De Garopaba à Torres 1-40

Petite pause au vert

Nous venons de débarquer sur la plage, après avoir quitter Florianopolis en bateau. Il nous faut maintenant rejoindre Garopaba, où des amis de Vinicius et Naiara nous attendent. Ce jour-là, on se rend compte que la béquille est en train de lâcher. Elle est même complètement fendue et ne tient quasi plus au vélo. Nous la détachons et la rangeons. De toute façon elle ne sert plus à rien comme ça. C’est pas très cool, mais on se doutait bien que ça allait arriver tôt ou tard. Ce n’est en tout cas pas ça qui va nous arrêter ! Nous poursuivons tranquillement notre chemin au milieu des vaches et des rizières.

Nous arrivons finalement à Garopaba, où nous sommes accueillis par Marina et Eduardo (les amis de Vinicius et Naiara). Ils vivent dans une maison à la campagne, où il fait bon vivre. Du coup on en profite pour se mettre au vert quelques jours.

Nos hôtes au Brésil 44-54

Et on a bien fait, car il a plu sans s’arrêter pendant deux jours entiers. Il y a d’ailleurs eu de graves inondations un peu plus au sud.

On profite des rares accalmies pour aller voir les toucans qui viennent se percher dans l’arbre derrière leur maison.

Nous passons deux journées paisibles avec Marina et Eduardo. Nous reprenons ensuite notre route vers le sud, malgré un temps toujours pluvieux.

De Garopaba à Torres 14-40

Sur le coup de midi, nous nous arrêtons dans un restaurant pour routiers. C’est buffet à volonté pour seulement 5€ !!! On ne peut pas passer à côté de ça. Nous prenons une pause et faisons le plein d’énergie.

Une fois les batteries rechargées, nous poursuivons notre route. Un peu plus loin, nous voyons qu’il y a une possibilité de rejoindre la route longeant la plage. Mais nous ne sommes pas sûrs qu’elle soit praticable. Nous demandons donc à un automobiliste passant par là. Ce dernier nous dit qu’il n’y a pas de souci. Le gars a l’air sérieux, donc on lui fait confiance et on y va. Les 5 premiers kilomètres se passent plutôt bien.

Mais ensuite la route devient de plus en plus boueuse. Et certaines parties sont même complètement inondées à cause de la pluie des jours précédents. « Nous transmettons bien sûr nos salutations les plus distinguées à l’imbécile l’automobiliste qui nous a dit que la route était tout à fait praticable ». Des fois on se demande s’ils ne le font pas exprès, pour pouvoir se marrer en nous imaginant ensuite pousser le vélo dans la gadoue. 7 kilomètres de bouillasse nous séparent donc de Laguna, la ville la plus proche. Autant vous dire qu’on a passé de longues heures de plaisir intense, avec un bon vent bien dans notre gueule, accompagné d’un petit crachin bien sûr, sinon c’est pas drôle, et la nuit qui va bientôt tomber. Compte tenu des circonstances, nous n’avons malheureusement pas eu le temps de photographier ce magnifique moment à la limite de la tragédie pathétique.

Nous arrivons finalement à Laguna sains et saufs, mais exténués. Nous y passons la nuit avant d’y prendre le bac le lendemain matin.

De Garopaba à Torres 19-40

Ce jour-là, le soleil est enfin revenu. On en profite à fond, surtout que la route est vraiment belle, et qu’on a même droit à une piste cyclable toute neuve sur plus de 30 kilomètres. Ça nous change de la veille ! :)

Le lendemain il fait de nouveau gris et nous devons prendre l’autoroute. :(

Mais nous avons une bonne surprise dans l’après-midi, lorsque le patron d’un restaurant nous invite à manger gratuitement dans son resto. BUFFET A VOLONTE pour 0 € !!!! Prix IMBATTABLE ! Si vous passez par la BR 101, arrêtez-vous au kilomètre 376, et saluez le Restaurant Bosquinho de notre part !

