.

Mais ne cédons pas à la panique. De toute façon, c’est le seul moyen de rejoindre l’île à vélo, donc nous n’avons pas vraiment le choix. Nous décidons donc d’y aller et d’évaluer la situation une fois sur place. En chemin, nous nous préparons à parer à toute éventualité. Nous détachons et cachons le support du téléphone. Puis nous nous mettons d’accord sur un plan d’action en cas d’attaque, à savoir : attraper notre sac à dos (dans lequel nos affaires de valeurs, papiers d’identité et cartes de banque se trouvent), puis prendre nos jambes à nos cous ! C’est donc avec une préparation psychologique et physique digne des plus grands gladiateurs, que nous nous rapprochons du pont, prêts à se jeter dans l’arène. Une fois arrivés à l’entrée de la passerelle, rien à signaler, il n’y a pas un chat. Nous décidons donc d’y aller, tout en restant sur nos gardes. Après une dizaine de mètres, toujours RAS, et nous avons maintenant une bonne visibilité sur le reste de la passerelle. Nous apercevons alors un groupe de personnes, à une centaine de mètres de nous. Prudent, nous continuons notre progression. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons d’eux, nous comprenons alors qu’il s’agit simplement de quelques pêcheurs à la ligne. Nous les saluons, puis poursuivons notre chemin sans encombre jusqu’à la sortie de la passerelle. Nous descendons du pont, soulagés, mais avec un peu de déception aussi, car nous nous attendions à devoir affronter un peu plus musclé qu’une bande de pêcheurs octogénaires (sans vouloir remettre en doute la réputation du FISHERMEN GANG). Nous voilà donc sur l’île, sans avoir encore un endroit où loger. Nous contactons quelques Warmshowers en mode rapido, et à peine 10 minutes plus tard, nous recevons une réponse positive d’un couple prêt à nous accueillir chez eux. On a vraiment de la chance ! Nous rencontrons donc Vinicius et Naiara, ainsi que leurs deux chats, Périclès et Agata.

Vinicius et Naiara sont des cyclistes militants qui oeuvrent pour l’amélioration des conditions routières et sécuritaires des cyclistes de Floripa. Et ils en connaissent un rayon, car Vinicius est coursier à vélo et travaille tous les soirs comme livreur pour un restaurant. En parallèle, il vient de lancer son entreprise de livraison à vélo, Ja Leva, dans le centre d’affaires de Florianópolis. Vinicius a aussi un groupe de musique avec quelques amis. Ils se retrouvent régulièrement pour s’entraîner et passer la soirée ensemble. Il nous invite à l’accompagner à l’une de leurs soirées. Le nom du groupe est « Lixo Orgânico », ce qui signifie « Déchets organiques ». Ce soir là, ils réintègrent leur ancien batteur dans le groupe. Du coup c’était une soirée un peu spéciale. C’était même surréaliste en fait. Nous gardons un souvenir mémorable des Lixo Orgânico.

Nous profitons aussi d’être à Florianopolis pour aller voir la Police Fédérale. En effet, comme nous avons pris un peu beaucoup de retard sur notre planning initial, nous avons peur de ne pas arriver à temps à la frontière Uruguayene, et de dépasser les 3 mois de visa touristique auxquels nous avons droit. Nous allons donc nous renseigner pour savoir s’il est possible de prolonger nos visas Brésiliens. Et malheureusement non, cela n’est pas possible. Par contre, la Police Fédérale nous informe que nous pouvons dépasser les 3 mois de visa, mais que dans ce cas, nous devrons payer une taxe de 8 reais (2 €) par jour dépassé. Il ne nous reste plus qu’à mettre les bouchées doubles pour ne pas payer trop de taxes.

