Le Grande Gabon 88-94

Mets ton casque que je t’dis !

29 juillet 2015 : Nous sommes à bord du Grande Gabon, il est 1h du matin et nous venons d’entrer dans la baie de Rio de Janeiro. Malgré la nuit brumeuse, nous profitons du spectacle et des lumières de la ville jusqu’à 2h30, heure à laquelle nous accostons au port. Après quelques heures de sommeil, nous nous réveillons, impatients de découvrir la cité merveilleuse. En plus, nous sommes attendus par des warmshowers, et nous avons hâte de les rencontrer.

Il est 8h, et l’équipage nous signale que nous pouvons descendre du bateau. Nous voilà donc, 20 minutes plus tard, sur le quai avec nos sacoches et nos caisses. Etant plutôt chargés, et devant parcourir une assez longue distance pour atteindre la sortie du port, nous nous sommes mis d’accord avec l’équipage pour qu’ils nous aident à transporter tout ça à l’aide de leur transpalette. Mais le problème, c’est que les Brésiliens ne rigolent pas en matière de sécurité (ce qui en soi est une bonne chose). Mais nous, ça ne nous arrange pas vraiment.

Tout d’abord, nous venions à peine de descendre sur le quai avec nos affaires, qu’un des chefs sécu Brésilien nous tombe dessus. Là, il commence à nous parler en portugais, l’air un peu énervé. Nous comprenons finalement qu’il nous explique que nous ne pouvons pas rester là parce que nous n’avons pas de casque de sécurité, et que le casque de sécurité est obligatoire partout dans le port. Nous lui expliquons alors que nous sommes tout à fait d’accord de porter un casque de sécurité, mais que nous n’en avons pas. Il nous répond à nouveau que nous devons porter un casque ! « Oui oui, ça on a bien compris monsieur… Mais on va pas les pondre tes casques, donc si tu veux bien nous les fournir, nous on veut bien les porter ! Et puis comme ça tout le monde sera content, d’accord ? » A cela il nous répond qu’il n’a pas de casque pour nous, et que l’équipage du bateau doit nous en fournir, sinon on ne pourra pas rester là, et on devra remonter sur le cargo.

Nous allons donc demander des casques à l’équipage du bateau. Mais ne se sentant pas franchement concernés par notre problème, ils nous disent que c’est aux agents du port de nous les fournir. Ca tombe bien ça, parce qu’ils nous ont exactement dit le contraire. Bon, voyant notre détresse, ils ont tout de même entrepris de pénibles recherches, pour ne trouver finalement qu’un seul casque. Bon, c’est déjà ça, le chef sécu Brésilien ne tire plus la gueule qu’à moitié maintenant !

Mais v’là-t’y pas qu’un deuxième chef sécu rapplique, et n’en démord pas, il faut qu’on trouve un deuxième casque, sans quoi nous devrons remonter à bord du bateau.  Mais nous on veut bien les porter tes casques, il suffit juste de vous mettre d’accord et de nous les fournir, c’est tout. C’est donc après moult discussions, que l’équipage a finalement réussi à nous trouver un deuxième casque. ALLELUIA !!!

Monsieur sécu est enfin satisfait, ce qui nous laisse un peu de répit. Mais notre répit ne sera que de courte durée, car mister sécu revient à la charge en nous expliquant que nous ne pouvons pas utiliser le transpalette pour sortir du port. Nous lui demandons donc si nous pouvons sortir à pied, en faisant plusieurs aller/retour pour transporter les caisses et toutes nos affaires. Mais là non plus, il n’est pas d’accord. Bon, c’est bien beau tout ça, mais on sort comment alors ? Arrive enfin un autre chef sécu, beaucoup plus commode, à qui nous expliquons notre problème. Ce dernier nous répond qu’il va demander au chauffeur du port de venir nous chercher avec son break pour nous amener jusqu’à la sortie. Haaaaaa, enfin quelqu’un de compétent qui trouve des solutions ! Il nous dit ensuite d’attendre là, et qu’il va organiser tout ça pour nous. Nous attendons donc sagement avec nos casques !

Le Grande Gabon 94-94

Puis une heure plus tard, toujours rien, pas de nouvelle. N’ayant aucun endroit où s’assoir, on s’est installé à même le macadam avec tout notre barda, en plein cagnard, comme des manouches. Du coup, on passe le temps en observant le ballet incessant de chargement et déchargement de machines et de voitures neuves à bord du Grande Gabon. Une autre heure plus tard, il est déjà 11h, et toujours aucune nouvelle.