De Garopaba à Torres 22-40

Le lendemain la météo nous en fait voir de toutes les couleurs… Grand soleil dans la matinée, puis rafales de vent dans l’après-midi, et enfin pour terminer la journée en beauté, voilà un orage gigantesque qui arrive droit sur nous. Nous sommes au milieu de nulle part, entre deux patelins, et nous n’avons pas encore trouvé d’endroit où dormir. C’est alors qu’un automobiliste s’arrête, interloqué par notre vélo. Il s’appelle Jucelino. Nous entamons la discussion, et assez rapidement, il nous dit qu’il a une cabane dans son jardin dans laquelle nous pouvons passer la nuit. Miracle ! Nous le suivons sur quelques kilomètres avant d’arriver devant sa maison. Celle-ci se trouve dans un immense domaine, avec un étang, à côté duquel se trouve son ancien restaurant, qu’il a maintenant vendu.

De Garopaba à Torres 25-40

La cabane (qui est en réalité un grand chalet) se trouve à 100 mètres de la maison de Jucelino. Nous sommes entourés de prairies et de vaches. C’est magnifique ! On ne pouvait pas rêver mieux.

Au petit matin, nous faisons nos adieux à Jucelino et sa femme, avant de reprendre notre route.

Nos hôtes au Brésil 46-54

Nous pédalons au milieu des vaches pour changer, et terminons notre journée dans un petit village nommé Itapeva.

De Garopaba à Torres 37-40

Nous croisons alors un homme dans la rue. C’est un journaliste qui s’appelle Antonio. Il vit avec son père de 92 ans à quelques rues de là. Il nous propose de loger chez lui. Mais là, il doit aller faire un saut à son travail et n’a pas le temps de nous recevoir. Au même moment, des voisins sortent de leur maison, intrigués. Antonio leur demande alors de nous recevoir chez eux, le temps qu’il revienne de son boulot. C’est ainsi que nous nous retrouvons à leur table, avec un chocolat chaud, du pain et de la confiture, alors qu’on ne les connaissait pas il y a à peine 5 minutes. Bienvenue au Brésil !

De Garopaba à Torres 38-40

Une bonne heure plus tard, Antonio est de retour, et il nous emmène jusque chez lui. Nous découvrons alors sa maison et son père. La maison est dans un état plus que précaire, et la moisissure a l’air de faire partie des meubles depuis un bon bout de temps. Mais Antonio et son père sont tellement adorables et accueillants que nous faisons abstraction de l’insalubrité ambiante.

Un peu avant le coucher du soleil, nous entendons des bruits suspects sur le toit, qui tout d’un coup s’intensifient. Ca fait un boucan pas possible, on a l’impression que ça va s’effondrer. Nous sortons voir, et ce sont en fait d’énormes grêlons qui tombent du ciel ! On n’en croit pas nos yeux.

De Garopaba à Torres 39-40

Nous passons une soirée un peu spéciale, mais intéressante, avec Antonio et son père. Nous allons ensuite nous coucher dans une des chambres en décomposition. Il y a de l’orage toute la nuit, si bien qu’on a l’impression qu’il pleut dans la chambre (c’était peut être pas qu’une impression après réflexion). On croise les doigts pour que le toit nous tombe pas dessus, et on essaye de dormir comme on peut.

C’est donc après une nuit animée que nous retrouvons Antonio et son père. Nous buvons ensemble un café aux origines douteuses, puis vient l’heure des adieux. Une petite photo de famille s’impose!


2 réflexions sur “ Petite pause au vert ”

  1. Ah mes amis, vous nous gâtez avec vos récits ! Il est vrai que plus les choses sont rares plus elles se valorisent !
    C’est comme les kilomètres pour vous: ils ne…coûtent quasi plus rien (enfin, quoi que…). Votre expérience de globe-trotters doit vous forger un mental assez particulier. On ne sort pas « indemne » de cette expérience. Vous rédigez magnifiquement bien; les photos sont épatantes. Nous avons mangé avec Mumu et Alice hier midi et elles on raconté…C’est devenu une vraie affaire de famille… Vous nous en bouchez. On pense à vous souvent. On sait que le Brésil est bien derrière vous et que c’est l’air du Cambodge que vous reniflez.
    On ne doit pas vous parler des Khmers rouges ? Ils existent encore ?
    A éviter !
    Je vous embrasse

    Michel

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