En route vers Lisbonne 24-51

Les montagnes portugaises

Au petit matin, nous sommes rejoints par Antonio et Angel pour le petit déjeuner.

Une fois sur le départ, Antonio veut s’assurer que nous ne manquons de rien. Il nous propose alors des couverts, des assiettes, des sacs, des vieux pulls,… Nous lui expliquons alors gentiment qu’on a tout ce qu’il nous faut (et même plus qu’il n’en faut), et que nous n’avons pas la place pour emporter tout ça. Mais il n’en démord pas et continu à nous proposer une multitude d’objets insolites. Comprenant qu’il ne s’arrêterait pas tant qu’on aurait pas accepté quelque chose, nous portons finalement notre choix sur une belle casquette rouge. Au moment des aurevoirs, Antonio est inquiet. Il veut qu’on fasse bien attention sur la route et surtout qu’on roule doucement. On le rassure en lui expliquant que notre Flocon n’est pas vraiment une flèche, et que notre vitesse de pointe dépasse rarement celle du paresseux. Rassuré, Antonio nous demande quand même de lui donner des nouvelles de temps en temps, pour qu’il sache qu’on va bien. Il nous répète avec insistance que nous sommes les bienvenus chez lui, quand on veut, et qu’il espère nous revoir un jour. De notre côté également, on a du mal à les quitter tous les deux. Nous ne nous connaissons pas, nous ne parlons pas la même langue, mais malgré tout, en seulement une nuit, nous avons tissé des liens forts avec ces deux grands-pères. Nous entamons alors notre ascension vers la frontière portugaise, tout en jetant un dernier regard vers Antonio et Angel.

Viva España 92-93

Après quelques kilomètres, nous quittons l’Espagne pour le Portugal.

On se rend vite compte que nous n’arrivons pas dans un plat pays et qu’il va falloir s’habituer aux montagnes Russes Portugaises.

En route vers Lisbonne 8-51

Une autre chose à laquelle Florent va devoir s’habituer, ce sont les douches portugaises. :-)

En route vers Lisbonne 7-51

N’ayant pas de Warmshowers sur notre route avant Lisbonne, nous sommes passés en mode manouche. C’est à dire : on pédale jusqu’à la tombée de la nuit, puis à ce moment là, on commence à errer dans les villages en espérant trouver une bonne âme prête à nous héberger. Autant vous dire que ça n’a pas vraiment fonctionné comme on l’espérait. Les portugais sont assez méfiants en fait, voir complètement paranos pour certains. On ne sait pas si c’est seulement le cas dans la région où on était, mais les gens étaient plutôt du genre à fermer leurs volets et leurs portes à double tour lorsqu’on s’approchait. Puis toutes les maisons sont munies d’alarme et de chiens de garde pas commodes. Mais au final, en persévérant, on a toujours trouvé un endroit où dormir.

Un soir, par exemple, nous errions déjà depuis quelques temps dans un village, quand nous sommes tombés sur Maria. Elle est portugaise, et son mari, Jean-Marc est français. Ils travaillent tous deux à Val d’Isère pendant la saison de ski, et passent ensuite l’été dans leur maison au Portugal. Sans même nous connaître, ils nous ont généreusement accueilli dans leur chambre d’ami.

Nos hôtes au Portugal 2-6

Le lendemain, nous avons suivi un chemin longeant l’autoroute. Puis, après plusieurs heures en plein cagnard, on aperçoit une aire de repos avec pompe à essence. Alleluyah ! Enfin un peu d’ombre, à boire et à manger ! Mais une fois arrivés là-bas, aucun moyen d’y accéder. Notre chemin est séparé de l’autoroute par des hauts grillages. Nous voilà alors, désespérés, de l’autre côté des grillages, à baver en regardant le snack bar de l’air de repos. Nous commencons alors à analyser chaque mètre de grillage nous séparant de la civilisation. C’est alors que, par miracle, nous avons trouvé un passage secret via le local à poubelle. C’est donc avec classe, que nous sommes finalement parvenus à entrer sur cette aire d’autoroute.

En route vers Lisbonne 17-51

Nous avons alors garé notre monture devant le snack bar, sous le regard ébahi des gens.

En route vers Lisbonne 16-51

Une fois désaltérés et rassasiés, nous avons repris notre chemin plein de bosses, longeant cette belle autoroute bien lisse et plate. Ce soir-là, après plusieurs heures à rouler sans croiser âme qui vive, nous arrivons dans un petit village d’environ 10 habitants. Nous décidons de nous arrêter là pour chercher un endroit pour dormir. C’est là qu’on aperçoit une voiture avec une plaque anglaise garée devant la première maison. Des anglais ! On saisi notre chance et toquons à la porte. Nous rencontrons alors Janice, Mick et leurs deux beagles. Ce sont deux retraités anglais, venus s’installer au Portugal il y a quelques années. Ils ont l’air SUPER CONTENTS de nous rencontrer. Surtout Mick qui est vraiment très joyeux. Janice nous explique alors, son verre de whisky coca à la main, que c’est la fête des pères aujourd’hui en Angleterre, et que Mick a un peu trop fêté ça avec ses bons amis Johnnie Walker et Jack Daniels. Leur maison étant actuellement en travaux, ils nous proposent de camper dans leur jardin, et d’utiliser leur salle de bain et cuisine si on le souhaite.

