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Un tout petit problème technique

Nous quittons Araquari sous un ciel bleu, confiants.

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Mais une heure plus tard, le beau ciel bleu s’est transformé en un vrai déluge. Et ça a continué comme ça toute la journée. On aurait dit que l’océan atlantique tout entier avait décidé de se déverser sur nous. Et pour couronner le tout, nous sommes sur l’autoroute, et il n’y a pas d’autres routes possibles. Autant vous dire, qu’on a déjà connu plus agréable. Puis la pluie s’intensifie, et il devient trop dangereux de pédaler en bordure d’autoroute dans ces conditions. A moins d’être sadomaso, kamikaze, ou bien complètement con, ce qui n’est pas notre cas (enfin pour la dernière catégorie ça n’a pas encore été confirmé). Nous nous réfugions dans une station service, trempés jusqu’aux os, pendant presque 2 heures. Ayant désespérément besoin d’une bonne douche chaude, nous regardons les possibilités de logement aux alentours. Il n’y a pas de warmshowers. L’option la moins chère et la plus proche est donc un Airbnb (location d’une chambre chez un particulier) se trouvant à 20 km, dans la ville de Barra Velha. Nous profitons d’une petite accalmie pour y aller. La suite du trajet est rythmée par les averses. Nous nous mettons à l’abri sous les ponts lorsque la pluie est trop forte.

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Nous arrivons finalement à Barra Velha. Et notre première surprise est d’y trouver la statue de la liberté…

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Nous rencontrons ensuite notre hôte, Eder, qui vit chez ses parents, Doroteia et Adelino. Sans oublier Petusha, leur petite chienne adorable. Après une bonne douche chaude, ils nous proposent de manger un bout avec eux. Et ici, on sait apprécier les bonnes choses… Du bon pain, de la crème à tartiner, du saindoux (oui oui, c’est bien ça, de la graisse de porc), de la charcuterie, du fromage, et du lait chaud. Tout ce qu’il faut pour faire le plein de calories ! Eder nous emmène ensuite faire un petit tour de la ville en voiture. Le lendemain matin, Florence se réveille avec la tête comme une pastèque. Elle a passé la nuit à tousser et à se moucher. Et ce matin elle a un peu de fièvre. C’est sans doute à cause du froid et de l’orage de la veille. Nous ne pouvons pas reprendre la route dans ces conditions. Adelino nous accompagne à la pharmacie, où nous achetons la panoplie complète pour grosse enrhumée. Eder et ses parents nous proposent directement de rester gratuitement une nuit de plus, le temps que Florence aille mieux. De retour à la maison, Florence avale ses cachets, puis va se reposer. Pendant ce temps là, Adelino emmène Florent pour visiter la statue de la liberté. C’est en fait une grande enseigne brésilienne qui a pour particularité d’ériger une statue de la liberté devant chacun de ses magasins en hommage au capitalisme et au consumérisme américain (LA TOP CLASSE). Et celle se trouvant à Barra Velha fait 57 mètres de haut. Il y a un ascenseur à l’intérieur, qui permet de monter jusqu’à son sommet et d’avoir une vue sur toute la ville. Et pour être sûr d’honorer les Ricains jusqu’au bout, McDonald’s et Subway se sont installés juste à côté…

Nous passons ensuite une après-midi tranquille, à jouer aux dominos avec Doroteia et Adelino. Le jour suivant, Florence se sent mieux. Nous préparons toutes nos affaires et nous apprêtons à partir. C’est alors qu’Adelino pointe du doigt le cadre du vélo et nous demande si c’est normal qu’il soit fissuré. COMMENT CA FISSURE ?!? Nous regardons alors, et découvrons, OH MALHEUR, que le cadre est en effet complètement fendu.