Ah ! Au fait, on a oublié de vous préciser un petit détail… c’est que Florence a le mal de terre. Oui oui, le mal de terre ! Sur le bateau elle se sentait très bien, pas de mal de mer, rien ! Mais depuis que nous sommes sur la terre ferme, elle marche comme si elle était bourrée et elle a la sensation que ça tangue. Ce qui est assez marrant à voir, en fait !

C’est alors qu’un des responsables du port, que nous observions aller et venir depuis ce matin, s’approche de nous. Il nous demande si c’est bien nous qui attendons le chauffeur du port. « Affirmatif ! Tu crois qu’on fait quoi assis là depuis plus de 2 heures ? Tu crois qu’on attend le prochain bateau ou quoi ? T’en vois beaucoup d’autres des gringos paumés dans le port de Rio avec 50 kg de bagages et deux caisses en carton contenant un objet non identifié ? » Et là, comme une fleur, il nous dit que le chauffeur du port est parti en mission, et qu’il ne sera de toute façon pas de retour au port avant 13h, et que dans ce cas, on peut retourner dans notre cabine, et qu’il nous appellera quand il sera revenu. Donc ce que t’es en train de nous dire là, c’est que ça fait bientôt 3 heures qu’on est sur ce quai en plein soleil, à attendre comme des cons personnes sages et disciplinées, alors que depuis le début on aurait pu rester tranquille à faire la sieste dans notre cabine en attendant qu’on nous appelle. Mais bien sûr, ça fait des heures que tu passes devant nous, et c’est seulement maintenant que tu as jugé bon de nous en informer ?

Il est 11h30, et nous remontons donc sur le bateau pour patientier jusqu’à l’arrivée du chauffeur. Du coup, comme il ne sera certainement pas là avant 13h, nous informons le cuisinier que nous serons finalement parmi eux pour le repas de midi. On en profite ensuite pour faire une petite sieste.  Mais celle-ci sera de très courte durée, car à peine 20 minutes plus tard, nous sommes déjà appelés par le chauffeur qui nous attend sur le quai. Heureusement qu’on nous avait dit qu’il ne serait pas là avant 13h ! Bon, ben finalement, faut pas nous compter pour le repas de midi.

Nous redescendons donc avec toutes nos affaires, et retournons sur le quai avec nos casques bien sûr ! Safety first ! Puis après avoir tous chargé dans le break, nous discutons avec le chauffeur, et la bonne nouvelle, c’est qu’il veut bien nous conduire jusque chez nos hôtes, qui se trouvent de l’autre côté de la ville ! Et ça c’est vraiment une bonne nouvelle, parce que s’il nous avait seulement déposé à la sortie du port, ça aurait encore été une toute autre galère pour trouver un moyen de rejoindre l’autre bout de la ville avec tout notre bordel.

Une fois sortis du port, nous découvrons une ville pleine de reliefs et de contrastes. Les montagnes, l’océan et la jungle se mêlent aux buildings tout autour de nous, c’est vraiment impressionnant ! Nous arrivons alors chez nos hôtes warmshowers, qui habitent dans un appartement à 5 minutes à pied d’Ipanema. Génial ! Nous rencontrons Taylor (qui est américain), sa femme Manuela (une vrai carioca), et leur fils de 2 mois Tiago ! Ils ont été très accueillants et nous nous sommes très vite bien entendus avec eux. Si bien que nous sommes finalement restés une semaine chez eux et ils ont vraiment été géniaux avec nous ! Durant une semaine, nous avons donc pris le temps de visiter cette ville incroyable ! Mais tout ça, on vous le racontera dans le prochain épisode…

2 réflexions sur “ Mets ton casque que je t’dis ! ”

  1. Qu’est-ce-que vous racontez bien!On a beaucoup ri en vous lisant. Style parlé comme si on y était! La saga des casques est drôlissime.
    Mille mercis pour la carte de Rio reçue ce matin. C’est tellement gentil et ça fait fort plaisir. Bonne route vers Buenos Aires. Gros, gros bisous. Mouti & Michel

  2. Vous êtes phénoménaux, vos récits sont tellement fabuleux qu’on s’y croit, on a plus besoin de voyager. J’en ai même eu le mal de terre!
    je vous embrasse très fort.
    Biquette

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