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L’émeraude brésilien

Sur le ferry de retour d’Ilha Grande, nous rencontrons Lukas, un Suisse terminant un voyage à vélo de 7 mois en Amérique du Sud. Il est parti d’Ushuaïa (située en Terre de Feu, dans l’extrême-sud de l’Argentine) et a traversé l’Amérique du Sud pour arriver jusqu’à Rio de Janeiro. Pour les intéressés, voici l’adresse de son blog. Mais Lukas a malheureusement du terminer son voyage en bus car il s’est fait agresser 2 semaines plus tôt à Praia Grande, dans la région de Sao Paulo. L’agression a eu lieu en plein jour, sur la piste cyclable le long de la plage. Heureusement, il n’a subi que de légers coups et blessures, mais par contre il s’est fait voler son vélo et ses sacoches. Les policiers lui ont dit que les rackets de vélo étaient malheureusement très courants dans la région.

En effet, nous avions déjà eu écho d’autres cas d’agression et de vol de vélo dans le même coin. Nous pensions alors qu’il s’agissait peut-être simplement de malchance. Et nous hésitions à prendre un bus pour éviter de passer par cette zone. Mais maintenant que nous avons discuté avec Lukas, plus d’hésitation possible ! Nous prendrons le bus, c’est plus sûr.

Mais nous n’en sommes pas encore là… Pour l’heure, nous venons de débarquer à Angra Dos Reis. Nous y passons la nuit, avant de reprendre notre route vers le sud. Nous avons prévu de parcourir environ 250 kilomètres à vélo, jusqu’à Ilhabela, à partir d’où, nous prendrons le bus afin d’éviter les zones dangereuses. Nous pensions alors qu’en longeant la côte, nous n’aurions quasiment que du plat jusque là. Et bien, ce n’est pas du tout le cas. Ce sont en vérité 250 kilomètres de montagnes russes qui nous attendent, nous faisant successivement monter à 150 mètres d’altitude, puis redescendre au niveau de la mer. Nous voici en pleine ascension.

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Bon, ça ne fait peut-être pas très plaisir à nos mollets, mais par contre une fois en haut, nos yeux se régalent, et c’est le principal ! Voici quelques uns des magnifiques points de vue que nous avons pu admirer sur notre route…

Mais ce qu’il y a de bien aussi après les montées, c’est les descentes !!! Et les descentes, ça fait le bonheur de Florence, et ça, ça n’a pas de prix! :-)

En chemin, nous nous arrêtons dans la très jolie ville de Paraty. Nous sommes hébergés chez Claudio, qui est pianiste et joue dans les bars et restaurants de la ville. Il a un petit appartement, situé dans un lotissement très charmant entouré de verdure. Et son voisin a une voiture plutôt sympa…

Nous y passons finalement trois nuits. Et nous avons bien raison, car c’est une ville qui vaut vraiment la peine d’être visitée. Paraty est tout d’abord connue pour sa vie culturelle intense. Elle accueille chaque année l’un des plus grands festivals littéraire du Brésil, ainsi que le Bourbon (grand festival de Jazz) et de nombreux autres évènements musicaux et culturels tout au long de l’année. Nous y avons en effet ressenti une vraie effervescence artistique. Que ce soit de jour comme de nuit, on y croise à chaque coin de rue des musiciens, artistes et autres saltimbanques, qui proposent pour certains des prestations de grandes qualités. De plus, l’architecture de la ville lui confère également un intérêt majeur. Rare témoignage de l’architecture coloniale Brésilienne, on y retrouve des influences d’Europe, mais également d’Asie (toits relevés) et d’Afrique du Nord (moucharabieh). Enfin, la ville est traversée par plusieurs canaux, et à chaque marée, l’océan s’engouffre dans les ruelles, et Paraty se transforme en une petite Venise pour quelques heures.