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Nous sommes alors pris d’un gros coup de panique! Tout d’abord, nous ne pouvons pas partir dans ces conditions, et ne savons pas du tout si c’est réparable. Adelino et Doroteia nous rassure directement en nous disant que nous pouvons rester chez eux le temps qu’il faudra, que nous ne devons pas nous inquiéter et que nous allons bien trouver une solution pour arranger tout ça. Adelino nous conduit alors chez un soudeur pour déjà avoir un premier avis. Malheureusement, il ne sait pas souder l’aluminium, mais il connaît un autre soudeur spécialisé dans l’aluminium qui pourrait nous arranger ça. Nous sommes samedi, et ce dernier est fermé, il faudra donc attendre lundi avant d’en savoir plus. De toute façon, la première chose à faire est d’informer AZUB. Nous leurs envoyons directement un email expliquant la situation.

Nous ne comprenons pas comment cela a pu arriver. Prenant régulièrement des photos de Flocon, nous commençons à les analyser pour voir depuis quand le cadre est-il fendu. Nous remarquons alors sur les photos qu’une première fissure est apparue quelques jours plus tôt, et que celle-ci s’est peu à peu agrandie chaque jour. Heureusement que Adelino l’a vu ! AZUB a été super réactif et nous ont rapidement rassuré. Ils peuvent nous envoyer un cadre neuf dans les 15 jours, génial ! Nous sommes soulagés. Ils nous disent qu’on peut aussi essayer de le réparer localement d’ici là. Nous n’avons plus qu’à attendre lundi, et espérer que le soudeur arrive à nous réparer tout ça. En attendant, Eder et ses parents nous ont carrément pris en charge. Nous mangeons avec eux, jouons aux dominos avec eux, faisons des ballades avec eux, etc. Ils sont vraiment géniaux avec nous ! Et nous nous sentons comme en famille.

L’autre curiosité de la ville (mise à part la statue de la liberté), c’est la statue du Christ, enfin, plutôt LES statues du Christ. Parce qu’ils se sont dit que un Christ n’était pas suffisant, du coup ils en ont construit un autre juste à côté, mais dans un style un peu plus cheap, on dirait le Christ version Disneyland. Et ce qui est bien, c’est que depuis les Christs, on a une vue imprenable sur la statue de la liberté.

Petite ballade en bord de plage avec Adelino.

Et ballade du dimanche en famille.

Puis le lundi matin, impossible de faire rentrer le cadre avant du vélo dans la voiture d’Adelino. Nous allons donc sans le cadre jusque chez Marcelo, le soudeur, à qui nous montrons des photos de la fissure. Il nous dit pouvoir ressouder tout ça sans problème. Il a l’air d’un bon gars, et on a envie de lui faire confiance. De retour à la maison, nous repartons pour 30 minutes de marche avec le cadre du vélo jusque chez Marcelo.

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http://www.azub.euIl nous dit de repasser fin de journée pour le récupérer. Nous revenons donc quelques heures plus tard, à la fois impatients et anxieux. Et voilà le résultat final…

Même si nous n’y connaissons pas grand chose, nous avons la sensation qu’il a fait du très bon boulot. Nous envoyons directement un email à AZUB avec les photos de la réparation. Nous leur demandons leur avis quant à la soudure effectuée, et s’ils pensent qu’il est toujours nécessaire de changer le cadre. Le mieux selon nous serait qu’on continue notre voyage comme cela pour l’instant, et qu’il nous envoie un cadre neuf si la réparation venait à casser à nouveau. AZUB nous confirme que le soudeur a fait du très bon boulot, très professionnel ! Et qu’il a très bien fait de rajouter une plaquette de renforcement entre les deux tubes. Nous convenons qu’il n’est pas nécessaire de recevoir un nouveau cadre pour l’instant. Et que nous pouvons continuer notre voyage comme cela sans problème. Tout est bien qui finit bien! Le lendemain, nous quittons finalement Eder, Doroteia, Adelino et Petusha.