 Pendant notre séjour à Floripa, nous sommes contactés par Samia, la cousine d’Elvis (chez qui nous avions dormi 10 jours plus tôt). Elle est journaliste pour la chaîne de télévision nationale SBT (deuxième chaîne de télévision du pays en terme d’audience). Samia travaille plus particulièrement pour une émission diffusée dans l’état de Santa Catarina. L’émission s’appelle « Segurança e Cidadania » (Sécurité et citoyenneté), et ils veulent nous interviewer. Nous retrouvons donc Samia et son caméraman dans un parc. L’émission est diffusée le lundi suivant. Vous pouvez voir notre interview en cliquant ici.

 Après 4 jours passés chez Vinicius et Naiara. Nous reprenons la route pour aller dans la partie Est de l’île, à Barra da Lagoa. Mais avant d’y arriver, il faut grimper un des points culminants de l’île.

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Nous cassons deux rayons de la roue avant dans la descente, et faisons un arrêt à la première pompe à essence pour les changer. Plus besoin de trouver un mécano vélo, parce qu’avec tous ceux qu’on a déjà cassé, Florent il commence à en connaître un rayon maintenant ! Et il nous change tout ça en deux temps trois mouvements.

Nous continuons ensuite notre route jusqu’à Barra da Lagoa, en profitant des derniers rayons de soleil.

Arrivés là-bas, nous sommes attendus par Sandra et Anesio. Nous les avons trouvé sur Airbnb. Ils louent un petit appart tout confort à côté de leur maison pour seulement 10€. A notre arrivée, nous trouvons une corbeille de fruits et une bouteille de cachaça offertes. Sandra et Anesio sont motards et ils adorent voyager. Ils se sont inscrits sur Airbnb principalement pour accueillir d’autres voyageurs et partager avec eux cette passion commune. Mais attention, Sandra et Anesio ne voyagent pas avec n’importe qu’elle moto. Car Anesio est en fait fabriquant de moto d’un style bien particulier…

Le premier soir, nous allons dans un petit resto à côté de chez eux qu’ils nous ont recommandé. Nous y goûtons les huîtres qui sont la spécialité de l’île. Ha ben oui, parce qu’on a oublié de vous dire que Florianopolis est aussi très célèbre pour ses huîtres. C’est bien simple, l’île est entourée de parcs ostréicoles. Du coup les huîtres sont super fraîches, et pas chères du tout ! C’est environ 5 € la douzaine au restaurant en bord de mer. Et ici ils font les huîtres de toutes les manières : à la vapeur, gratinées, fumées, à l’ail et même frites. Ce soir-là, nous testons les huîtres gratinées. Grande première ! Et en plat principal nous prenons une moqueca de poisson qui est un plat typiquement brésilien.

Nous avions déjà eu l’occasion de goûter une moqueca à Rio de Janeiro, qui nous avait été servie directement dans la noix de coco. Un vrai délice…

Moqueca Rio

Le lendemain, nous allons découvrir le sport local : le sandboard ou autrement dit, surfer dans les dunes.

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Et voici notre surfeur du jour !

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Bon il n’y a pas de remontées mécaniques, du coup ça fait les cuisses puis ça laisse le temps de profiter du paysage !

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De retour à Barra da Lagoa, nous nous promenons dans le village et observons les pêcheurs nettoyer les poissons du jour.

Le lendemain il pleut toute la journée. On en profite pour travailler un peu sur notre blog. Le soir venu, Anesio et Sandra nous invitent à partager leur repas de famille. Anesio prépare une moqueca de poisson gigantesque (car nous sommes 12 à manger). Génial ! C’est l’occasion rêvée de noter la recette (que vous pouvez trouver ici).

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Pendant ce temps là, Sandra prépare du farofa de carotte, une autre spécialité brésilienne. Ne vous inquiétez pas, la recette a également été notée (et vous pouvez la trouver ici).

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C’est donc autour d’un délicieux repas que nous passons une agréable soirée à échanger sur nos différentes anecdotes de voyage.