Lors de ses trois jours à Paraty, nous retrouvons Vincent et Melinda, avec qui nous avions fait l’ascension du Pic du Papagaio à Ilha Grande. Nous rencontrons aussi Géraldine, une française faisant elle aussi le tour du monde. Nous passons une super soirée tous les cinq, agrémentée de caipirinhas, pour changer. Mais ici, les caipirinhas ont une toute autre saveur. Car Paraty est également l’un des hauts lieux de ce cocktail national, abritant chaque année en août le festival de la cachaça, que nous avons malheureusement raté de peu.

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Nous quittons ensuite Paraty pour reprendre notre route à travers la forêt tropicale.

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En fin de journée, nous décidons de quitter la route principale et d’emprunter un chemin sans trop savoir où il mène. C’est comme cela que nous découvrons Picinguaba, une magnifique petite crique de pêcheurs isolée.

Une fois sur place, il nous faut encore trouver un endroit où dormir. Après discussion avec quelques villageois, nous sommes finalement accueillis chez Elios, un vieux pêcheur, et sa femme Joana, couturière retraitée. Ils nous proposent leur chambre d’amis, et ça nous va tout à fait !

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En plus, ils ont une petite chienne adorable qui se prénomme Sapeca (ce qui signifie canaille).

Au réveil le lendemain, il pleut des cordes. Jugeant trop dangereux de reprendre la grande route par un temps pareil, nous décidons de rester une nuit de plus. La pluie s’arrête finalement en fin de journée, nous partons alors faire une petite balade dans la colline et Florent en profite pour prendre quelques clichés.

Le jour suivant, nous prenons une photo souvenir avec Elios et un de ses amis pêcheurs, avant de quitter Picinguaba sous un ciel gris. Mais heureusement pas de pluie à l’horizon pour l’instant.

Nos hôtes au Brésil 6-54

Malgré la grisaille, nous profitons tout du même du paysage lors de notre pause pique-nique.

Comme cela nous avait bien réussi deux jours plus tôt, nous décidons en fin de journée de suivre à nouveau un chemin au hasard.

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Celui-ci nous conduit à Praia do Prumirim, une petite plage fort sympathique.

Nous y rencontrons le gang des chiens saucisses mieux connu sous le nom de « Sausages Gang », redouté dans toute la région.

Nous trouvons alors un camping proposant également des petites chambres à louer. La météo ne se prêtant pas vraiment au camping, nous optons pour la petite chambre. Nous partons ensuite nous promener sur la plage, et tombons sur, Luiz et Rafael, deux Brésiliens voyageant également à vélo. Ils sont étudiants à Sao Paulo, et ils ont décidé de rejoindre Rio de Janeiro pendant leur mois de vacance. Nous passons ensemble une soirée tranquille autour du feu, et d’une bouteille de cachaça, une fois n’est pas coutume.

Notre étape suivante sera Ubatuba. Cette fois-ci pas de petit chemin magique car nous sommes en pleine ville. Notre unique option de logement va assez vite se résumer à trouver la pousada la moins chère du coin. Et on en trouve finalement une très charmante, et à bas prix. Mais celle-ci se trouve en haut de la colline, et il n’y a qu’une route de terre rocailleuse et pentue pour y accéder. Ce qui explique peut-être son prix moins élevé. Mais une fois en haut, nous profitons de la vue et du coucher de soleil, avec Marley, l’adorable chiot de la patronne.

Le lendemain nous parcourons 80 kilomètres jusqu’à Sao Sebastiao. Nous avons prévu d’y prendre le ferry à destination d’Ilhabela. Mais quelques minutes avant d’arriver à l’embarcadère, nous entendons un bruit suspect à l’avant du vélo. Nous constatons alors que 5 rayons de la roue avant ont cassé. N’ayant ni le temps ni la capacité de les changer sur le moment, nous rejoignons le ferry prudemment, puis embarquons vers Ilhabela.

Là-bas, nous sommes accueillis chez Pedro et Isabela, des wamshowers. Ils sont tous les deux architectes, et tiennent une chambre d’hôtes incroyable logée dans 4500 m² de forêt tropicale. Un vrai petit paradis ! Ils proposent gratuitement leurs chambres aux cyclovoyageurs, lorsque celles-ci ne sont pas déjà réservées. C’est juste magique !

