Rio Grande do Sul 19-85

La dernière ligne vraiment droite !

Nous continuons, toujours sur la même route, entourée de prairies, de vaches, et d’haciendas (grandes exploitations agricoles), appelées fazendas au Brésil.

Ce jour-là, on se fait la réflexion qu’on n’a pas encore croisé beaucoup d’autres cyclovoyageurs sur notre chemin. Et v’là-t’y pas que quelques kilomètres plus loin, nous tombons sur un couple d’argentins voyageant à vélo, avec leurs deux chiens !!! Quelle coïncidence ! Comme quoi, il suffisait de demander. Nous passons plus d’une heure ensemble, à discuter et à échanger sur nos voyages respectifs. Malheureusement, nous n’allons pas dans la même direction, et nous sommes bien obligés de nous séparer pour continuer nos chemins. Dommage, nous aurions bien fait un bout de route avec eux ! Pour les intéressés, voici leur blog de voyage.

Rio Grande do Sul 4-85

Dans la ville suivante, nous tombons sur un magasin spécialisé en bière. Nous n’y résistons pas, et dégustons nostalgiquement une bonne bière belge.

Rio Grande do Sul 7-85

La même soirée, nous sommes appâtés par une super promo de sushi à volonté. Et quelques minutes plus tard, nous voilà embarqués sur un bateau sushi GIGANTESQUE ! A la limite de l’overdose !

Rio Grande do Sul 8-85

Le lendemain, nous suivons une route bordée de dunes marécageuses parsemées d’éoliennes.

En fin de journée, alors que nous pédalons tranquillement, une charrette à cheval arrive en face de nous. C’est un moyen de locomotion très utilisé par ici, et nous en croisons fréquemment. Sauf que cette fois-ci, on est tombé sur le cheval le plus trouillard du Brésil, et que notre vélo ne lui a pas du tout inspiré confiance. Si bien qu’il se met à cabrer, puis à galoper tout droit dans le fossé. Et voilà la charrette renversée, le cheval avec les quatre fers en l’air, et surtout le conducteur coincé sous sa charrette. Tout s’est passé très vite, et on a eu une peur bleue !!! Florent se précipite pour aider ce pauvre monsieur. Et heureusement, il va bien. OUF ! On l’aide ensuite à retourner sa charrette, et son cheval, puis nous continuons chacun notre route, encore un peu secoués par ce malencontreux incident. On a eu tellement peur pour cet homme et pour son cheval. Mais heureusement au final, plus de peur que de mal. Mais depuis ce jour-là, on redouble de précautions lorsqu’on croise des cavaliers ou des charrettes à cheval.

Nous terminons notre journée à Cidreira, un petit village en bord de mer. Nous y rencontrons Louisa, qui nous propose de louer un petit appartement pour à peine 10 €. Génial ! Comme on s’y sent bien et qu’on a besoin d’un peu de repos. Nous y passons finalement 2 jours.

Après s’être bien ressourcés, nous nous remettons en selle, à travers les lacs et les marais.

Changement de paysage, nous voilà maintenant au milieu de plantations de pins cultivés pour leur résine.

Puis quelques kilomètres plus loin, nous passons sous un tunnel naturel interminable, surnommé le tunnel vert, un bien bel endroit!

Nous arrivons finalement dans la ville de Palmarès Do Sul, où après négociation, nous trouvons un hôtel abordable. Nous montons sur le toit de l’hôtel pour profiter de la vue et du coucher de soleil.

Un resto du coin nous offre une tonne d’empanadas fraîchement cuites rien que pour nous. Des gens trop sympas !!! On en fait qu’une bouchée pour notre repas du soir. Un vrai délice!

Le lendemain il fait un temps bien dégueulasse comme on les aime. On aurait bien passé notre matinée à faire la grasse mat’ au fond du lit, mais quand faut y aller, faut y aller ! Puis il parait que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Une fois le moral des troupes remonté à bloc, nous commençons à pédaler en essayant de faire abstraction du mauvais temps.