En route vers Lisbonne 21-51

Au petit matin, nous sommes réveillés par un des beagles aboyant contre son propre écho dans la montagne. Janice et Mick nous invitent alors à les rejoindre pour le petit-déjeuner avant de reprendre notre route.

Nos hôtes au Portugal 3-6

Nous continuons donc à pédaler dans la chaleur et les montagnes portugaises.

En route vers Lisbonne 23-51

Nous terminons notre journée sur une route en serpentin, qui doit être une des seule route du coin, vu la quantité de camions qu’on croise.

En route vers Lisbonne 28-51

Ce soir-là, notre recherche de logement a été un peu rock’n’roll. Nous arrivons donc dans un petit patelin et commençons à demander aux gens où est ce qu’on pourrait planter notre tente pour la nuit. Mais bien sûr, ils nous répondent tous qu’ils n’ont pas de jardin et qu’il n’y a aucun endroit où planter notre tente (c’est cela oui…). Nous allons finalement demander au bar du village s’ils peuvent nous aider. Voilà qu’on nous conseille d’aller voir chez Louisa, en face de l’église, c’est une dame qui loue une chambre pour vraiment pas cher. Arrivés là-bas, il n’y a personne. Nous demandons alors de l’aide aux voisins curieux à leur fenêtre et aux passants. Nous comprenons assez vite qu’il s’agit en fait d’une chambre de passe, louée normalement 5 euros la journée (ou l’heure). Louisa n’est pas là, mais un client voisin lui téléphone. Malheureusement, ou bien peut être heureusement pour nous, Louisa refuse de nous louer la chambre pour la nuit. Dommage, on aurait pu se faire un peu d’argent avec les clients nocturnes… ou pas. Avec tout ça, il est déjà 22h, il fait nuit depuis un bon bout de temps et on est toujours dans la rue, sans endroit où dormir. Le prochain camping est à 15 km, et on se voit mal reprende la route en serpentin dans le noir, avec tous les camions qui doublent. On est mal barré. Puis, au moment où on commençait sérieusement à considérer l’option « dormir sur le parvis de l’église », un des voisins nous a alors proposé de nous amener avec son camion jusqu’au camping. Miracle ! Ni une, ni deux, on a chargé notre vélo dans son camion, et on est parti de ce patelin inhospitalié.

On est arrivé au camping à 22h55, juste avant qu’il ferme. Avec tout ça, on n’a rien mangé, on a la dalle, et nos réserves de bouffe sont à sec. On fonce au snack du camping avant qu’il ferme, et on achète ce qu’il leur reste, à savoir : 2 canettes de coca, un petit paquet de chips, un espèce de beignet fourré à la viande, et un « pastel de nata ». C’est bon, on a l’entrée, le plat et le dessert ! Un bon repas complet après une grosse journée de vélo, y’a rien de tel. Après tout ça, on a terminé la journée par une de nos activités préférées : le montage de tente dans le noir, sans faire de bruit pour pas réveiller les autres campeurs.

Après une nuit plutôt courte, on a repris notre route. Il ne nous reste normalement plus qu’une nuit à passer en mode manouche avant d’arriver à Lisbonne, où des Warmshowers nous attendent.
On décide alors de changer de tactique pour notre dernière nuit avant Lisbonne, et d’aller directement au Camping, sans passer par la case « perdre son temps à chercher un logement chez l’habitant ». On a bien fait, car le gars du camping était trop cool, et il nous a fait la nuit gratos.

Nous avons alors passé de longs kilomètres à traverser les champs de tomates Heinz®.

En route vers Lisbonne 32-51

Après lesquels, nous sommes finalement arrivés à Lisbonne !

En route vers Lisbonne 43-51

Nous avons passé trois jours dans une super famille de Warmshowers, avec Joao et Ana (les parents), Madalena et Joana (leurs filles jumelles), Tomas (leur fils), Diego (un Equatorien venu faire un master en design), et Mellow (leur labrador).

Nos hôtes au Portugal 6-6

Puis le 27 juin, nous avons pris la route de l’aéroport avec notre tandem. Ce qui est sûre, c’est que notre arrivée dans l’aéroport a été quelque peu remarquée. En effet, c’est pas tous les jours qu’on voit débarquer deux péquenauds en tandem couché dans un aéroport international.

En route vers Lisbonne 47-51

On s’est alors tranquillement installé dans le hall de l’aéroport pour démonter notre vélo sous le regard dubitatif des voyageurs.

Après le démontage, on est passé à la deuxième partie du plan. A savoir, emballer notre vélo dans du film plastique à l’aide de la machine normalement utilisée pour les bagages. Fallait voir la tête des deux gars du stand emballage quand on leur a expliqué ça… Au début ils étaient pas vraiment emballés par cette idée. Puis, après discussion et négociation, ils ont finalement accepté.

Une fois notre vélo démonté et « correctement emballé », nous avons dit aurevoir à l’Europe, que nous ne reverrons que dans un an. Et puis nous nous sommes envolés vers le Sénégal.
Nous voilà partis pour un mois sans faire de vélo… Notre flocon nous manque déjà.

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