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Le premier jour, nous nous rendons d’abord dans un magasin de vélo pour y faire changer nos rayons. Nous en avions 6 de rechange, il ne nous en reste donc plus que 1 !

Nous découvrons ensuite que c’est les 210 ans de la ville cette année, et que différents évènements sont organisés à cette occasion. Il y a notamment une course pour enfants sur la plage. Les deux petits garçons de Pedro et Isabela vont y participer, et ils nous proposent de les accompagner. Nous allons ensuite en famille au Festival de la crevette, où chaque restaurant de l’île tient un stand proposant un plat à base de crevettes. Et sans surprise, le concept a énormément plu à Florence.

Le jour suivant nous avons rendez-vous au sud de l’île avec Edneia, une autre warmshower qui a également un tandem couché. Nous allons à vélo jusque chez elle. Mais une fois là-bas, il n’y a personne. Nous patientons une heure sans réussir à la contacter. Ce n’est que 2 heures plus tard que nous recevons un message de sa part disant qu’elle nous a oublié et qu’elle propose de reporter notre rendez-vous au lendemain. Sur le chemin du retour, un rayon casse à nouveau. Décidément, ce n’est pas notre jour de chance. En plus il ne nous reste plus qu’un seul rayon de secours. Et le problème c’est que c’est une taille de rayon particulière, et qu’aucun magasin de vélo n’en vend à Ilhabela. Il n’y a qu’à Sao Paulo que nous pourrons peut-être en trouver. Le lendemain, nous utilisons donc notre dernier rayon de secours avant de repartir au rendez-vous. Et cette fois-ci, Edneia ne nous a pas oublié, heureusement! C’est l’occasion de tester un autre modèle de tandem couché. Et pour être honnête, l’AZUB Twin l’emporte haut la main!

En rentrant, nous faisons un petit arrêt au supermarché, histoire de faire quelques provisions pour les jours suivants. Et nous voilà à la sortie avec tous nos sacs plastiques en mode manouche…

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Avant de quitter Ilhabela, nous décidons de prendre une journée pour aller visiter l’autre côté de l’île en jeep.

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Nous sommes accompagnés par 3 argentins et une bolivienne en vacances. Et même s’il ne fait pas très beau ce jour-là, nous passons tout de même une agréable journée tous ensemble. Sans oublier au retour, la visite du prestigieux musée nautique d’Ilhabela.

C’est donc notre dernière soirée à Ilhabela. Pedro et Isabela nous invitent à manger, et nous passons un très bon moment ensemble. Pour la suite, nous avons finalement décidé de prendre un bus jusqu’à Sao Paulo. Puis d’y passer une journée ou deux, le temps de trouver les rayons dont on a besoin. Une fois ce problème réglé, nous reprendrons un autre bus jusqu’à Curitiba. Ce qui nous permettra d’éviter les zones dangereuses. Le lendemain, nous disons au revoir à Pedro et Isabela avant de reprendre le ferry jusqu’à São Sebastião.

Là-bas, nous nous rendons à la gare routière, puis préparons le vélo et les sacoches avant l’arrivée du bus.

Voici ce qui clôture, avec notre précédent article sur Ilha Grande, notre périple le long de la Costa Verde brésilienne… C’est une région qui nous a vraiment marqué par sa splendeur et ses richesses à la fois culturelles et naturelles. Nous avons d’ailleurs découvert par la suite que Lonely Planet avait classé la Costa Verde dans son best of 2016 des 10 régions à visiter, ce qui est largement mérité. Et si vous n’êtes pas encore complètement convaincus, nous vous conseillons d’aller faire un tour sur le carnet de voyage du Guide du Routard. C’est un article très intéressant qui vous décrira mieux que nous ce petit bijou de la côte brésilienne. En bref, vous savez où aller pour vos prochaines vacances…

Une réflexion sur “ L’émeraude brésilien ”

  1. Quel moment agréable que de vous lire.
    Toujours triste que le récit se termine.
    Les photos sont magnifiques.
    Consommez du plaisir sans modération.
    Nous pensons fort à vous.
    Gros gros bisous.
    Famille ascii

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