Et même s’ils nous manquent déjà, nous sommes contents de reprendre la route et de voir que la réparation tient le coup. Mais après à peine 15 km, nous crevons le pneu avant pour la  première fois du voyage… Décidément, on a la poisse ! A l’endroit même où nous crevons, nous rencontrons une jeune femme devant sa maison. Cette dernière nous parle en anglais, et dit nous connaître et nous avoir vu sur internet. Ha bon ? Et bien oui, car c’est la Professeur d’anglais de Marcelo, le soudeur. Quelle coïncidence ! Elle s’appelle Cibelle. Elle et son compagnon, Elvis, nous invite alors à rentrer chez eux pour qu’on puisse réparer la crevaison plus à l’aise. Cibelle doit ensuite partir travailler. Nous restons donc avec Elvis, qui nous propose de se joindre à lui pour le repas de midi. Pendant qu’il prépare une feijoada (spécialité brésilienne), nous réparons notre crevaison, qui est due à une ridicule petite épine de merde. Nous partageons ensuite un bon repas ensemble et découvrons qu’Elvis est musicien. Enfin, il est même beaucoup plus que ça… il est un groupe de musique à lui tout seul ! Oui oui. Et avec Cibelle, ils forment le « Homem banda e sua mina », ce qui veut dire : L’homme orchestre et sa copine. Ils proposent un style vraiment intéressant, mélangeant folk, classic rock, reggae et surf music. Pour les intéressés, voici leur site internet. Ils ont également comme projet de partir pour un an et demi à bord d’un combi aménagé style volkswagen. L’idée est de parcourir tout l’état de Santa Catarina à la rencontre de compositeurs locaux, qu’ils soient connus ou méconnus, afin de mettre en valeur les musiciens de la région. Ils ont prévu des concerts dans chacune des villes où ils s’arrêteront. Nous passons finalement toute l’après-midi à discuter et à échanger sur nos différents projets. Nous rencontrons également leur propriétaire qui vit juste au-dessus. Ce dernier nous propose alors de dormir gratuitement dans un autre de ses appartement situé juste à côté. Voyant l’après-midi déjà bien entamée, nous acceptons. Leur propriétaire est aussi le patron du restaurant d’à côté (fermé ce jour-là) spécialisé dans les poissons et fruits de mer. Il nous ramène alors une daurade qu’il est allé chercher dans les réserves de son resto. Elvis met tout ça à mariner. Entretemps Cibelle est rentrée, et nous prépare une mousse de fruit de la passion maison (ne vous inquiétez pas, la recette a bien été notée et vous pouvez la trouver en cliquant ici).

En attendant que la dorade marine, le proprio du resto a embarqué Florent et Elvis dans son restaurant pour une dégustation de cachaça, directement au fût.

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Une fois les gosiers bien hydratés, nous passons une soirée mémorable avec Cibelle et Elvis.

Nos hôtes au Brésil 30-54

Le lendemain, nous continuons notre route. Et la poisse ne nous lâche pas car nous crevons à nouveau le pneu avant. Mais pas de soucis, on commence à prendre le coup de main, et du coup on répare ça en deux deux. Nous pédalons ensuite jusqu’à Balneario Camboriu, où nous sommes accueillis chez Marcus et Priscilla. Ils sont rentrés il y a peu d’un voyage de 4 mois en voiture à travers l’Amérique du Sud (pour les intéressés voici leur blog ). Priscilla et Marcus ont une entreprise de consultance qui se nomme Cronic et qui apporte des solutions et conseils numériques aux entreprises. Pouvant effectuer leur travail à distance, ils ont donc continué à travailler tout en voyageant. Ce qui nécessite bien sûre une toute autre organisation… Ils restaient une semaine à chaque endroit, durant laquelle ils passaient 5 jours à travailler, 1 jour pour profiter et visiter, et enfin 1 jour durant lequel ils roulaient jusqu’au point suivant. Ce système bien rôdé leur a permis de découvrir une bonne partie de l’Amérique du Sud, tout en maintenant leur activité professionnelle. Chapeau ! Voici leur itinéraire.

Itinéraire houseless

Il était initialement prévu de ne passer qu’une seule nuit à Balneario Camboriu, mais Priscilla et Marcus sont tellement accueillants et chaleureux que 5 jours plus tard, nous y sommes encore ! On en a profité pour faire nos lessives, travailler un peu sur le blog, puis aussi pour visiter la ville à vélo (malgré le mauvais temps).

Nous sommes également allés passer le weekend dans la maison de campagne de Jimenez, l’ami et associé de Marcus. Avec leur groupe d’amis, ils ont pour habitude de s’y retrouver régulièrement pour faire la fête, et jouer de la musique ensemble.