Mais heureusement, Flocon est toujours là pour égayer notre quotidien. Après quelques heures de route, il décide d’animer un peu notre journée, en cassant quelques rayons. Haaaaa rien de tel pour se remettre d’aplomb !

Rio Grande do Sul 29-85

En fin de journée, nous croisons une route latérale avec un panneau indiquant « Lagoa Azul », autrement dit : Le Lagon Bleu. Nous suivons donc ce chemin, en pensant déboucher sur un magnifique lac couleur azur. Ben en fait pas du tout. Il y a bien un lac, mais pour ce qui est du bleu azur, on a eu beau chercher, on n’a pas trouvé. Puis histoire de compléter ce beau tableau, il se met à pleuvoir des cordes. Nous trouvons finalement une chambre où dormir, à l’arrière d’une petite épicerie.

Le jour suivant, nous roulons toujours au milieu du même décor, à savoir des prairies et des vaches. Mais aujourd’hui, nous avons droit à une petite excentricité, car il y a également des nandous (sorte d’autruches) au milieu des vaches.

Rio Grande do Sul 31-85

Petit arrêt ravitaillement dans une gargote de camionneurs…

Rio Grande do Sul 32-85

…avant de terminer notre journée dans la ville de Mostardas, où nous sommes gentiment hébergés chez les pompiers.

Nous passons la soirée avec Fifa, un pompier volontaire, qui nous cuisine du bon poisson qu’il a fraîchement pêché. Un régal !

Au réveil, il fait un temps magnifique. Enfin ! Ça fait du bien ! Les paysages sont tout de suite plus sympathiques sous un ciel bleu.

C’est une journée placée sous le signe des tortues. En effet, il y en a plein dans la région. Mais malheureusement, bon nombre d’entres elles meurent écrasées en tentant de traverser la route. N’écoutant que notre cœur et notre courage, nous n’avons pas hésité un seul instant à nous arrêter en pleine progression pour sauver quelques unes d’entres elles qui se dirigeaient vers une mort certaine…

Vous pouvez remarquer comme elles ont le regard plein de reconnaissance.

Après 80 km parcourus sans croiser âme qui vive (mis à part nos copines les tortues), nous arrivons finalement dans un minuscule village. Nous y trouvons une petite auberge de camionneurs. Et nous voilà devant notre chambre grand luxe, avec terrasse aménagée, s’il vous plait ! Et une fois n’est pas coutume, nous changeons un rayon cassé en fin de journée. Cette nuit-là, on a prié pour que le toit de notre chambre soit suffisamment résistant pour supporter le poids de la citerne d’eau de l’auberge…

Rio Grande do Sul 44-85

Le lendemain, on reste dans la continuité, et nous pédalons aux côtés des vaches…

Alors que nos estomacs commencent à grogner, nous tombons miraculeusement sur une petite guinguette improbable, au milieu de nulle part. Nous y sommes accueillis par Verhina, grande chanteuse de la région, qui nous prépare un repas simple mais efficace avec ce qu’il reste dans son frigo. C’est à la bonne franquette. Pendant que nous mangeons, Verhina nous raconte en détail sa grande carrière dans la chanson. Nous avons affaire à un sacré personnage.

Quelques kilomètres plus loin, nous sommes accueillis chez Paulo, un ami de Fifa le pompier. Pour le repas, il nous a cuisiné du capybara rôti. Nous demandons alors ce que c’est, et Paulo nous dit qu’il s’agit d’une sorte de cochon sauvage. Et en effet, ça a un peu le goût du porc.

Le jour suivant, nous arrivons en fin de journée à São José do Norte, où nous prenons le bac rejoignant Rio Grande.

Là-bas, nous prenons une journée pour nous reposer dans un petit hôtel, avant d’entamer la traversée du « désert ». En effet, les derniers 250 kilomètres nous séparant de l’Uruguay sont quasiment inhabités. La route traverse la station écologique de Taim, qui est la plus grande réserve biologique du Brésil. C’est en fait une mince bande de terre, coincée entre l’océan Atlantique et le lac Mirim, qui regorge d’animaux sauvages.