Le lendemain matin, nous disons au revoir à Sandra et Anesio, puis reprenons la route. Mais après une centaine de mètres, nous nous rendons compte qu’il y a quelque chose qui cloche. Nous nous arrêtons et commençons à chercher d’où vient le problème. Nous découvrons alors qu’une partie du cadre située à l’arrière du vélo est tordue.

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Aie aie aie, qu’est ce que c’est encore que ça. On ne s’était rendu compte de rien avant aujourd’hui. Bon de toute façon, le vélo ne peut plus avancer comme ça. Nous décidons donc de retourner chez Anesio et de voir s’il peut nous arranger ça, lui qui fabrique des motos. Lui-même ne sait pas souder l’aluminium, mais par contre il connaît un gars sur l’île qui peut nous ressouder ça. Et quelle coïncidence, le soudeur est Tchèque, comme Flocon ! Du coup, ils se sont très bien entendus tous les deux, et il nous l’a réparé sans problème.

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Avec tout ça, nous sommes déjà fin d’après-midi. Comme il y a déjà de nouveaux occupants dans l’appartement, Anesio et Sandra nous ont très gentiment proposé de loger gratuitement dans leur chambre d’amis. Et en plus ils nous ont invité à partager les restes de moqueca avec eux. Ils sont vraiment géniaux !

Le lendemain nous quittons finalement Barra da Lagoa pour aller à Campèche, dans le sud de l’île. Nous sommes accueillis chez Rodrigo et Alicia, un couple de warmshowers. Et pour changer des chats, voici une photo de Florent dans un canapé avec… des chiens ! Ce sont Pingu et Bella, les chiens adorables et un peu foufous de Rodrigo et Alicia.

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Le dimanche midi, Rodrigo et Alicia nous emmènent dans un petit resto en bord de mer pour manger DES HUÎTRES !!! Du coup, on fait péter le super combo, et prenons 6 huîtres de chaque sorte : au naturel, à la vapeur, gratinées, fumées, en persillade et frites. Les huîtres au naturel sont ultra fraîches et délicieuses. Celles à la vapeur sont très intéressantes car elles gardent le goût originel de l’huître, tout en étant chaudes et cuites. Rodrigo nous a donné sa recette, et c’est en fait très facile à réaliser, vous pouvez la trouver en cliquant ici. Les fumées ont un goût un peu spécial, mais très bon. Les gratinées et persillade sont délicieuses. Et pour terminer les huîtres frites sont bonnes sans plus. Avec tout ça, on a fait le plein d’huîtres jusqu’à l’année prochaine !

Le jour suivant, Rodrigo nous emmène faire une ballade à vélo dans la campagne de Floripa.

Après 3 nuits à Campèche, nous sommes supposés reprendre la route, mais Florent a eu mal au ventre toute la nuit et ne se sent pas bien. Sans doute une overdose d’huîtres. Nous restons donc une journée de plus chez Rodrigo et Alicia. Ce jour-là, Alicia prépare des brigadeiros. Ces petites boules en chocolat, typiquement brésiliennes, sont très addictives, si bien qu’on ne peut plus s’en passer. Les plus téméraires d’entre vous peuvent retrouver la recette ici

Le lendemain matin, Florent se sent mieux, et nous quittons Rodrigo et Alicia pour poursuivre notre chemin jusqu’à la pointe sud de l’île. Nous longeons la côte et profitons de la vue sur la mer et les parcs ostréicoles.

Une fois arrivés au point le plus au sud de l’île, nous retrouvons un pêcheur (dont Rodrigo nous a donné le contact). Ce dernier va nous faire traverser en bateau jusqu’au village d’en face. Cette astuce va nous permettre d’éviter de passer par un morceau de route côté continent, qui est sans accotement et donc très dangereux pour les cyclistes. De nombreux cyclovoyageurs l’évitent en utilisant la même combine. Les pêcheurs n’étaient donc pas très surpris en nous voyant rappliquer.

Et nous voilà, fraîchement débarqués sur le continent !

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