Mais il est temps pour nous de repartir, ce qui va certainement laisser un vide dans le salon de Priscilla et Marcus, où Flocon avait trouvé sa place.

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Nous pédalons sous un ciel bleu, et sans problème technique. Pourvu que ça dure.

On en profite pour faire un petit détour par la plage, et immortalisons ce pêcheur en pleine action…

Nous arrivons jusqu’à Tijucas, et demandons à la première personne que nous croisons si elle connaît un endroit où nous pourrions dormir. Et BINGO ! Elle nous propose de dormir chez elle. Elle s’appelle Lele, et le seul hic, c’est qu’elle vit chez ses parents, et qu’il va d’abord falloir que sa mère accepte. Nous rencontrons donc son père, Antonio, et surtout sa mère, Helena, qui a l’air d’être un sacré phénomène. Dans un premier temps elle est attentionnée et nous propose du gâteau, puis quelques instants plus tard, elle nous regarde avec méfiance et nous demande si nous avons des armes cachées dans nos sacoches. La seconde d’après, elle s’énerve et hausse le ton, et nous dit d’un air ferme que nous ne trouverons pas meilleur endroit que chez eux pour dormir. C’est complètement surréaliste. Cela fait beaucoup rire Antonio et Lele qui nous disent de ne pas trop prêter attention à ses propos. Nous comprenons alors qu’Helena est un fameux personnage ! Elle accepte finalement que l’on dorme là, mais nous redemande quand même (pour être sûre) si nous n’avons pas d’armes dans nos sacoches. Nous la rassurons en lui promettant que nous ne transportons pas d’armes. Nous faisons également la rencontre de leur chat Profano, qui a des yeux incroyables !

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Le soir venu, Lele nous fait des hamburgers maisons DAYUM !!! Et Helena commence tout doucement à nous apprécier. S’ensuit un tournoi de billard entre Antonio, Lele et Florent. Lele remporte chaque partie haut la main ! Avant de nous coucher, nous rangeons Flocon dans le salon, ce qui ne change pas vraiment ses habitudes.

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Le lendemain matin, Lele nous prépare un petit déj’ du tonnerre. Elle est tout simplement géniale ! Helena est en forme ce matin, et elle affirme que nous ne parlons pas français. Lele ne cesse de lui répéter que si, nous parlons bel et bien français. Mais Helena n’en démord pas. Elle nous demande alors de dire quelques mots en français pour le lui prouver. Nous nous exécutons et elle nous écoute attentivement. Mais rien n’y fait, elle maintient que ce n’est pas du français, qu’elle a l’habitude de regarder la télévision française, et que la langue que nous parlons ne ressemble pas à ça ! Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ça nous fait beaucoup rire. Nous nous apprêtons à partir, et faisons quelques photos tous ensemble.

Nos hôtes au Brésil 38-54

Mais maintenant Helena ne veut plus qu’on parte. Et Lele la soutient en suggérant qu’on reste une nuit de plus, pour qu’elle nous fasse visiter les plages du coin (qui sont connues comme les plus belles plages de la région). Dans un premier temps, nous sommes sérieux et refusons l’offre. Mais quelques instants plus tard, nous sentons quelques gouttes de pluie, et voyons le ciel s’assombrir. C’est bon, il ne nous faut pas plus d’arguments, nous restons une nuit de plus ! Malgré la pluie, Lele nous embarque direction les plages de Bombas et Bombinhas (ça ne s’invente pas). Arrivés là-bas, malgré le ciel gris, ces plages restent magnifiques ! Ca valait le déplacement.

Nous quittons finalement Tijucas, et laissons Lele, Antonio, et surtout Helena, dont nous nous souviendrons longtemps ! Nous poursuivons notre route sous un ciel gris, au milieu des pâturages. C’est un peu comme la Belgique en fait, avec les montagnes et le climat tropical en plus (donc c’est pas tout à fait la Belgique quand même).

Ce jour-là, nous pédalons jusqu’à Florianópolis, où nous nous apprêtons à vivre très dangereusement. Mais ça, nous ne le savons pas encore…

Une réflexion sur “ Un tout petit problème technique ”

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