Allez, c’est parti ! Nous quittons Rio Grande, et 30 km plus loin, nous croisons un premier panneau indiquant que nous ne sommes plus qu’à 65 km de la réserve, et 221 km de Chui, situé sur la frontière Uruguayenne.

Rio Grande do Sul 54-85

Mais 6 kilomètres plus loin, nous croisons un nouveau panneau.

Rio Grande do Sul 55-85

Et là, nous nous rendons compte qu’il y a un truc qui cloche dans leurs calculs… Sur le premier panneau, nous étions à 585 km de Montevideo, et 6 km plus loin, nous ne sommes plus qu’à 555 km de Montevideo. Waouuuh, si ça pouvait tout le temps être comme ça, on avancerait vachement plus vite !!!

Fin de journée, nous arrivons à Taim, dernier petit village avant d’entrer dans la réserve. Là, nous demandons tout d’abord à la station essence s’ils n’ont pas un endroit où nous pourrions dormir ou bien planter notre tente. Le patron n’est pas très commode, et il nous propose de planter la tente sur le béton à côté de la pompe. On lui explique qu’on ne peut pas planter nos piquets dans le béton, et on lui demande si on peut se mettre dans l’herbe derrière le bâtiment. Mais sans comprendre pourquoi, il ne veut pas. Il veut bien qu’on se mette dans l’herbe, mais alors uniquement à l’avant du bâtiment, c’est-à-dire en bord de route.

Rio Grande do Sul 63-85

Quel charmant personnage… Autant vous dire qu’on n’est pas vraiment emballé par cette idée. On décide alors d’aller faire un tour dans le village, et accostons le premier homme que nous croisons. Et là, coup de chance, il nous invite à dormir chez lui. Il s’appelle Mauricio, et il vit ici avec son père. Ils louent une maison le temps de terminer la construction de la leur un peu plus loin. Ils sont super accueillants, et ils ont une chambre double toute prête à nous accueillir. Que rêver de mieux. En plus, leurs femmes viennent de repartir après avoir passé le weekend avec eux. Du coup, la maison sent bon le propre et le frigo est plein de bons petits plats. Incroyable ! Et dire que 20 minutes plus tôt, notre seule option était de dormir en bord de route à côté d’une pompe à essence. Comme quoi, des fois, la chance nous sourit, et elle nous sourit bien ! Mauricio et son père sont tout simplement ADORABLES. Et ils s’assurent qu’on ne manque de rien. Nous partageons ensemble un délicieux repas, avec en prime du gâteau au chocolat pour le dessert. Quelle belle soirée !

Rio Grande do Sul 56-85

Au petit matin, nous découvrons une table de petit déjeuner de champions, que le père de Mauricio nous a gentiment préparé. Ces deux hommes sont vraiment merveilleux. Mauricio (qui est un ancien mécano moto) nous propose alors de réparer notre béquille cassée. Décidément, on est vraiment bien tombé…

Un dernier câlin avec le chat de la maison avant de quitter Mauricio et son père, à contre cœur.

Quelques coups de pédale et quelques vaches plus loin, nous voilà arrivés dans la réserve écologique de Taim.

Et les animaux sauvages ne se sont pas fait attendre…

Nous découvrons alors que ces cochons d’inde géants s’appellent des Capybaras. Et là, OH MALHEUR, nous comprenons que c’est ça, l’espèce de cochon sauvage, que nous avons mangé chez Paulo quelques jours plus tôt. Nous poursuivons notre chemin, et pendant de longues heures, nous ne croisons rien ni personne à part nos amis les capybaras. La fatigue et la faim commencent à se faire sentir, et on commence à se dire que c’était pas si mauvais le cochon d’inde rôti au final… En plus, on pédale sous un crachin dégueulasse avec un bon vent en plein dans notre gueule. Que du plaisir ! Mais là, enfin, nous apercevons des signes de vie… une pompe à essence, HALLELUJAH !!! Ouf, la nuit allait bientôt tomber, et on commençait un peu à désespérer.

Le patron de la pompe est cette fois-ci beaucoup plus sympa, et il nous propose de dormir gratuitement dans une chambre désaffectée utilisée autrefois pour loger les employés. Bon, ça ne sent pas la rose, c’est rempli de cafards et autres bestioles rampantes, mais au moins on est au sec et en sécurité. Puis fatigués comme on est, on s’endormira sans problème n’importe où.

Le lendemain, on profite d’une fresque se trouvant le long de la station service pour illustrer notre parcours de Rio de Janeiro à Montevideo…

Rio Grande do Sul 76-85

Nous sortons de la réserve, et nous sommes maintenant entourés d’Estancias (grandes exploitations agricoles). Autrement dit, c’est surtout des prairies, des vaches, et des champs qui nous entourent. Peu avant que le soleil se couche, nous nous mettons à la recherche d’un endroit où dormir. Nous n’avons pas beaucoup d’autres choix que de demander dans les quelques fermes que nous croisons. Nous terminons finalement dans la Estancia Amelia, où un gaucho (cowboy sudaméricain) accepte que l’on dorme dans un petit local à l’arrière de la grange. Là encore ce n’est pas le grand luxe, mais par contre, le cadre et la vue valent le coup ! Surtout qu’on a droit à un coucher de soleil époustouflant qui a littéralement enflammé le ciel ! Nous nous endormons aux côtés des vaches et des chevaux.

Au petit matin, nous sommes réveillés par les cris des gauchos déjà occupés à rassembler leurs vaches et à dresser leurs chevaux. Nous prenons notre petit déjeuner en profitant du spectacle. Nous disons ensuite au-revoir à notre ami gaucho et à sa famille, avant d’entamer notre dernière journée de vélo au Brésil. Car d’ici quelques heures, nous serons en Uruguay !

Nos hôtes au Brésil 54-54

En chemin, nous croisons un chantier d’éoliennes en construction. Impressionnant !

Rio Grande do Sul 84-85

Et nous voilà, quelques kilomètres avant de passer la douane Brésilienne.

Rio Grande do Sul 85-85

Et c’est là qu’on a commencé à avoir un bon petit coup de pression. Car pour ceux qui s’en souviennent, nous étions un peu court pour arriver à la frontière avant que notre visa se termine. Et en effet, cela fait maintenant 12 jours que notre visa brésilien a expiré, et que nous vivons dans l’illégalité. Nous ne savons pas trop comment les douaniers vont le prendre. A Florianopolis, la Police Fédérale nous avait dit que nous aurions à payer une taxe par jour dépassé à compter de la date d’expiration de notre visa. On espère que la note ne sera pas trop salée. Arrivés à la frontière, nous donnons nos passeports au douanier en croisant les doigts. Et sur ce coup là, on peut remercier notre Flocon, car les douaniers l’ont adoré, et ils voulaient tous le prendre en photo. Ils nous ont alors fait quelques blagues, puis ils nous ont laissé passer, sans rien nous demander. Trop sympas !

Nous terminons donc notre périple au Brésil dans la joie et la bonne humeur, avant d’entrer dans Chui, ville frontalière entre le Brésil et l’Uruguay ! C’est une sorte de vortex dans lequel nous ne sommes ni au Brésil, ni en Uruguay. Va falloir qu’on prenne garde à ne pas nous faire phagocyter par ce trou noir…

Une réflexion sur “ La dernière ligne vraiment droite ! ”

  1. Oh mes Floo chéris, c’est trop chouette! de plus en plus passionnant et toujours votre merveilleux humour à travers tout. Bonne route vers le Laos et …à lundi prochain. Bisous. Mouti

Laisser un commentaire